Quelques phénomènes physiques  /   Les voix directes

51zHLB3YprL._SX331_BO1,204,203,200_Évoquons brièvement le phénomène des voix directes, une forme particulière de communication médiumnique qui fait aussi appel à un certain type de médiumnité physique.

Dans la première moitié du vingtième siècle, le docteur Neville Whymant, professeur à l’Université d’Oxford et polyglotte, assista à une séance du médium Valiantine, lequel était spécialisé dans le phénomène des voix directes. On entendit ainsi une voix qui prononça, avec un accent italien, le nom de Cristo d’Angelo. Cette voix s’exprima dans un parfait idiome italien. On entendit aussi le son d’une flûte chinoise, ainsi qu’une voix qui s’identifia à Confucius. Interrogé, ce dernier donna son nom personnel, K’iu, nom connu des seuls Orientalistes. « Confucius » donna également son nom populaire (alors qu’il avait 14 ans), ce nom étant connu de bien peu d’orientalistes.

Neville Whymant récita la poésie des Shih K’ing. La voix récita la poésie telle qu’elle est connue, avant de la réciter dans la version correcte, laquelle lui conférait une autre signification…

Selon les indications fournies par un « Invisible », et données par James Findlay – un chercheur de la même époque que Neville Whymant -, la production d’une voix directe nécessite la formation d’un ectoplasme avec lequel les désincarnés façonnent un larynx ayant la forme d’un long tube, un ectoplasme abondant étant nécessaire.

Un clairvoyant relata ce qu’il put observer au cours d’une séance de voix directes avec des trompettes, le médium étant M. Deacon. Il vit l’ectoplasme sortir, telle une vapeur, de la poitrine et du plexus solaire du médium. La masse condensée se divisa en deux parties qui atteignirent les trompettes, les soulevèrent et les remirent aux personnes à qui les entités désiraient s’adresser.

« A mes yeux de clairvoyant, l’ectoplasme prit alors une coloration d’héliotrope pâle, frangée de blanc et formant comme une sorte de tresse. (…) »

L’ectoplasme fourni par le médium était alors comme « entortillé » dans une formation ectoplasmique ayant son origine chez les entités participant à la séance. L’ectoplasme pénétra rapidement jusqu’au fond des trompettes. Le clairvoyant en vit sortir une « mèche » par l’embouchure. Les voix étaient d’autant plus claires que l’ectoplasme tournait plus rapidement dans le pavillon.

Un autre médium à voix directes fut Leslie Flint (1911-1994), auquel Nevill Randall a consacré un ouvrage.

515HFERQNYL._SX333_BO1,204,203,200_ e0c5ed27-1508-465d-aa21-0c4cdf0462c9 104084

A l’âge de 7 ans il voyait l’Esprit des décédés, et à l’âge de 17 ans il assista à une séance de spiritisme. Edith Mundin le persuada d’exercer ses talents de médium dans le Cercle privé qu’elle avait créé. Sa médiumnité de perception intérieure des voix se développa et, en 1935, il donna sa première démonstration publique. Il « incarnait » des personnes décédées ayant fait partie de l’entourage des personnes présentes dans l’assistance.

En 1972, des membres de la Société de Recherches Psychiques anglaise le ficelèrent sur une chaise, la bouche bâillonnée, afin de s’assurer que les voix semblant émaner de lui n’étaient pas le produit d’un subterfuge. On put vérifier, avec des appareils appropriés, que les sons n’étaient pas dus aux organes vocaux de Leslie Flint. Il fut filmé à l’infrarouge et on put photographier à cette occasion une forme ectoplasmique posée sur son épaule.

Le guide spirituel de Leslie Flint, Mickey, avait été, disait-il, un vendeur de journaux tué à l’âge de 11 ans.

Leslie Flint a accueilli des milliers de visiteurs dans sa maison londonienne, lesquels sont repartis avec la conviction d’avoir conversé avec l’Esprit d’un parent ou d’un ami décédé. Des amis de Leslie Flint diffusent la Woods/Greene Collection, laquelle regroupe ses meilleures communications de voix directes. Il est à noter que Leslie Flint n’entrait pas en transe et qu’il pouvait converser lui-même avec les voix entendues. La personnalité des décédés était reconnaissable à la tonalité et à l’intonation de la voix, aux traits particuliers de conversation et à l’expression de détails intimes souvent presque oubliés.

En 1953, George Woods enregistra la voix de l’actrice anglaise Ellen Terry, décédée en 1928. Des célébrités se seraient exprimées : le Mahatma Gandhi, Chopin, Oscar Wilde, Charles Richet, Louis Pasteur. Afin de s’assurer qu’il n’y avait pas de ventriloquie, on mit de l’eau colorée dans la bouche de Leslie Flint, ainsi que des appareils d’enregistrement autour de la gorge. Les voix se manifestaient bien dans l’atmosphère, à proximité du médium.

Un désincarné raconta ainsi, grâce aux « cordes vocales ectoplasmiques », les difficultés rencontrées pour contacter – par l’intermédiaire d’une médium médiocre – sa femme restée sur Terre. Il s’agissait d’Alfred Higgins, un peintre et décorateur de Brighton, mort en tombant d’une échelle. Il mentionna une échelle, ainsi qu’un anneau présenté comme n’étant « pas le véritable anneau ». Sa femme avait en fait perdu son alliance, était allée en acheter une autre et avait tout fait pour que son mari ne le sache pas. Celui-ci avait appris ces faits après sa mort. (1)

Dans son livre Survivre à la mort (Dervy, 2018), Leslie Kean précise que dans certaines séances spirites, des entités matérialisent, semble-t-il, une sorte de larynx et de poitrine, dans le but de s’exprimer directement avec les assistants. Outre le cas de Leslie Flint, il y a notamment celui de Sloane (étudié par Arthur Findlay). Notons que « Whitey » était le guide indien de Sloane… Lors des expériences américaines du docteur Gerloff, le médium avait ses lèvres scellées par du tissu adhésif, ce qui n’empêcha pas le phénomène des voix directes de se produire. Parmi les autres médiums présumés à voix directes, citons Jack Webber, Valiantine, Madame Wriedt, Madame Brittain, Cartheuser (étudié par Nandor Fodor).

Des visiteurs ont reconnu des parents ou des amis à l’audition des voix. Des voix directes en diverses langues ont été obtenues, par exemple, avec Madame Wriedt et Madame Brittain…

Leslie Kean évoque aussi le phénomène des voix directes indépendantes : des communicateurs désincarnés parlent – soit dans le vide, soit par l’intermédiaire d’un simple cône appelé « trompette », qui aide à amplifier la voix – à distance du médium.

« Certains médiums, comme le célèbre Leslie Flint, se sont vus bâillonnés à l’aide de bandes adhésives ou raccordés à des laryngophones (des micros placés dans la gorge), quand on ne leur remplissait pas la bouche d’eau ou qu’on les rendait aphones par quelque autre moyen, tandis que les voix retentissaient dans la pièce. » (L. Kean)

William Bennett, professeur de génie électrique à l’Université de Columbia (New York), a organisé, dans son propre appartement, une séance impromptue avec Leslie Flint, au cours de laquelle des voix ont conversé avec des présents.

Le révérend C. Drayton Thomas, de la Society for Psychical Research, a testé Leslie Flint en le bâillonnant et en l’attachant à son siège. En dépit de cela, les voix se sont encore fait entendre.

On a aussi appliqué sur les lèvres de Flint un moulage de plastique, qui fut ensuite enroulé dans des bandages, le médium étant lié à sa chaise. Cela n’a pas empêché les voix de s’exprimer avec leur clarté habituelle, certaines ayant même crié. (Voir « Psychic News », 14 février 1948, p. 1-2.)

Le journaliste Alexander Walker, du « London Evening Standard », a écrit :

« Pour un test, Flint devait conserver une quantité mesurée d’eau colorée dans la bouche. Lors d’un autre, un laryngophone n’enregistra aucune vibration de son larynx, alors que les voix continuaient de plus belle. » (www.leslieflint.com, 10 mai 1994.) (2)

Les raps :

Les raps sont des coups mystérieusement frappés, sans qu’on puisse en découvrir l’origine, et souvent aussi sans qu’on puisse déterminer l’endroit exact où ils se produisent.

