Ma trilogie (avril et juillet 2022 pour les deux premiers tomes, et septembre 2023 pour le troisième tome) consacrée au sujet de la PK parue chez JMG éditions (disponible sur Amazon  et sur le site de la FNAC)

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La psychokinèse fait partie intégrante du domaine de la parapsychologie, cette dernière étant définie comme étant l’étude scientifique des phénomènes réputés paranormaux. Ces derniers incluent l’étude des diverses modalités de la connaissance extrasensorielle (télépathie, clairvoyance, précognition…) et de la psychokinèse, ainsi que des phénomènes suggérant la survie de la conscience après la mort : communications médiumniques, sorties hors du corps et expériences au seuil de la mort, transcommunication instrumentale, etc. On pourrait y ajouter l’étude de la phénoménologie ascétique et mystique (stigmates, inédie, etc.). On parle aussi d’expériences extraordinaires ou d’expériences exceptionnelles, voire « anomalistiques », ces dernières formulations permettant d’intégrer d’autres phénomènes (« abductions », etc.) qui se situent hors du champ de la parapsychologie.

On parle de psychokinèse, de psychocinèse ou d’effets PK. Si on définit souvent la psychokinèse (ou l’effet PK) comme étant l’action de l’« esprit » sur la matière, une définition plus précise serait celle-ci : l’action de certains individus sur des systèmes matériels (objets, organismes vivants), en dehors des médiations instrumentales et en dehors des médiations énergétiques connues.

On distingue deux grandes catégories de psychokinèse : la micro-PK (action sur des systèmes électroniques aléatoires, etc.) et la macro-PK (télékinésie ou déplacement de petits objets, effet Geller ou torsion d’objets métalliques, etc.). La « micro-PK » (action sur une échelle microscopique) nécessite, pour sa mise en évidence, l’utilisation de la méthode statistique. La « macro-PK » est par contre l’action « psychique » sur des objets macroscopiques (objets à déplacer, par exemple). On peut ainsi distinguer plusieurs types d’action PK :

– La PK « dynamique » : action sur des objets en mouvement (dés, « tychoscope », ce dernier ayant été mis au point par Pierre Janin).

– La PK « statique » : action sur des objets immobiles (télékinésie).

– La PK « biologique » : action sur des systèmes vivants (guérison psi, « magnétiseurs »). C’est notamment le problème des « guérisseurs » qui est ici impliqué (avec ses différentes variantes, y compris des thérapies comme le « reiki »). On parle de « Bio-PK » pour désigner la psychokinèse sur la matière « vivante » (bactéries, cellules animales ou végétales), ainsi que l’action des « magnétiseurs » et guérisseurs sur les personnes malades. La « Bio-PK » est donc l’influence de « l’esprit » sur les systèmes vivants. On peut ici parler de psychokinèse sur des cibles biologiques.

Les phénomènes de « poltergeist » (ainsi que certains cas de « hantises ») impliquent aussi des phénomènes physiques paranormaux : coups frappés, déplacements d’objets, etc.

Les personnes capables de produire un phénomène de macropsychokinèse (macro-PK) sont appelées sujets PK ou médiums à effets physiques.

Les parapsychologues anglo-saxons s’intéressent essentiellement à la micro-PK, et ils sont généralement méfiants et réservés envers les « vedettes » du paranormal comme Uri Geller. Ils préfèrent étudier les micro-phénomènes car ceux-ci sont beaucoup moins controversés : cela fait beaucoup moins de « vagues ».

Il existe plusieurs degrés dans la maîtrise de l’action PK sur la matière :

– Le déplacement de cônes de papier, le déplacement d’une aiguille de boussole…

– Le déplacement d’objets divers et la torsion d’objets métalliques.

– Les siddhis supérieures, qui incluent notamment la matérialisation d’objets. (Les siddhis correspondent, dans la tradition indienne, aux « pouvoirs paranormaux », et aux charismes chez les mystiques chrétiens.)