« Certains prétendent que cela provient du travail du bois, mais les spécialistes répondent que les bruits perçus sont différents ; ils sont en particulier plus secs. » (R. Pérot)

Les raps répondent aux questions posées. Lors d’une séance avec un médium, avec le professeur Crawford, de légers bruits se firent entendre près du médium et augmentèrent en intensité. Des coups de toutes sortes se produisirent, et une petite sonnette à main se mit à tinter d’une manière inattendue. Après que Crawford eut crié « allez », un coup de tonnerre résonna sur le plancher, et on perçut successivement une demi-douzaine de coups de marteau de forge, une série de raps doubles et triples, des frottements comme celui du papier de verre sur un parquet. Le phonographe enregistra tous ces bruits, audibles deux étages plus bas et même à l’extérieur de la maison. Les phonogrammes furent présentés au cours d’une conférence faite devant 500 personnes.

Crawford, qui était professeur de mécanique, installa le médium sur une balance et constata une augmentation du poids de celui-ci à peu près proportionnée à la force du coup. Au cours d’autres expériences, on observa des diminutions de poids discontinues, puis on constata une récupération progressive qui atteignit un maximum de 9 kilos. Au cours d’une autre expérience sous éclairage normal, l’observateur, assis face au médium, perçut des coups sourds qui se produisaient au moment même où ce dernier se trouvait assez violemment repoussé sur sa chaise. (W. J. Crawford est l’auteur de « La mécanique psychique », Payot, 1923.) (3)

La peinture précipitée :

51a0DXZEcSL._SX332_BO1,204,203,200_Dans un numéro de la revue « Parasciences », Jean Sider a évoqué un phénomène étroitement lié au spiritisme de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle, l’ouvrage lui ayant servi de référence étant celui de Ron Nagy : « Precipitated Spirit Paintings » (2006).

Il s’agit de tableaux de peinture dont l’origine est de nature spirite. Les médiums furent les sœurs Elizabeth et May Bangs, et les frères Allen et Charles Campbell. La première peinture précipitée fut obtenue en 1894 par les sœurs Bangs.

On utilisait un papier fort ou une toile fixé (e) dans un cadre de bois, le tout étant neuf et propre, ainsi qu’un récipient contenant des peintures de toutes les couleurs du spectre. Des observateurs s’assuraient que le phénomène se produisait sans manœuvre frauduleuse. Parmi ces témoins il y avait une personne (ou plusieurs personnes) désireuse d’obtenir le portrait du défunt de son choix. Parfois, les demandeurs étaient pris au hasard parmi les assistants, par tirage au sort des numéros de billets d’entrée.

L’Esprit qui se manifestait était généralement inconnu du médium. Dans le cas des frères Campbell, il y avait un « aide » qui disait s’appeler Azur.

Le canevas encadré était placé verticalement sur un chevalet ou debout sur une table, maintenu légèrement dans cette position par le ou les médiums. Parfois, l’objet était posé à plat sur une table, la partie devant être peinte tournée vers le haut. Dans ce dernier cas les personnes plaçaient la paume des mains sur la table, autour du support devant recevoir le portrait. Le récipient contenant les couleurs était placé en face du canevas ou sur le plancher. Les lumières étaient réduites.

Le médium entrait ensuite en transe. Le demandeur et les autres spectateurs devaient concentrer leur esprit sur l’image mémorielle de la personne décédée dont le portrait avait été souhaité.

Lorsque l’opération réussissait, le portrait apparaissait lentement sur le canevas encadré. Il était entièrement réalisé au bout de 15 minutes à 1 heure. Il y avait parfois de petits défauts dans les vêtements ou la tête de la personne peinte, défauts qui disparaissaient ensuite. Ainsi, une sorte de tache, ressemblant au grain de beauté sur la joue droite du Président Lincoln, apparut sur le visage en cours de formation, défaut qui disparut juste après l’achèvement du tableau.

On notera que la qualité de ces œuvres picturales est très supérieure aux premières photos en couleur de portraits, lesquelles n’apparurent que bien plus tard. Les premières plaques photographiques aux trois couleurs fondamentales, inventées par les frères Lumière en 1906, furent mises en vente à partir de 1907. Or, les tableaux ont été réalisés, dans leur quasi-totalité, avant que ces plaques ne parviennent aux photographes professionnels américains.

Selon Ron Nagy, les yeux des visages peints ont l’air d’être tout à fait vivants. Il semble que l’on puisse percevoir le reflet d’images dans les pupilles, ce qui rappelle le personnage reflété dans les yeux de la Vierge de Guadalupe, dont la silhouette fut projetée (ou « précipitée ») sur la cape de l’Indien Juan Diego, le 12 décembre 1531 au Mexique. L’iridologue A. M. Warringer a examiné l’agrandissement des yeux du portrait de Madame A. B. Caldwell, et elle a remarqué que les iris étaient reproduits exactement comme les vrais iris (avec la couleur faite d’une multitude de petits points), ce qu’un artiste peintre ne peut réaliser.

Dans leur majorité, ces toiles exceptionnelles sont visibles dans deux musées appartenant à des communautés spirites américaines : Lily Dale (Etat de New York) et Camp Chesterfield (Indiana). Le premier livre entièrement consacré aux portraits de peinture précipitée, celui de Irene Swann publié en 1969, était une sorte de catalogue de la collection réunie par les spirites de Camp Chesterfield.

On notera que les frères Campbell ont réalisé le portrait, en peinture précipitée, de Napoléon 1er.

Ron Nagy n’a trouvé aucune possibilité de fraudes, les canevas étant toujours visibles des personnes présentes. La photographie couleur n’existait pas encore, et les portraits n’avaient aucune trace de pinceau. (4)

Les guérisseurs philippins :

On connaît le cas des guérisseurs philippins qui avaient fait beaucoup parler d’eux dans les années 1970, la presse et les médias en général ayant présenté ceux-ci comme de simples charlatans utilisant des trucs plus ou moins grossiers pour faire croire qu’ils matérialisaient, hors du corps de leurs patients, le mal de leurs patients. L’illusionniste Ranky, qui a observé à l’époque de nombreux guérisseurs, en est arrivé à la conclusion qu’il s’agissait de charlatans exploitant la détresse des malades. (Voir Le paranormal de mes yeux vu, éditions Trajectoire, 2006.)

Michel Coquet a eu une expérience différente avec certains de ces guérisseurs :

« J’ai également eu l’occasion de travailler avec les docteurs philippins de Manille, dont le révérend Marcos Orbito, le révérend Felisa B. Intal, et Juan F. Blance. Je connaissais très bien l’évêque Atinidoro E. Sison, l’évêque principal des guérisseurs spirites, et mis à part quelques rares escrocs et des imitateurs, ce que j’ai vu était tout à fait authentique. Quelles étaient les entités qui ‘‘adombraient’’ les guérisseurs, cela je ne saurais le dire. Mais ce qui est sûr c’est que les guérisons étaient incroyables. J’ai vu des opérations laissant des cicatrices, des ulcères cancéreux ouverts au couteau puis cautérisés au feu, sans douleur du patient. » (5)

medium-guerisseur.info :    Le vingtième siècle a connu un grand nombre de ‘‘guérisseurs’’ aux Philippines, dont plusieurs ont marqué l’histoire dans ce pays, entre autres :

          • Juan Blance
          • Romy Bugarim
          • Virgilio Gutierrez
          • Sison Joséphine
          • Éleuterio Terté
          • David Oligane
          • Juanito Florès
          • Tony Agpaoa
          • Placido Palitayan
          • Arigo, Jose de Freitas
          • Eleuterio Terte
          • Edivaldo Silva
          • Jun Labo
          • Roger Orbito
          • Marcos Orbito
          • Alex Orbito
          • William Nogog

Aujourd’hui, la plupart de ces personnes sont décédées ou ne pratiquent plus. »

Voici une notice biographique (rédigée avant le décès du guérisseur) à propos de l’un de ces guérisseurs philippins, Alex Orbito (décédé le 6 juillet 2020), extraite du site Web : www.medium-guerisseur.info

ALEX ORBITO :

AlexOrbito

« Alex Orbito est né le 25 novembre 1939 dans une région rurale, près de Cuyapo dans le nord des Philippines ; il est le plus jeune d’une famille de quatorze enfants. Ses parents et ses frères étaient déjà des guérisseurs dans leur village. Ils sont les fondateurs du Mouvement Spirite aux Philippines, l’Union Espiritistas.
Vers l’âge de 14 ans, Alex a eu un intérêt pour la guérison à la suite de plusieurs rêves. Il entendait une voix qui lui disait : ‘‘Prépare-toi et soit prêt à rencontrer Dieu.’’ Il rêvait aussi d’un ermite dont les cheveux longs étaient aussi blancs que la neige. Ses yeux brillaient comme le Soleil. Ce sage le préparait lentement à travers le rêve.
Un jour, un voisin lui a demandé son aide pour sa mère paralysée depuis plusieurs années. Alex avait rêvé de la scène quelque temps avant, se voyant soigner une dame paralysée, de demander à la dame ainsi qu’aux personnes présentes de prier avec lui, puis lui demander de se lever et de marcher. Alex et sa mère se rendirent chez leur voisine. Dès qu’elle le vit, la dame a crié : ‘‘Oui, oui, c’est bien vous que j’ai vu dans mon rêve !’’, et elle commença à pleurer. Alex prit une bouteille d’huile de coco qui se trouvait sur la table ; puis, comme dans son rêve, il s’agenouilla et commença à prier avant d’apporter un soin à la dame en question. Après le traitement, la dame a pu se lever sans difficulté et faire quelques pas.
Toutefois, il n’accepta pas cette fonction tout de suite et, pendant plusieurs années, sous le nom de Josof Vilario, il erra à travers les Philippines tout en occupant différentes tâches : cireur de chaussures, camionneur, photographe et vendeur. »

Une fois, alors qu’il était tombé malade, des spirites sont venus le voir, et, grâce à la prière et aux passes magnétiques, il est allé mieux. Plusieurs signes lui avaient été envoyés, dont la maladie, afin qu’il retourne chez lui pour se consacrer à la guérison. Il avait 21 ans. Chez lui, sa mère malade depuis quelque temps fut, depuis son départ, sa première patiente. Dans ses interventions, Orbito était souvent assisté par ses deux frères Marcos et Roger, qui étaient aussi guérisseurs.

« Les gens ont commencé à affluer de partout pour recevoir un soin psychique d’Alex. L’actrice et auteure Shirley Maclaine témoigna pendant plusieurs années de ses guérisons et a décrit son expérience personnelle dans un livre best-seller ‘‘Going Within’’, qui le rendit plus connu encore dans le monde entier.
Il a beaucoup voyagé en Afrique, en Europe et en Amérique, soit dans plus de 60 pays, pour faire des soins et aussi afin de rencontrer des médecins et chercheurs qui désiraient étudier ce genre d’intervention qui, pour eux, étaient quelque chose hors du commun.
À plusieurs reprises, Alex Orbito s’est volontiers soumis à de nombreuses expériences en laboratoire de recherche et a souvent été l’objet d’investigations scientifiques rigoureuses afin d’explorer la source et l’étendue de ses pouvoirs de guérison (). Les recherches effectuées en Suède, en Allemagne, en Autriche, en France, au Canada, au Japon et aux Philippines, ont prouvé son extraordinaire don de guérison, comme l’ont confirmé certains parmi les meilleurs experts mondiaux : le chimiste et physicien allemand Dr Alfred Stelter, le biochimiste américain Dr. Donald G. Westerbeke, le neurologue néerlandais Dr Jan van Hemert, fondateur de la première Université européenne de Médecine Holistique, le célèbre canadien Dr Lee Pulos et le chercheur japonais Dr Kenzo Yamamoto. Plus de 20 ouvrages ont été écrits exclusivement ou partiellement sur lui et sa mission de guérison, (…).
En dehors de son travail en tant que guérisseur, Alex Orbito a fondé en 1983 le Cercle des Guérisseurs Philippins dont il fut élu Président à vie, ainsi que la Fondation d’Aide Spirituelle qui fournit des bourses et qui finance des centres communautaires et des écoles dans les régions de Cuyapo et Pangasinan. En 1999, il a inauguré la Pyramide d’Asie, où des séminaires internationaux et des rencontres sur la guérison sont organisés (…). En 1985, il lui a été décerné le titre de Docteur Honoris Causa par le Congrès mondial de la Fraternité de l’ONU, pour ‘‘l’éminent ambassadeur dédiant son action avec dévouement pour la paix universelle et la bonne entente’’, et il a obtenu en 2000 le prestigieux prix philippin José Rizal pour son action humanitaire aux Philippines et à l’étranger.
Des années de pratique ont donné à Orbito une vue assez claire de la conduite humaine dans ce domaine. Il classe les gens qui viennent le voir dans sa chapelle en cinq catégories :

  1. Ceux qui espèrent un miracle.
  2. Ceux qui espèrent guérir.Les curieux.
  3. Ceux qui sont guidés par un bénéfice matériel.
  4. Les personnes qui ont un motif spirituel.


Orbito considère que la guérison spirituelle, comme son nom l’indique, est une science établie non pas par l’expérience de l’Homme et ses découvertes terrestres, mais plutôt par Dieu et l’Esprit saint.
Au milieu de toutes les agitations, Alex Orbito aime déclarer simplement : ‘‘Ma mission n’est pas de convaincre, mais de guérir.’’ ».


Alex Orbito, qui s’est adressé à l’Assemblée Générale des Nations Unies le 21 septembre 1987, avait ouvert, aux Philippines, une école sous le nom de AMA Healing. Il donnait des formations en soins psychiques.

Voici ce qu’on lit en outre sur le site Web cho-ku-rei.fr :

« Je vous recommande le dossier sur le révérant Alex Orbito (aussi appelé Frère Aloja), paru dans le Nexus n°93 de juillet-août 2014.

Ce guérisseur hors norme se prête volontiers à toute expérimentation scientifique, mais la science reste dubitative, ne pouvant expliquer, en l’état des connaissances actuelles, le fonctionnement d’une telle médecine spirituelle. (…)

Une tentative d’explication de ces phénomènes est proposée par le Docteur Janine Fontaine qui cite notamment les tests réalisés par le Professeur Hiroshi Motoyama sur Tony Agpaoa (1939-1982) qui fut l’un des plus grand guérisseurs philippins du siècle précédent. Elle suggère que les guérisseurs projettent de l’énergie du bout de leurs doigts aux points où il y a perte d’énergie, et qu’ils sont capables d’extraire l’énergie là où elle se trouve en excès. Il y a transfert d’énergie et transfert d’information.

Les travaux de Georges Dussert semblent confirmer cette thèse. Alex Orbito déclare agir sur la conscience, le mental et le corps, avec l’énergie de l’amour. Il pense que ‘‘le mental crée la maladie’’, affirmation que l’on retrouve dans beaucoup de médecines énergétiques.

Alex Orbito a également collaboré à une étude menée à l’Institut International de Biophysique de Neuss en Allemagne. (…)

Le Pr Roeland van Wijk présente l’étude axée sur la biophotonique (cette science s’intéresse au champ de la lumière dans les organismes vivants). Il explique que le déperdition de lumière augmente dans un organisme en état de stress ou de maladie. L’intensité du rayonnement et sa fluctuation changent quand Alex Orbito effectue un traitement. Cela amène à penser que l’état énergétique de la personne traitée s’améliore.

Le professeur Jan van Hemert de Dutch University College évoque la grande étude du Dr Seutemann qui a porté sur 1200 cas. Il explique qu’un an après, le taux de guérison était de 90%. »

L’incorruptibilité :

L’incorruptibilité désigne l’absence de désagrégation du corps après la mort, de nombreux saints s’étant maintenus dans un parfait état de conservation pendant un temps plus ou moins long.

1. Quelques cas :

Il existe un certain nombre de cas d’incorruptibilité recensés. Au sein de l’Église catholique, Herbert Thurston a dénombré, pour la période 1400-1900, 42 saints.

On peut citer les cas du curé d’Ars, de Catherine Labouré, de saint Bernard de Sienne (+ 1444), de Pierre de Regalatus (moine franciscain mort en 1456), de saint Pierre d’Alcantara (+ 1562), de saint André Avellin (+ 1608), de saint Camille de Lellis (+ 1614), de l’évêque d’Albarrazin (mort en 1624), de saint Vincent de Paul (+ 1660), du père français de Géronimo (jésuite napolitain mort en 1716)…

* Le père Charbel Maklouf (1828-1898) :

Ce saint moine maronite fut enterré au monastère de Saint-Maron à Annaya.

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Les autopsies, enquêtes, constats d’exhumation ne laissent aucun doute sur la véracité du phénomène.