De nombreux parapsychologues ont étudié la micro-PK, la première modalité, initiée par Joseph Banks Rhine (1895-1980), de cette forme de PK ayant été l’influence mentale sur le lancer de dés. Citons aussi Harold Puthoff qui, en 1972, demanda à Ingo Swann, au sein du Varian Physics Building de l’Université de Stanford, d’influencer un appareil connu sous le nom de Squid, un magnétomètre à supraconductivité qui avait été enterré dans le béton du plancher. La parapsychologue américaine Gertrude Schmeidler, du City College de New York, a testé l’artiste peintre Ingo Swann qui disait être capable de modifier à distance la température d’un objet. Il demanda à la parapsychologue d’entreprendre une étude sur ses possibilités.

Quant au docteur Helmut Schmidt, il a utilisé, pour ses essais PK, un générateur électronique binaire.

D’autres études ont concerné la germination de plantes, l’influence sur des animaux. René Pérot a rappelé que certains magnétiseurs réussissent à dessécher des fleurs, ou même de la matière organique. Ils prennent entre leurs mains un morceau de viande ou de poisson pendant de courtes séances, d’un quart d’heure par exemple, plusieurs jours de suite. Après leur action, le morceau présente toutes les caractéristiques de la momification.

Des chercheurs ont dit avoir réussi à agir par la volonté sur le taux de désintégration de substances radioactives…

René Peoc’h, médecin, docteur en sociologie et docteur en sciences naturelles, spécialiste de l’étude du comportement animal, a soutenu une thèse de médecine qui a porté sur des expériences avec le tychoscope, notamment avec des poussins. L’expérience sur les poussins a consisté à observer le comportement (théoriquement aléatoire) d’un tychoscope en présence de poussins conditionnés à suivre le robot selon le mécanisme (connu en éthologie) d’empreinte. Les résultats obtenus accréditent l’idée que les poussins conditionnés attirent psychiquement le tychoscope, comme s’ils considéraient celui-ci comme leur mère. René Peoc’h a été l’invité, le 8 juillet 2014, de l’émission « Les Aventuriers de l’Impossible », sur RTL, en compagnie de Jacques Pradel et Didier van Cauwelaert, pour parler de ses travaux.

Dolores Krieger (1976), une infirmière et enseignante à l’Université de New York, a fait l’hypothèse que le guérisseur amplifiait la vitalité de son patient en augmentant sa consommation d’oxygène et en activant son fonctionnement métabolique. Elle vérifia donc si le taux d’hémoglobine des cellules sanguines des patients subissait des modifications, puisque cette substance joue un rôle crucial dans la fixation de l’oxygène.

La chercheuse et guérisseuse Joyce Goodrich (1974) a réalisé des expériences de guérison à distance, plusieurs personnes suivant un cours de guérison psychique ayant été les guérisseurs dans cette expérience… Les sujets ont montré un état mental plus largement modifié et des ressentis plus forts au moment où le guérisseur se concentrait sur eux, mais si les résultats ont montré qu’une forme de psi était en jeu, cela ne prouvait pas que celle-ci relevait de la PK.

William Braud, de la Mind Science Foundation, au Texas, a transformé les expériences habituelles de biofeedback (dans lesquelles des individus auxquels on donne des indications précises – le feedback – sur une mesure physiologique quelconque – comme la température de la peau – peuvent apprendre à influencer volontairement cette dernière) en donnant les indications à un autre personne située dans une autre salle, ceci afin de déterminer si elle pouvait influencer la physiologie du sujet à distance à partir de l’information détaillée fournie par le dispositif d’enregistrement. Il appela cette procédure allobiofeedback, du grec allos, qui signifie autre, le contrôle étant exercé sur une autre personne. William Braud (1978) a choisi, comme cible, la réponse galvanique de la peau (ou GSR – Galvanic Skin Response), laquelle rend compte de l’activité du système nerveux sympathique. Avoir une GSR très élevée indique l’anxiété ou la nervosité.