« Le corps avait été déposé sur une simple planche, sans cercueil. Comme cette tombe était au-dessous du niveau du sol, elle était inondée à chaque pluie. Après un an, la tombe fut ouverte en présence de témoins. Tout s’était transformé en boue, sauf le corps parfaitement intact qui semblait avoir été déposé la veille. On changea le linge et les vêtements, et cette fois le saint homme fut enterré plus dignement dans un cercueil vitré qui permettait de le voir. C’est à partir de cette période que le corps se mit à suinter un liquide rouge par les pores de la peau. En 1950, soit 23 ans plus tard, on rouvrit le sépulcre et trois témoins médecins observèrent que le liquide suintait toujours, puis on transféra le corps en état d’incorruptibilité dans un tombeau de pierres. Depuis, il ne semble pas avoir changé d’état ! » (M. Coquet)

 Autres cas :

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A sa mort, Thérèse d’Avila (1515-1582) fut enterrée dans un cercueil de bois placé dans une fosse profonde creusée sous la grille du chœur.

« Puis on jeta sur le tout une grande quantité de chaux et de pierres avant de sceller la tombe. Du fait que des odeurs de fleurs se dégageaient du lieu, on procéda à une première exhumation en juillet 1583. Comme pour le père Charbel, tout était pourri autour du corps, alors que celui-ci était parfaitement conservé. Il y eut plusieurs exhumations jusqu’à ce qu’on lui accorde une sépulture définitive, 178 ans après sa mort. » (M. Coquet)

Après être resté 6 ans dans une tombe pleine d’eau, le corps d’Yvonne-Aimée fut découvert en parfait état de conservation.

Yvonne-Aimee

2. L’explication : le « prana »

« La raison en incombe au corps éthérique. Selon la science du yoga hindou, le ‘‘prana’’ est un principe universel et unique, mais lorsqu’il se manifeste dans notre corps vital il se différencie en cinq qualités différentes, en vue d’assumer cinq fonctions essentielles. Ces cinq ‘‘prana’’ mineurs sont : ‘‘prana-vayu’’, ‘‘apana-vayu’’, ‘‘samana-vayu’’, ‘‘udana-vayu’’ et ‘‘vyana-vayu’’. Ce dernier ‘‘prana’’ est particulier en ce sens qu’il n’occupe pas une partie du corps mais agit uniformément dans tout le corps éthérique à travers les 72 000 ‘‘nadis’’, étant directement alimenté par le chakra mineur de la rate. La présence de l’âme à travers le système sanguin et le cœur engendre naturellement une puissance plus grande de ce ‘‘vyana-vayu’’. Lorsqu’un yogi est en état de ‘‘samadhi’’ et que son corps est mis en état de mort apparente, ‘‘prana’’ est centralisé dans le cœur, et c’est ‘‘vyana-vayu’’ qui soutient les systèmes nerveux. Plus la présence de l’âme est grande et plus ‘‘vyana-vayu’’ a tendance à s’accumuler dans l’organisme. Cela se remarque plus particulièrement chez les religieux de tendance mystique qui n’utilisent que très peu le corps dense, ainsi que chez les pratiquants de yoga respiratoire (‘‘pranayama’’). Après la mort c’est le surplus de ‘‘vyana-vayu’’ qui produit ce phénomène d’incorruptibilité plus ou moins long chez les yogis et les saints, (…). » (M. Coquet)

Si ce phénomène ne fait pas forcément de l’individu un saint, il démontre au moins une certaine maîtrise de la science du souffle.

Les médecins qui se sont penchés sur ces cas insolites se sont demandé quelles pouvaient bien être les propriétés du sang pour que soient engendrés de tels phénomènes. Qu’il s’agisse d’effluves et de senteurs parfumées, de luminescence, de l’absence de rigidité, de l’incorruptibilité, ou de l’écoulement de sang ou de suintement d’un liquide huileux, tout cela, écrit Michel Coquet, tout cela n’a qu’un rapport indirect avec le sang.

« Dans les cas d’incorruptibilité nous avons toujours une importante concentration de ‘‘vyana-vayu’’ dans le cœur. Cela est prouvé par de nombreux exemples de disciples et de saints qui, une fois morts, avaient un cœur encore brûlant. » (M. Coquet)

Nous avons le cas typique de sœur Maria Villani, de Naples, dont la vie extraordinaire a été publiée par le père Francis Marchese.

« Les pages les plus remarquables de ce livre concernent la description de l’ouverture du corps, neuf heures après sa mort. Le cadavre de cette femme de quatre-vingt-six ans, qui, lorsqu’elle expira, était desséché, émacié et d’une couleur sombre, reprit le teint frais et la souplesse d’une personne vivante. Quand le chirurgien ouvrit la poitrine, une quantité de sang clair et fluide coula de l’incision et du cœur… Mais ce qui étonna le plus les personnes assistant à l’autopsie, ce fut ‘‘la fumée (‘‘fummo’’) et la chaleur qui s’exhalèrent du cœur, véritable brasier d’amour divin’’. Le chirurgien estima la chaleur trop forte pour pouvoir continuer. Il fut obligé de se retirer un moment, puis, revenant ensuite, ‘‘il mit la main (dans le cadavre) pour retirer le cœur, mais le trouva si chaud que, se brûlant (‘‘scottandosi’’), il fut contraint de retirer plusieurs fois la main avant de mener à bien son entreprise’’. » (H. Thurston)

En dehors des 5 « prana » majeurs, il existe 5 « prana » mineurs. Quatre d’entre eux sont responsables « de l’éternuement, du bâillement, de la vue et du hoquet ». Le cinquième, « dhananjaya », est responsable, après la mort, « du gonflement du corps, et de la pousse des ongles et des cheveux ».

Après sa mort un adepte peut, s’il le souhaite, garder son corps astral « devenu le véhicule de l’âme ».

« Si certains adeptes libérés disparaissent dans l’air sans laisser aucune trace, comme Kabir et Ramalinga, d’autres vont faire de leur cadavre un centre de rayonnement magnétique et spirituel, autour duquel sera édifié un temple, une crypte ou une église. C’est ainsi que s’expliquent les cas de guérisons et de prières exaucées sur la dépouille de certains êtres saints. Nous avons là l’explication de la conservation de la momie royale en Égypte et de son rite magique de l’ouverture de la bouche, dont le but était de maintenir le double éthérique (‘‘ka’’) dans l’organisme. A la fin de cette cérémonie le ‘‘ka’’ était censé dire : ‘‘Je suis vivant !’’ Certes, la momie n’allait pas se mettre à marcher tel un Golem, mais elle avait le pouvoir de maintenir en place le corps astral (‘‘khaba’’), dans lequel pouvait descendre l’âme-oiseau (‘‘Ba’’) du défunt en vue de protéger Égypte et son peuple. La magie noire s’est emparée des embaumeurs, la plupart étant réputés être des brigands complices des pilleurs de tombes, et ce qui avait été réservé à quelques rares élus initiés devint une coutume contre nature en vue de gagner une éternité à bon compte. La vérité est bien plus cruelle, et comme l’a justement décrit Jean-Louis Bernard, une fois emprisonné dans la tombe, le ‘‘khaba’’ retenait l’âme dans l’astral, l’obligeant à souffrir indéfiniment des regrets de sa vie passée.

En Inde, où la crémation est systématique, on conserve tout de même le corps des sages et des yogis, comme cela est la coutume pour les grands lamas du Tibet ou pour les saints soufis. » (M. Coquet) (6)

Le Phowa et le Trongjug :

1. Le transfert de la conscience :

La technique du transfert de la conscience, ou « phowa », est utilisée pour s’extraire de son enveloppe physique.

Michel Coquet a appris l’existence du « phowa » dans les aphorismes de Patanjali, aphorismes sur lesquels a été ensuite fondé le « raja yoga ».

Le passage, par lequel on s’extériorise au cours du « phowa », est celui de la fontanelle éthérique située autour du « brahma-randhra », l’ouverture par laquelle sort la tige du « sutratma », support du chakra coronal. Cette fontanelle, située au-dessus du crâne du nouveau-né, s’ossifie avec la croissance.

« Tout Hindou connaît plus ou moins l’importance de cet emplacement, et les brahmanes, lorsqu’ils se rasent, laissent toujours une petite mèche de cheveux à cet endroit. La mauvaise compréhension de ce principe fait que lors du rituel funéraire l’Hindou va jusqu’à briser cette partie du crâne d’un coup de conque avant l’incinération, comme si le fait de briser le physique avait une incidence sur le psychique ! Tout cela est aussi peu sérieux que de croire qu’une mort à Bénarès vous accordera le privilège de ne plus renaître ici-bas. Il y a tout de même une part de vérité au bienfait d’une mort dans un lieu saint (‘‘mokshapuri’’), mais cette vérité est comme trop souvent réduite au premier degré de compréhension. » (M. Coquet)

C’est à Montchardon, au Karma Migyur Ling, auprès de Lama Mönlam, que Michel Coquet et son épouse reçurent l’initiation au « phowa ». Ils revînmes au Centre du 1er au 12 novembre 1988 pour y être dûment initiés, après une préparation de plusieurs semaines consistant à accomplir la récitation des cent mille mantras du Bouddha Amitâbha, en vue de recevoir la technique du « phowa ».