Bernard Grad (1965), de l’Université McGill de Montréal, a fait une petite incision à des souris et a demandé au guérisseur Oskar Estebany d’accélérer la guérison de celles-ci en tenant leurs cages dans ses mains. Il y avait deux groupes-contrôle : des souris non traitées et des souris mises dans des cages spécialement chauffées de façon à reproduire la température des mains d’Estebany. Les souris traitées ont guéri plus vite que celles des deux groupes-contrôle (p < 0,001).

Le Projet de Conscience Globale :

Des études dites du « champ de la conscience » ont été inaugurées au milieu des années 1990 par Roger Nelson, psychologue à l’Université de Princeton.

« L’idée d’un champ de conscience fait référence à ce moment où les pensées et les actions d’individus semblent se fondre dans la pensée et l’action d’un unique groupe. » (D. Radin)

Pour détecter un hypothétique effet de cohérence, on a utilisé des GNA, ceux-ci générant une séquence de bits aléatoires (des 0 et des 1) qui est enregistrée en continu, pendant que des personnes se regroupent autour de certaines activités. Plus d’une centaine d’expérimentations du champ de conscience ont été publiées, et les preuves accumulées sont très favorables à l’hypothèse d’un authentique effet, avec une cote supérieure à un million contre un. Roger D. Nelson est l’auteur d’un livre dont la traduction française est parue en 2020 chez Massot éditions : « Tous Connectés – L’émergence d’une conscience mondiale ». Stéphanie Honoré a présenté ce livre dans une émission de Nuréa TV diffusée le 3 novembre 2020. Pour les détails relatifs au Projet Conscience Globale, il faut se référer à ce livre.

La télékinésie :

Dans le monde occidental, le dix-neuvième siècle a vu l’émergence de médiums possédant des capacités d’action sur la matière plus importantes que la moyenne. Il y eut ainsi des médiums à ectoplasme, lesquels pouvaient extérioriser, de leur corps, une substance se densifiant et prenant diverses apparences (mains, formes compètes). De nos jours, il existe encore des sujets à ectoplasme (dont Kai Muegge et Stewart Alexander), même si ceux-ci sont beaucoup moins nombreux et qu’ils exercent seulement dans le cadre de ce que Leslie Kean appelle des « cercles domestiques ». (Voir : « Survivre à la mort », Dervy, 2018.) D’un autre côté, on observait, dans le cadre de séances spirites, des médiums produisant divers phénomènes physiques : coups frappés, déplacement d’objets, etc. Quelques médiums à effets physiques ont été étudiés dans des conditions expérimentales : Eusapia Palladino, Stanislawa Tomczyk (déplacement de balles en celluloïd ; lévitation, à trente ou quarante centimètres de haut, d’une petite bouteille en verre de onze centimètres de hauteur et remplie en partie d’eau de Cologne ; etc.).

Une démonstration de télékinésie par Stanislawa Tomczyk

En 1913 et 1914, Stanislawa fut étudiée par un scientifique allemand, le docteur de Schrenck-Notzing (1862-1929), lequel réalisa notamment l’expérience dite « des boules de celluloïd », cette expérience ayant été contrôlée par un physicien, ainsi que par le professeur von Keller, le professeur Specht, le docteur Aub (spécialiste des maladies nerveuses), le docteur von Gebsattel, le psychologue Mittenzwey, M. von Kaiser.

Au vingtième siècle, quelques rares sujets PK ont produit des déplacements d’objets (télékinésies), notamment Nina Kulagina et Jean-Pierre Girard.

Dans un livre paru aux éditions du Rocher dans les années 1990, Richard S. Broughton a évoqué le cas de l’hématologiste Felicia Parise. Il note qu’elle parvint à faire tourner l’aiguille d’une boussole et à déplacer de petits fragments de papier d’aluminium. Charles Honorton fut le premier à étudier le don de Felicia Parise pour la PK.

En France, on connaît le cas de Jean-Pierre Girard, ce dernier étant connu pour ses aptitudes à la psychokinèse et notamment pour son action PK sur des structures métalliques. A différentes reprises, il a également pu produire un phénomène de déplacement ou de lévitation de petits objets. Une émission télévisée, en 1981, a montré une expérience de déplacement d’objet effectuée par Jean-Pierre Girard. L’expérience s’est déroulée au printemps 1981, Jean-Pierre Girard ayant été filmé par le journaliste Roger Pic, en présence du statisticien et parapsychologue Yves Lignon. Une lévitation d’objet a été obtenue le 13 août 1997 à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas). Il s’agissait d’un boîtier plastique d’une pellicule du photographe du Hemmets Journal. Durant ce type d’expérience, on a soumis à Jean-Pierre Girard une table de verre et des objets non magnétiques (plastique, bois, verre) apportés par les observateurs. On a contrôlé l’absence de fils dits « invisibles » en passant régulièrement la main entre le sujet PK et les objets.

La médium russe à effets physiques la plus célèbre est Nina Kulagina (connue aussi sous le nom de Nelya Mikhailova), laquelle est décédée en 1990. (Comme l’a noté René Pérot « L’effet PK, ou l’action de l’esprit sur la matière », éditions Tchou, 1977, page 215 en note -, Mikhailova était le nom de jeune fille de Kulagina.) Des chercheurs des pays de l’Est, tels que Vassiliev, Rejdak, Naumov, Zverev, Sergeyev, etc., constatèrent qu’elle pouvait faire mouvoir à distance et à volonté des objets divers : morceaux de pain, cigarettes, allumettes, etc.

Les modifications physiologiques observées chez Nina Kulagina en relation avec la production du phénomène incluent :

  • L’augmentation du rythme cardiaque, parfois jusqu’à 240 battements à la minute, le phénomène pouvant néanmoins se produire sans accélération notable du rythme cardiaque.
  • Une perte de poids pouvant atteindre deux kilos en une séance (en deux heures). Le mari de Nina Kulagina a constaté une perte de 800 grammes au bout d’une heure, et Zdenek Rejdak de 800 à 1000 grammes au bout de trente minutes. Ceci est inexplicable, car cela ne pourrait se produire en un si bref laps de temps qu’après un travail physique exténuant et une perte massive d’urine. Et il n’y a, bien sûr, trace ni de l’un, ni de l’autre.
  • Une fatigue, un épuisement extrême (après certaines séances).
  • Une augmentation du taux de sucre sanguin.
  • Des douleurs dans les pieds et les jambes, dans la partie supérieure de la colonne vertébrale et dans la nuque.
  • Une soif.
  • Une perte de sommeil.

On croit savoir que les modifications de l’EEG étaient « exceptionnellement amples ».

Entre 1978 et 1984, Nina Kulagina fut étudiée à l’Institut de mécanique de précision et d’optique de Leningrad, à l’Institut de recherche en radio-ingénierie et en électronique de Moscou, et à l’École supérieure Baumann de technologie, à Moscou.

Autres médiums russes à effets physiques : Alla Vinogradova, Boris Ermolaev, Elvira Schevchik et Ivan Dekhtiar.

Evoquons brièvement, aussi, la SORRAT (Society for Research on Rapport and Telekinesis), de Rolla (Missouri), laquelle a été fondée en 1961 par John G. Neihardt, professeur de littérature anglaise à l’Université de Columbia. John Neihardt (1881-1973) avait pour ami un chaman de la tribu des Sioux Oglalas, « Original noir », qui initia l’universitaire à des états de conscience particuliers… Pendant de nombreuses années, un groupe de personnes s’est réuni tous les vendredis soir, au domicile du professeur, à Skyrim Farm (Missouri), le but recherché étant la production de phénomènes de psychokinèse. Le médium Joseph Mangini entrait en transe profonde, possédé, disait-il, par « l’Esprit » d’Original noir, le chaman. Il produisait alors divers effets PK : déplacement d’objets, coups frappés

Dès 1965, les membres de la SORRAT contrôlaient suffisamment les énergies PK émises pour soulever des tables, déplacer divers bibelots, etc. Les travaux de la SORRAT ont été reproduits par le parapsychologue anglais Julian Isaacs et son équipe de l’Aston University de Birmingham. Julian Isaacs recruta des sujets dans les milieux spirites, des « médiums spontanés » s’étant joints à eux à la suite d’une série de conférences de l’instigateur du programme « minilab » britannique en mai 1980. Il s’agissait principalement de jeunes gens ayant constaté autour d’eux des phénomènes de téléportation d’objets divers, de « raps », etc.