Le lama fit visualiser, au-dessus de la tête, le Bouddha Amitâbha et son Bodhisattva Avalolitésvara (Chénrézig). Dans cette pratique on cherche à pénétrer dans la Claire Lumière de la transcendance symbolisée par ce Bouddha.

Vient ensuite un exercice de respiration yogique.

« Après avoir clôturé les treize ouvertures par lesquelles le ‘‘prana’’ risque de sortir, et cela au moyen de la syllabe mantrique ‘‘Hri’’, on se concentre à la base du ‘‘sutratma’’ pour, à l’aide d’une respiration et d’une concentration, projeter avec force l’énergie pranique jusqu’aux pieds de lotus d’Amitâbha (la fontanelle éthérique), au moyen du son ‘‘Hick’’. » (M. Coquet)

Le son « Hick » doit être suivi du son « Phet » (une seule fois).

Le premier mantra sert à provoquer la sortie consciente (« Namshes ») par le haut du crâne, et si la mort est imminente, elle survient immédiatement avec l’aide du son « Phet ».

Au regard des dangers d’une telle technique, on comprend pourquoi Tsong-khapa (1357-1419) imposait, avant d’aborder les grands tantras, 12 ans de purification et de développement moral.

« Le ‘‘chhang’’ (bière alcoolisée) et la viande devraient au moins être interdits, car cela affaiblit le corps éthérique et engendre des accidents dans des pratiques aussi dangereuses que ‘‘phowa’’. On se souviendra qu’à cette époque le lamaïsme tibétain était intimement associé aux rites obscurs des chamanes ‘‘bönpos’’. A ce propos, il est intéressant de lire la vie de Milarepa avant sa rencontre avec son guru Marpa, et comment il s’adonna à la magie noire, pratique coutumière de ces régions. » (M. Coquet)

A la fin du stage Lama Mönlam testa chaque participant afin d’observer les résultats, « les symptômes d’une réussite de la percée de la fontanelle se traduisant, selon les textes, par un petit gonflement, et dans le cas d’une réussite par un écoulement ».

Alexandra David-Neel précisa que le test prévalant au Tibet était de piquer dans le gonflement une herbe qui devait se maintenir droite.

« Cela m’a remis en mémoire les paroles du Tulku Pema Wangyal Rinpoche : ‘‘Si nous nous entraînons au ‘‘phowa’’ une semaine ou au plus trois semaines, nous obtenons un résultat.’’ Seulement, le lama ne précise pas lequel en si peu de temps. Si, comme le dit la tradition, les signes d’un entraînement réussi du ‘‘phowa’’ sont ‘‘mal de tête et gouttes de sérosité’’, les jeunes néophytes occidentaux devraient se montrer prudents, car s’ils risquent de ne jamais voir la sérosité autre part que dans leur imagination, par contre ils risquent de garder le mal de tête ! C’est un point où je suis en désaccord avec Sogyal Rinpoché lorsqu’il affirme que cette technique ‘‘peut être effectuée en tout temps et sans danger’’. » (M. Coquet)

L’adepte en « phowa » s’efforce de projeter son « Namshes » vers le mourant en vue de le rassurer et de le conseiller, « puis de l’éveiller et de le diriger vers une voie de libération ».

Le pratiquant ne peut aider son prochain que s’il est lui-même libéré des passions et désirs du Plan astral (« Tuli-kai ») dans lequel il va se projeter. La moindre brèche dans la vie morale permet aux forces de cette région d’emporter et de noyer l’individu « dans un torrent de peurs et d’hallucinations ». L’attaque d’un élémentaire « n’est pas exceptionnelle ».

« Il est même arrivé que le choc astral soit assez fort pour causer la rupture du ‘‘sutratma’’ et provoquer la mort du sauveteur. Par contre, si l’amour, la connaissance technique et la maîtrise mentale, sont présents, les dangers seront rares. » (M. Coquet)

2. Le « trongjug » :

L’art du « trongjug » consiste à transférer son âme dans le corps d’un défunt. Il s’agit d’une technique qui permet à un individu qui vient de mourir de prendre un nouveau corps sans avoir à passer par le lent processus de la naissance.

Dans le cas de l’adepte connu sous le nom de Comte de Saint-Germain, le transfert du principe de conscience se fit, écrit Michel Coquet, non dans un cadavre, « mais dans un corps éthérique construit par lui-même ».

« Cette technique, qui permet à un yogi de quitter son corps à volonté pour prendre celui d’un autre, est connue des Hindous sous plusieurs noms : ‘‘Para-kaya-pravesa’’, ‘‘Svechchhotkranti’’, ou ‘‘Aves’a’’. Selon la tradition tibétaine cette technique très occulte du ‘‘Trongjug’’ fut révélée à un groupe de grands ‘‘siddhas’’ hindous et tibétains, il y a de cela neuf cents ans, qui la perpétuèrent jusqu’à nos jours. Cependant, cet art fut révélé à des yogis ambitieux et sans éthique qui l’utilisèrent selon les règles de la magie noire. En effet, si l’art du ‘‘Trongjug’’ est l’art de transférer son âme dans le corps d’un défunt, ce corps doit être disponible par un décès naturel. Je tiens donc à mettre en garde le lecteur par rapport à ce qu’écrit Alexandra David-Neel sur ce sujet : ‘‘Le namshes de l’initié s’installe directement dans le corps d’un individu dont il a ‘‘délogé’’ le namshes, ou qu’il réduit en servitude, assumant la maîtrise de l’homme en qui il s’est installé. Il y a là un phénomène analogue à celui de la possession.’’

Ce qui est grave dans un tel article, c’est que notre tibétologue laisse à penser qu’une telle action puisse être attribuée à un initié ! Elle ne met pas le lecteur en garde contre cette manière de pratiquer qui est spécifiquement celle des mages noirs. En effet un maître digne de ce nom ne ‘‘délogera’’ jamais de force un homme pour lui emprunter son corps, mais le fera avec son assentiment comme le fit le Christ envers son disciple Jésus. » (M. Coquet)

Le corps qui va être emprunté « doit être réellement mort, c’est-à-dire que le corps éthérique lui-même n’est plus présent ».

« En aucun cas, cependant, le corps utilisé ne devra être dans une phase de décomposition. L’âge idéal est celui d’un enfant entre huit et douze ans. Il doit être sain et de la caste élevée des brahmanes (prêtres) ou des ‘‘kshatriyas’’ (soldats). La caste n’est pas en cause, mais dans ces deux groupes les corps sont mieux entretenus et donc plus sains.

L’opération doit avoir lieu dans un endroit isolé et protégé des curieux. Le cadavre est étendu sur le dos, bras et jambes allongés. Le yogi s’assoit à la tête du mort en posture de méditation. Les deux corps sont orientés selon un angle précis par rapport à l’un des points cardinaux. L’opération sera faite à une heure astrologique favorable. Le yogi commence par pratiquer ‘‘phowa’’ en sortant de lui-même, puis il utilise ‘‘trongjug’’ en essayant de pénétrer le cadavre par la fontanelle. Il s’y glisse en animant tout d’abord les narines (en réalité ‘‘ida’’ et ‘‘pingala’’), puis en éveillant les centres des poumons et celui du cœur, en tout trente-huit chakras (majeurs et mineurs). Après cela, il prend conscience de l’ensemble du corps et se l’approprie en conscience, du haut vers le bas, jusqu’à ce que sa conscience se soit ancrée dans le plexus solaire, afin de nouer au cadavre son propre corps astral. Par un effet de volonté et l’intonation du mantra de vie, cœur et poumons sont mis en action. Suit ensuite un ensemble de conseils techniques subsidiaires.

Une fois incarné, le yogi reste dans ce corps et n’en sort qu’à la mort naturelle de celui-ci. » (M. Coquet)

Quelques exemples du « trongjug » :

On raconte que Shankarâchârya fut interrogé par une philosophe sur les aspects spirituels de la science amoureuse.