Photographie psychique, téléportation et matérialisation d’objets :

On désigne, par l’expression psychophotographie, l’action de l’esprit sur une plaque photographique. Quelques rares sujets psi ont été capables d’imprimer des images, par concentration mentale, sur une pellicule photographique, les plus connus ayant été, ces dernières décennies, l’Américain Ted Serios (étudié par Jule Eisenbud) – 1918-2006 – et le Japonais Masuaki Kiyota.

Dans l’entourage de divers sujets PK, on a noté des phénomènes d’apparition/disparition d’objets (phénomène d/r). Les cas d’apports et les phénomènes D/R correspondent à des phénomènes de téléportation. Il s’agit donc du transfert d’un objet d’un endroit à un autre.

N’oublions pas le Chinois Zhang Bao-sheng, dont la spécialité était de déplacer et de faire sortir, de récipients fermés, de petits objets et même des insectes vivants. En 1987, le Département du Vol Spatial décerna son prix de la recherche scientifique (deuxième classe) à l’équipe de l’IIMS (Institut d’ingénierie médico-spatiale de Beijing) pour un film montrant les expériences effectuées avec Zhang. Les chercheurs de l’IIMS ont filmé le déplacement d’une pilule hors d’un flacon de verre scellé. Trois images de ce film montrent parfaitement le mouvement de la pilule pénétrant la paroi de verre, au milieu de celle-ci, puis en sortant. La pilule met environ 1/130ème de seconde pour sortir du flacon, ce qui explique pourquoi les observateurs n’ont jamais pu assister à la sortie des objets. Pour eux, l’objet se trouve à l’intérieur et, l’instant suivant, à l’extérieur. Le numéro de juillet 1991 du Chinese Journal of Somatic Science contient un article traitant des nouvelles expériences entreprises par Zhang et l’équipe de l’IIMS. Il y a des photos (extraites d’un film pris avec une caméra tournant à la vitesse de 400 images par seconde) où l’on voit une pilule sortant d’un flacon tenu par Zhang. Les signataires de l’article sont Song Kongzhi, Lan Rongliang, Li Xianggao et Zhou Liangzhong.

Dans les séances du médium allemand Kai Muegge, il se produit souvent ce qui est présenté comme étant des apparitions d’objets.

Le phénomène de la matérialisation d’objets est quelque peu différent, même si l’on se doute que les lois régissant les deux phénomènes : apparition/disparition d’objets d’une part, et matérialisation d’objets d’autre part, doivent impliquer, au moins en partie, les mêmes lois sous-jacentes. On peut parler, dans le cas de la matérialisation, d’une apparente création de matière ex nihilo… Parmi les pouvoirs attribués au Christ, il y a celui de la matérialisation, les exemples les plus connus étant la transformation de l’eau en vin et la multiplication des pains et poissons. A notre époque, certains swamis hindous (comme ce fut le cas de Sathya Sai Baba et Swami Premananda, tous deux décédés en 2011) ont aussi été capables de matérialiser toutes sortes d’objets, à l’instar de Jésus il y a 2000 ans. Je consacre, sur le présent site Web (dans la même rubrique « Phénomènes paranormaux »), deux longs textes à ces deux « Avatars » indiens, lesquels ont bien sûr été l’objet d’accusations, comme tout personnage de cette envergure. Sai Baba manifestait de nombreuses siddhis, parmi lesquelles la téléportation d’objets, ainsi que la matérialisation d’objets et de cendre sacrée (vibhûti).

Comment expliquer ce type de miracles ? Baird T. Spalding (décédé en 1953) a fait référence, dans son livre « La Vie des Maîtres » (publié en français dans les années 1970 aux éditions Robert Laffont dans la collection « Les Portes de l’Étrange »), à une substance universelle dans laquelle il est possible de puiser pour créer ce que l’on veut. L’auteur prétendait avoir rencontré en Orient des Maîtres possédant des pouvoirs extraordinaires, dont celui de matérialiser ce qu’ils désiraient. Cependant, ce livre est controversé. (L’auteur n’aurait pas réellement fait les voyages qu’il relatait.) Selon David Bruton (1954), le biographe de Baird T. Spalding, qui aurait bien connu ce dernier dans les trois dernières années de sa vie, « Spalding n’était à peu près rien de ce qu’il prétendait être ». Il aurait menti sur son âge, et en fait de connaissance de l’Orient, il n’aurait fait qu’un bref voyage en Inde en 1935.

Néanmoins, j’ai eu connaissance, au début des années 1970, alors que je suivais un « cours d’occultisme » par correspondance, de la notion d’Archétypes de la Création, une notion qui rejoint en fait celles de « pré-formes » (notion que l’on trouve dans le récit de Daniel Meurois à propos de la vie de Jésus) et de substance universelle. Ce sont ces Archétypes qui sont à l’origine de la possibilité de matérialiser des objets : on visualise l’objet désiré et celui-ci se densifie, passant de la forme éthérique à la forme dense. Il apparaît évident que ce « prodige » ne peut se produire que si certains centres psychiques (chakras) sont développés…

L’occultiste Max Heindel (1865-1919) – son vrai nom était Carl Louis von Grasshoff ou Carl Louis Fredrik Grasshoff -, dont l’œuvre « rosicrucienne » est d’inspiration théosophique et anthroposophique, a divisé ce qu’il appelait le Monde de la Pensée (le Plan mental ou Monde mental des théosophes), de fréquence vibratoire plus élevée que le Monde du Désir (l’équivalent du Monde Astral), en deux parties : la Région de la Pensée Concrète (comprenant les quatre subdivisions les plus « denses ») et la Région de la Pensée Abstraite (comprenant les trois subdivisions les plus « subtiles »). C’est dans la Région de la Pensée Concrète, et plus précisément dans ladite « Région Continentale » (la subdivision la plus « basse »), que se trouvent les archétypes des formes physiques, à quelque règne que ces dernières appartiennent.

L’effet Geller :

Dans les années 1970 est apparue une nouvelle modalité de la psychokinèse incarnée par Uri Geller, un jeune Israélien qui disait avoir des capacités psi telles que le pliage sans effort mécanique d’ustensiles métalliques, la remise en marche de montres et la captation télépathique de dessins. Comme cela se produit toujours (depuis le dix-neuvième siècle en Occident) dès qu’un « psychic » ou sujet psi acquiert une certaine notoriété, il a été au centre d’une vaste polémique, ses nombreux opposants (illusionnistes, journalistes et scientifiques) criant au charlatanisme et à de simples tours d’illusionniste. Le fait qu’Uri Geller ait participé à quelques tests scientifiques, au début des années 1970, et que quelques illusionnistes ont reconnu que ce qu’ils avaient observé ne relevait pas de leur discipline, n’a rien changé à la donne. Ses virulents opposants illusionnistes (dits « magiciens ») l’ont médiatiquement « crucifié » à coup de pseudo démonstrations de démystification, en travaillant dans les conditions dans lesquelles opère un illusionniste (c’est-à-dire sans conditions de contrôle) et/ou avec leur propre matériel, et ils ont été imités en cela par certains scientistes opposés à l’existence du psi ou « paranormal ». Le résultat est qu’Internet est rempli de sites, de vidéos YouTube, dénonçant les prétendus « trucs » de l’Israélien. Tout cela ne peut que paraître démonstratif aux spectateurs et lecteurs de ces prétendues démystifications : des spécialistes des truquages « prouvant » qu’il n’y a là que des truquages ; que demander de plus ?

Les illusionnistes sont en effet forts pour « reproduire » les phénomènes psi avec leurs techniques et truquages, mais leurs démonstrations ne valent scientifiquement rien du tout. Ils utilisent leur qualité « d’experts en truquages » pour impressionner les gens lambda, y compris les scientifiques, pour faire de pseudo-démystifications qui, en réalité, ne valent rien. Ce qu’il faut, c’est les contraindre à se faire tester dans les mêmes conditions et en même temps que les sujets PK, dans le cadre d’expériences contrôlées selon un protocole défini (avec une fouille, des objets apportés de l’extérieur, etc.), ce n’est pas de passer sur un plateau de télévision ou sur scène pour impressionner et convaincre les individus qui ne demandent qu’à être convaincus.