« Étant un moine ayant fait vœu de chasteté, Shankarâchârya ne pur répondre et demanda un répit de quelque temps afin d’étudier cette science. Entre temps, un roi vint à mourir, et Shankarâchârya s’en étant intuitivement rendu compte, décida de l’utiliser, car le roi avait un harem et excellait dans la science des rapports amoureux. Par la technique du ‘‘trongjug’’, il s’introduisit dans le cadavre du roi, abandonnant son enveloppe vide aux bons soins de l’un de ses plus sûrs disciples. Le roi parut ressusciter, et Shankarâchârya put ainsi s’instruire. C’est ainsi que, revenu dans son propre corps, il fut à même de répondre à toutes les questions de la femme savante et de remporter la joute. » (M. Coquet)

Un autre cas met en scène un prince et le fils du Premier ministre, tous deux adeptes du « trongjug ».

« Un jour, se promenant ensemble, ils trouvèrent un nid rempli d’oisillons, dont la mère venait d’être tuée par un faucon. Rempli de compassion, le prince voulut pratiquer l’art secret et dit à son ami : ‘‘Je te prie, garde mon corps pendant que je vais ressusciter cette mère oiseau afin qu’elle puisse nourrir ses petits.’’ Mais pendant qu’il gardait le corps du prince apparemment privé de vie, le fils du ministre fut envahi par la tentation et, quittant son propre corps, il prit celui du prince, car depuis longtemps il aimait la princesse. Le prince ne put que prendre le corps abandonné par son faux ami, et plusieurs années se passèrent avant que l’échange de corps ne puisse être fait de nouveau. »

Le troisième exemple vient de la tradition dravidienne du sud de l’Inde.

« Cette tradition stipule que, de manière cyclique, dix-huit ‘‘siddhas’’ réalisés s’incarnent dans cette région afin d’enseigner l’art du yoga. Parmi ces grands êtres se trouve le célèbre rishi Sundaranatha, disciple de Nandi Devar, qui demeurait au pied du mont Kailash. Ayant reçu l’ordre inspiré de partir à la recherche d’Agastya, un autre yogi et un codisciple, il partit en direction des montagnes bleues dans l’Inde méridionale. Pendant son voyage il s’arrêtait dans les sanctuaires les plus sacrés pour adorer Dieu sous ses multiples formes. Il parvint ainsi jusqu’à la ville de Tiruvavaduturai, près de la rivière sacrée Kâverî. Là, il fut témoin d’un étrange phénomène, des troupeaux de vaches et leurs veaux beuglaient de souffrance en tournant autour de leur bien-aimé vacher, un certain Mular, qui venait juste de mourir. Le rishi Sundaranatha, voyant tant de souffrance, fut pris d’une immense compassion ; il sortit de son corps physique qu’il laissa en sécurité dans le creux d’un arbre, et pénétra dans le corps du vacher décédé. Il se leva, reprit son bâton et ramena le troupeau éperdu de joie d’avoir retrouvé son maître. Le soir, il se rendit à la demeure de Mular et avisa son épouse qu’il n’aurait désormais plus de relation avec elle, et se rendit dans un petit monastère pour la nuit. Le jour suivant, afin de poursuivre son voyage il revint à l’endroit où il avait laissé son corps, mais, à sa grande consternation, ne le retrouva plus. Pressentant qu’il s’agissait de la volonté de Dieu, et que ce nouveau corps allait lui permettre d’être un meilleur interprète de la volonté de Shiva, au profit des populations du sud, il garda ce corps et fut connu jusqu’à ce jour sous le nom de Tirumular (le saint Mular). Il s’installa à Chidambaram et, à travers ses méditations, produisit près de 3000 versets poétiques intitulés ‘‘Mantra Malai’’, dans lesquels étaient transmises certaines techniques ‘‘mantriques’’ en vue d’obtenir la libération. » (M. Coquet) (7)

Le Mayavirupa ou corps d’illusion :

Il existe une technique qui porte le nom de « Para-kaya-srhti », qui consiste à créer un ou plusieurs corps d’illusion (« tulku » ou « mayavirupa ») en vue de les faire agir à la place de la personne physique.

Le « mayavirupa » est un double fait de matière mentale.

« C’est ce véhicule dont disposent les disciples, les saints, les sages et les initiés. Ils l’utilisent volontairement en cas de besoin, mais à d’autres moments ce corps glorieux se manifeste de lui-même. » (M. Coquet)

Avant la grande « libération » ce corps se manifeste dans la vie quotidienne à travers les charismes dont sont pourvus de nombreux saints, ces charismes pouvant même être développés par des pratiques de yogas mentaux ou exercices similaires. Ce sont les « siddhis » (ou pouvoirs).

« Si le ‘‘mayavirupa’’ est formé temporairement de substance astrale, son essence première est purement mentale. Ce corps subtil ne peut donc être formé que par une personne fonctionnant sur ce plan. Il n’est qu’une simple image subjective chez ‘‘l’homme-animal’’ ou chez le mourant qui, quelquefois, le libère inconsciemment en direction d’un tiers sous la contrainte d’une vive émotion. » (M. Coquet)

C’est seulement lorsque le disciple commence un véritable travail d’intégration de sa personnalité vers l’âme, qu’il maîtrise son corps affectif, le Maître donnant alors des instructions permettant au disciple de construire et d’utiliser son « mayavirupa ».

Lorsque le moment de libération est arrivé, comme conséquence de la disparition de « maya » et de la fusion avec l’unique réalité du Soi, « le corps causal se dissout et seul se maintient en place l’Esprit ‘‘auto-conscient’’, et son support, le ‘‘mayavirupa’’ ».

« Lorsque l’expérience de la ‘‘libération’’ est atteinte pendant l’incarnation, rien ne semble changer du point de vue de l’observateur du dehors, mais le corps qui remplace l’ancien, malgré l’apparente ressemblance, est un corps de lumière, une véritable illusion des sens, d’où son nom de corps (‘‘rupa’’) illusoire (‘‘maya’’). Ce corps est nettement un substitut de la personnalité, qui ne peut être créé que si l’ancienne personnalité a été éliminée au préalable. » (M. Coquet)

Les gens qui entourent le Maître n’ont souvent aucune connaissance du changement d’état.

« Après son nirvana, le Bouddha resta sur Terre pour instruire ses disciples, et le Maître Jésus, qui eut à subir une crucifixion, fit de même en continuant d’enseigner à travers son nouveau corps spirituel ou ‘‘mayavirupa’’. Il possédait un corps en apparence semblable aux autres mais qui, selon les paroles de Paul, ‘‘n’était plus destiné à retourner à la corruption’’ (Act. 13, 34). Les Évangiles témoignent de sa capacité à transcender le temps et l’espace. Jésus vint un jour dans la chambre haute alors que portes et fenêtres étaient closes (Jn. 20, 26-28) Une autre fois, après sa résurrection, il se manifeste à ses disciples sans qu’ils puissent le reconnaître, et plus tard encore ‘‘il se manifesta sous d’autres traits à deux d’entre eux’’ (Mc. 16, 12). C’est avec ce même corps qu’il mangeait avec eux ou les instruisait des choses du royaume de Dieu. Avec ce corps l’initié peut apparaître et disparaître dans n’importe quelle partie du monde, et prendre toutes les formes souhaitées dans le cadre de son service. » (M. Coquet)

Manifestations du « mayavirupa » :

Il existe de nombreux témoignages qui attestent la présence, juste après leur mort, du corps spirituel des saints, au même titre que Jésus apparaissant aux disciples après sa résurrection.

Ce fut le cas de Shirdi Sai Baba (décédé en 1918) :

« Le lendemain, le corps de Sai Baba fut cérémonieusement porté en procession et déposé dans le saint des saints, à l’emplacement de la statue de Krishna. Le soir même il apparut à Das Ganu, qui était à Pandharpur, et lui dit : ‘‘Les marchands d’huile (hindous) et les droguistes (musulmans) m’ont créé trop de problèmes, et j’ai décidé de quitter Shirdi. Cette mosquée (désignant à cet instant son véhicule physique) s’est écroulée, et je m’en vais. Je suis venu te dire d’aller à la mosquée et de recouvrir mon sépulcre avec des fleurs de jasmin.’’ Après sa transition les miracles se multiplièrent, et Sai Baba garda un étroit contact avec ses fidèles. Le 13 novembre 1918 il apparut en rêve à Kaka Mahajani et lui dit : ‘‘Pourquoi es-tu encore endormi ? Réveille-toi et rends-moi hommage. Aujourd’hui est le trentième jour anniversaire de mon ‘‘mahasamadhi’’. Kaka se leva et constata que cela était juste.

Trois mois après le ‘‘mahasamadhi’’ de Shirdi, celui-ci apparut devant l’une des maisonnettes du village de Kirki. Six mois après il apparut à nouveau à Dwarakamayi, tenant à la main sa fameuse écuelle de fer blanc.’’ »

Peu avant sa mort, Shirdi Sai Baba avertit son disciple Abdul et lui dit : « J’apparaîtrai à nouveau, et je vous donnerai le ‘‘darshan’’. » Abdul ayant demandé quand cela devait se produire, Shirdi Sai Baba répondit : « Ce sera après huit années. La première apparition de Sai a eu lieu dans le Maharashtra. La seconde sera à Madras. » En 1926 naquit Sathya Sai Baba à Puttaparthi, dans l’Andhra Pradesh, qui, à cette époque, était une partie de la province de Madras.

Shirdi Sai Baba était, nous dit-on, la réincarnation du saint Kabîr (décédé en 1518). Avant sa mort certains disciples avaient l’intention de conserver sa future dépouille, alors que d’autres voulaient l’incinérer.

« Voyant cela, Kabîr s’enveloppa lui-même dans un linceul et demanda qu’on le laisse seul dans une modeste hutte. Lorsque, un peu plus tard, ses deux proches disciples inquiets de son silence pénétrèrent dans la hutte, le corps du sage avait disparu et le linceul ne contenait plus que des amas de fleurs au parfum exquis. Comme le maître n’avait pas terminé sa mission divine, il se réincarna en 1825 dans le corps d’un autre grand libéré, le célèbre Sai Baba de Shirdi.

Cette manière de disparaître en ne laissant aucun reste, bien que rare, même en Inde, a été observée plusieurs fois chez des êtres de la grandeur de Sri Madva, Kumâra Devar, Goraknath, Manikkavachakar, Prabhulinga, Nandanar, etc., et dans le judaïsme : Hénoch et Elie. » (M. Coquet)

Michel Coquet évoque aussi Chökyi Nyima (Panchen-lama de Shigatsé) :

« Ayant pressenti un danger imminent contre sa personne, il décida de quitter le Tibet en direction de la Mongolie, accompagné de quinze moines. C’était le 15 novembre 1923. Cependant, avant de partir, le Panchen laissa sur place une image de lui-même, un ‘‘mayavirupa’’ ou ‘‘tulku’’, qui leurra les espions de Lhassa pendant plusieurs jours, de sorte que lorsque l’ordre vint du fonctionnaire d’arrêter le Panchen et sa troupe, on s’aperçut qu’il n’était plus là, et plusieurs centaines de soldats furent lancés à sa poursuite, mais par une série de miracles celui-ci leur échappa. » (M. Coquet)

Alexandra David-Neel rencontra le Panchen-lama.

« Le guide instructeur du Panchen-lama se nommait Kyongbou Rinpoché, et bien des histoires fantastiques couraient sur ses pouvoirs d’omniscience et sur sa capacité à changer d’apparence, ou d’apparaître et disparaître à volonté. Ce ‘‘maître tibétain’’ vivait en ermite à quelques kilomètres de Shigatsé sur la rive du Brahmapoutre. Lorsque la grande statue de Maitreya fut sur le point d’être terminée, le Panchen-lama exprima le profond désir de la voir consacrée par son saint instructeur. Celui-ci, déjà très vieux, déclara qu’il serait mort avant que le temple entourant la statue ne soit complètement terminé. Mais sur l’insistance du Panchen l’ermite promit de la consacrer tout de même le moment venu. Alexandra David-Neel était déjà partie depuis une année lorsque le temple et la statue furent terminés. Le jour de la consécration arriva, et le Panchen-lama envoya chercher l’ermite au moyen d’une magnifique chaise à porteur pour le ramener au monastère de Tashi-Lhünpo. Les hommes de l’escorte virent l’ermite prendre place dans la chaise qui fut ensuite fermée.

Pendant ce temps, une foule de milliers de personnes était déjà assemblée au monastère en attente de l’événement. A l’étonnement de tous, le vieil ermite arriva seul et à pied, il traversa le temple en silence et, à la surprise générale, s’avançant vers la statue de Maitreya, il s’y fondit complètement. Un peu plus tard arrivèrent l’escorte et la chaise à porteurs qui, évidemment, fut trouvée vide. Le sage avait utilisé son ‘‘mayavirupa’’ pour accomplir la bénédiction promise. » (M. Coquet)

Le « grand libéré » Ramalinga Swamigal de Vadalur (né en 1823 dans l’Inde du Sud) était, selon la tradition, un maître appartenant à la lignée des douze « alvars », les saints dévots (« bhaktas ») du pays tamoul. A sa disparition, il laissa près de 40.000 versets décrivant ses différentes expériences de transformation spirituelle. Il avait atteint l’état de « jnana deham », état qui implique « la destruction du corps causal ».

« Il ne mangeait presque plus et son corps ne projetait pas d’ombre. En 1871, Ramalinga fit construire un petit sanctuaire représentant les principes intérieurs d’un être humain, avec au centre une petite lampe à huile symbolisant la flamme lumineuse du Soi éternel.

Constatant que ses milliers de fidèles ne suivaient pas ses préceptes et conseils, il écrivit une lettre à ses disciples, leur conseillant de méditer constamment sur la lumière, et leur dit qu’il allait bientôt disparaître. En 1874, il se fit enfermer à clef dans la petite hutte de Mettukuppam, et pendant que les dévots chantaient le mantra de la lumière : ‘‘Arul perun Jyoti’’, il disparut dans une aveuglante lumière. Lorsqu’un peu plus tard on ouvrit la porte, la pièce fut trouvée vide, hormis une petite lampe, qui brûle toujours ! » (M. Coquet)

Ce processus alchimique de libération est ainsi expliqué par V. V. Ramanan Shastri (Cultural heritage of India) :

« C’est grâce à une technique particulière que le corps fait de matière corruptible (‘‘ashuddha-maya’’) est mis en parallèle avec la matière incorruptible (‘‘shuddha-maya’’) et que la transsubstantiation a lieu… Le corps humain se trouve libéré des exigences de l’économie animale lorsque le transfert a lieu de la ‘‘maya’’ corruptible en ‘‘maya’’ incorruptible. Il n’est donc plus sujet à la mort… Il est transfiguré en un corps de gloire et de puissance appelé ‘‘jnana-tannu’’ ou corps spirituel. L’homme ‘‘libéré-vivant’’ (‘‘jivanmukta’’) quitte le domaine de la matière et disparaît soudain en pleine lumière avec son corps. »

En Occident, on peut citer le cas du Maître Philippe. Le jour des obsèques on vint annoncer, à Marie Knapp, la mort de ce dernier. Celle-ci répondit :

« Comment ? Mais je l’ai vu, ce matin, passer sous ma fenêtre ! Pourtant, je lu ai crié d’entrer, et il m’a répondu : ‘‘Je n’ai pas le temps : il faut que j’aille à mon enterrement !’’ Je ne me suis pas inquiétée outre mesure, croyant à une plaisanterie de la part de M. Philippe. »

260px-Nizier_Anthelme_Philippe Nizier Anthelme Philippe

Philippe Encausse, le fils du mage Papus, disait avoir vu le Maître Philippe à six reprises (après la mort de ce dernier, bien sûr).

Il y a aussi le Padre Pio. Lors des funérailles de ce dernier, un journaliste italien communiste avait écrit un article moqueur sur les prétendus pouvoirs du capucin stigmatisé. A peine descendu de sa voiture, le journaliste croisa Padre Pio. Le journaliste se précipita à l’intérieur du couvent, mais le corps était bien là, mort depuis deux jours. Le détracteur athée se convertit immédiatement.

Padre_Pio_Stigmata Le Padre Pio avec ses stigmates

Michel Coquet mentionne aussi le cas d’Yvonne-Aimée de Jésus (1901-1951).