Il m’est impossible de développer, dans le cadre de ce texte, les polémiques associées à l’effet Geller, pas plus que je ne peux développer la vie d’Uri Geller (né le 20 décembre 1946 à Tel-Aviv en Israël) jusqu’à nos jours. Je renvoie à ce sujet à mon livre paru en juillet 2022 chez JMG éditions : « L’effet Geller », tome II de ma trilogie sur la psychokinèse.

Les détracteurs du dossier Geller méconnaissent l’historique de l’effet Geller et sous-estiment le caractère probant de divers éléments : les témoignages de personnes ayant constaté, dans leur entourage, des torsions d’objets métalliques à la suite d’émissions télévisées ou radiodiffusées, les témoignages positifs de certains illusionnistes, les « séances PK », l’étude de sujets présentant les mêmes capacités qu’Uri Geller.

Durant l’été 1974, Uri Geller se rendit en Afrique du Sud et donna des conférences, accompagnées de démonstrations, à Johannesburg, Pretoria, Durban, Cape Town et Port Elizabeth. Il passa quatre fois à la radio mais ne fit qu’une seule fois appel aux auditeurs afin que ceux-ci tentent de produire des phénomènes psi et téléphonent leurs résultats au studio. Lors de cette tournée et même après, de nombreuses personnes ont réalisé les mêmes exploits que Geller. Par l’intermédiaire de la presse et de la radio, Alan Price a lancé un appel à la population afin que fût communiqué à l’Institut tout phénomène pouvant avoir un rapport avec la venue de Geller dans le pays. Les appels téléphoniques provenaient de toutes les régions du pays et le standard du studio avait été complètement saturé. Il s’est produit la même chose dans d’autres pays comme l’Allemagne, l’Angleterre et la France, lorsque Geller a participé à des émissions radiophoniques (et – j’ajoute – télévisées).

Le radiologue E. Alan Price (auparavant interne de l’hôpital général de Johannesburg), qui a été directeur des recherches de l’Institut sud-africain de parapsychologie, distribua des circulaires lors des démonstrations d’Uri Geller afin que les gens rapportent les expériences qu’ils pourraient avoir durant (ou après) la démonstration. On s’est aussi procuré un enregistrement des rapports effectués au téléphone par des personnes ayant assisté à des phénomènes étranges après la diffusion des émissions sur Geller. La plupart de ces personnes donnèrent leurs noms et leurs adresses.

137 cas sérieux ont été répertoriés, ce qui ne représente sans doute pas plus de 10% des phénomènes qui se sont produits dans le pays. Un questionnaire a été adressé à ces 137 personnes ayant rapporté des phénomènes psi. 85% d’entre elles ont répondu à ce questionnaire. Ces rapports peuvent être divisés en deux groupes : le premier groupe concerne les phénomènes observés en présence de Geller, alors que le second groupe concerne les manifestations de l’effet Geller chez certaines personnes, en l’absence de Geller.

Divers rapports montrent que des enfants et adolescents étaient capables de tordre le métal et de « réparer » des montres comme Geller.

Plusieurs articles ont paru à propos d’un enfant âgé de 7 ans, Derek W., capable de déformer le métal comme Geller : le 26 et le 29 juillet 1974 dans le Natal Daily News, et le 30 juillet 1974 dans le Natal Mercury. Dans une lettre, sa mère affirmait que Derek continuait à tordre le métal depuis qu’il avait écouté Geller à la radio (le 25 juillet 1974). Il l’avait vu aussi sur scène.