« Elle fut un serviteur exceptionnel sur le plan matériel, s’occupant de sa communauté aussi bien que des pauvres. Elle prendra tous les risques pour mettre des résistants à l’abri, au risque de sa vie, dans une clinique dont elle avait conçu les plans. Sur les plans intérieurs, elle entra, par ses extases, dans les plus intimes mystères de Dieu. Autour d’elle se matérialisaient des fleurs et des parfums, son corps portait les stigmates de la crucifixion, jusqu’aux larmes de sang, et de ses plaies apparaissaient des roses rouges. Son cœur s’embrasera et son corps restera incorruptible à la fin de sa vie. Lorsque cela était nécessaire elle s’évadait du couvent, et, en état de bilocation, partait en mission spirituelle dans toute l’Europe, que ce fut pour le bien d’un individu qu’elle ne connaissait pas, pour des prêtres en détresse ou pour s’opposer aux puissances infernales nazies. Elle avait des visions, était omnisciente et connaissait intimement la pensée de chacun. Elle prophétisait sans jamais se tromper.

L’Église enregistrera tous ces phénomènes extérieurs mais restera ignorante de sa réalité intérieure. Yvonne-Aimée avouera à Mgr Picaud : ‘‘Je suis dépositaire de beaucoup de secrets, vous le savez, Monseigneur – et je ne les trahirai pas – dussé-je payer cette discrétion chèrement.’’ Peut-être est-ce là la raison de sa ‘‘non-béatification’’ par l’Église ?

Tout dans sa vie démontre qu’elle se préparait à la résurrection par une vie de totale abnégation, car telle est la condition de ceux qui se préparent à la crucifixion finale. Cela sera facilité par sa soumission à l’Église, malgré ‘‘l’aveuglement’’ de cette dernière, comme le souligna souvent le pauvre padre Pio ! Il lui faut mourir au monde en servant le monde, en détruisant dans son âme glorieuse la moindre pensée ‘‘personnelle’’, puisqu’en elle l’égoïsme au sens humain avait entièrement disparu dans le brasier de son amour. Cette totale soumission est souvent accompagnée d’un acte sacrificiel pour le bien du monde. Cet acte, Yvonne-Aimée l’exprimera en combattant de l’intérieur les forces sataniques déchaînées, par une totale identification à la souffrance du Christ, l’âme de l’humanité, souffrance manifestée au dehors par sa vie de service, et au-dedans par ses stigmates, expression phénoménale de son identification au Tout.

Pendant la guerre mondiale, elle participa à sa manière à la résistance en protégeant et guérissant les résistants dans sa clinique de Malestroit. Le 7 février 1943, alors qu’elle se trouve à Paris dans l’ancien foyer des filles de St François de Sales surnommé ‘‘l’Oasis’’, elle annonce à l’abbé Paul Labutte, en présence de sœur Saint-Vincent Ferrier, qu’elle va être arrêtée par la Gestapo ! Étonné, le père lui demande pourquoi elle ne prend pas le large. Sa réponse est sans appel : ‘‘Non, j’ai ordre du Seigneur de rester à Paris pour ses affaires à Lui.’’

Le 16 février, sœur Saint-Vincent accompagne Yvonne-Aimée au métro, et celle-ci la prévient : ‘‘Si je ne suis pas de retour pour 12 h 45, c’est que je subis l’épreuve que vous savez.’’ En effet juste avant midi, la sœur reçoit une mystérieuse lettre d’Yvonne-Aimée qui annonce son arrestation par la Gestapo. Le lendemain, prévenu de l’événement, l’abbé Paul Labutte arrive à Paris en toute urgence. » (M. Coquet)

C’est en descendant les marches de la station de métro de la gare Paris-Montparnasse que l’abbé se retrouva, stupéfié, en face de mère Yvonne-Aimée.

« Elle semblait pressée et anxieuse, et lui demanda de marcher à ses côtés comme si de rien n’était. L’abbé, heureux de cette rencontre, pensait qu’elle avait été enfin libérée, mais elle lui répondit : ‘‘Non… Je ne suis pas libérée… Je suis en prison… Je subis la torture debout devant un mur… J’ai la tête dans une sorte d’étau…’’ ‘‘Vous êtes à deux endroits ?’’, lui demanda le prêtre. Et la sainte lui fit un signe affirmatif de la tête. A la station Denfert-Rochereau elle descend, lui jette un regard et disparaît.

Elle réapparaît soudain au terminus, à la Porte de Pantin, et lui dit, l’air effrayé : ‘‘Prie ! Prie ! Si tu ne pries pas assez… on m’embarquera ce soir pour l’Allemagne… Ne le dis à personne !’’ Et, de nouveau, elle disparaît mystérieusement. L’abbé, infiniment troublé, alla s’enfermer dans la chapelle de la médaille miraculeuse, rue du Bac, et pria de toute son âme.

Le soit venu l’abbé se rendit à ‘‘l’Oasis’’ et y trouva sœur Saint-Vincent Ferrier en larmes. L’abbé dîna au parloir pendant que sœur Saint-Vincent Ferrier s’assurait que portes et volets de fer étaient bien fermés par crainte de la Gestapo. Puis l’abbé se rendit au premier étage à côté du bureau de mère Yvonne-Aimée. » (M. Coquet)

Il était en train de prier lorsqu’il entendit un grand bruit. Se retournant immédiatement, il se retrouva face à face avec la sainte mère, celle-ci étant habillée comme lors de son apparition dans le métro. Elle était effrayée et ne le reconnut qu’après quelques instants. Il courut prévenir sœur Saint-Vincent Ferrier, et ils montèrent tous les deux l’escalier. La sainte mère était bien là. Sur la demande de celle-ci ils la laissèrent seule quelques instants, et lorsqu’ils remontèrent Yvonne-Aimée n’était plus dans son bureau, mais dans sa chambre. L’abbé apporta ces précisions :

« Nous la trouvâmes dans sa chambre voisine, étendue tout habillée sur son lit, le visage extatique, plongée dans un sommeil paisible, enveloppée d’un grand voile de tulle blanc, serré au front par un étroit cercle d’or.

Le lit, la chambre, la cheminée, les meubles étaient jonchés ou parés de fleurs fraîches, où dominaient (en ce mois de février 1943, dans un Paris occupé par les Allemands) des arums, des tulipes et des lilas blancs. Il aurait fallu deux jardiniers au moins pour apporte ces fleurs, et un grand artiste pour disposer, sur Yvonne-Aimée, les plis du voile qu’elle-même n’aurait pu arranger. »

Voici le récit d’Yvonne-Aimée :

« La prison était bondée en raison de la fréquence des rafles. De la cellule que j’occupais j’entendais les gémissements et les cris de douleurs de mes voisines… Oui, ça a été dur… Un bourreau (c’était un Français) m’a fouettée sur le dos et les épaules. Au bout d’un moment il s’est arrêté, surpris : ‘‘Tu es donc en bois’’, me dit-il, ‘‘pour ne pas gueuler ?’’… J’ai dû subir aussi autre chose, debout près d’un mur… Ma tête et mon cou étant immobilisés, le corps seul remuait, ondulait, les reins seuls se cabraient atrocement… Oui… J’étais présente, en même temps, à la prison où l’on me torturait, et dans le métro où vous m’avez rencontrée, où je vous ai parlé… »

Son action pendant la guerre avait été d’un tel héroïsme qu’en juillet 1945 elle fut conviée à se rendre à Vannes.

« Lorsque le général de Gaulle la vit, il vint droit vers elle, et, levant son képi, s’inclina et lui dit : ‘‘Je suis très heureux, ma mère, de vous saluer. Je suis au courant de votre magnifique conduite. Je vous remercie au nom de la France’’, puis il la fit chevalier de la Légion d’honneur ! Elle fut décorée de plusieurs autres médailles, confirmant une vision prophétique qu’elle avait eue seize ans plus tôt et qu’elle avait notée sur son carnet le 29 mars 1929. » (M. Coquet) (8)

Alain Moreau

 

Références

1. « Parasciences et transcommunication », n° 38, novembre 1999, p. 39-42 ; P. et T, n° 40, mai 2000, p. 19-21 ; P. et T. n° 29, juin 1997, p. 14-16 ; Neville Randall, « La mort ouvre sur la vie », JMG éditions, 1999.

2. Leslie Kean, « Survivre à la mort », Dervy, 2018, p. 396-397.

3. René Pérot, « L’effet PK, ou l’action de l’esprit sur la matière », éditions Tchou, 1977, p. 105-107.

4. Jean Sider, « Parasciences », n° 64, décembre 2006, p. 21-24.

5. Michel Coquet, « Comprendre la mort pour connaître la vie », éditions Alphée, 2010, p. 355.

6. Ibid., p. 273-277.

7. Ibid., p. 239-242, 244-251.

8. Ibid., p. 251, 445-451, 453-461.

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