Il existe bien d’autres cas, dont les témoignages ont été recueillis dans différents pays, attestant cette réalité. Contentons-nous de donner ici le témoignage d’un médecin dentiste suisse, le docteur André Egger. Cela se passa le 21 janvier 1974 dans l’appartement d’un ami, Hans-Peter Studer, lors de la diffusion d’une émission consacrée à Uri Geller par la télévision suisse allemande.

« Notre regard se porta subitement sur les trois petites cuillères déposées sur la petite table qui nous séparait. Nous poussâmes tous les deux une exclamation d’étonnement. La cuillère du centre s’était soulevée sur ses extrémités opposées et était pliée presque à angle droit. » (A. Egger)

A noter que l’émission était en différé, l’enregistrement ayant eu lieu la veille, le 20 janvier 1974. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi la multitude de cas répertoriés dans différents pays. Si ce type de prestation télévisée se reproduisait de nos jours, nous aurions autant de témoignages relatant des phénomènes de cette nature. Il n’est pas douteux qu’il existe toujours autant de personnes possédant, à l’état potentiel et à des degrés variés, le même type de capacité psi qu’Uri Geller.

Les tests scientifiques avec Uri Geller :

C’est en août 1971 qu’Andrija Puharich arriva en Israël. Il fut suffisamment impressionné par ce qu’il vit de Geller en Israël pour lui arranger un voyage aux États-Unis, notamment avec le soutien de l’astronaute Edgar Mitchell, afin qu’il subisse dans ce pays des tests scientifiques.

Les expériences les plus complètes furent effectuées au Stanford Research Institute (SRI), où Geller passa, fin 1972, plusieurs semaines avec les physiciens Harold Puthoff et Russell Targ. Il y revint pour huit jours en août 1973. Certains tests réalisés ont été filmés et les résultats ont été présentés dans la revue scientifique « Nature », un récit détaillé se trouvant aussi dans « Mind-Reach » (1977), le livre de Targ et Puthoff, ainsi que dans celui de John Wilhelm, « The Search for Superman ».

C’est en 1972 que le docteur Wilbur Franklin, directeur du département de physique de la Kent State University (Ohio), effectua les premières études scientifiques des facultés psychokinétiques de Geller.

En octobre 1973, des recherches furent menées au Naval Surface Weapons Center (Maryland) par Eldon Byrd, physicien de l’U.S. Navy. Ses conclusions furent hautement positives, son rapport ayant été ratifié par le ministère de la Défense. Plus tard, Byrd apprit à plier psychiquement le métal et entreprit de l’enseigner à d’autres.

En 1974, Uri Geller participa à diverses expériences. Parmi les chercheurs qui aboutirent à des conclusions positives, il y eut :

– Le docteur Thomas P. Coohill, professeur de physique à la Western Kentucky University.

– Le professeur A. R. G. Owen, qui devint plus tard directeur du département de mathématiques de l’Université de Toronto.

– Le professeur John B. Hasted, patron du département de physique de Birckbeck College, de l’Université de Londres, où Uri Geller fit trois séjours au cours de l’année.

– Le physicien Ronald S. Hawke, chercheur au Lawrence Livermore Laboratory, en Californie.

Il y eut aussi John G. Taylor, du King’s College de Londres, mais celui-ci devait par la suite retirer ses conclusions positives.

En juillet-août 1974, Uri Geller partit en tournée en Afrique du Sud, où il fit de nombreuses apparitions publiques et participa à quatre émissions de radio. Le docteur E. Alan Price, ancien radiologue de l’Hôpital général de Johannesburg, répertoria 137 cas d’effet Geller dans la population, et il rédigea un rapport détaillé, sa conclusion étant que « les preuves sont suffisantes pour avancer que l’ Effet Geller existe bel et bien ».

En 1974 et 1975, il fut mis à l’épreuve par quatre illusionnistes qui conclurent à la réalité de ses facultés.

En 1975, il fut examiné par le docteur Thelma Moss, psychologue de l’University College de Los Angeles, et par Albert Ducrocq, des Laboratoires de Télémétrie de l’INSERM, à l’hôpital Foch de Suresnes.

Les résultats de ces recherches ont été compilés et publiés par Charles Panati, sous le titre « The Geller Papers ». Ce physicien réputé de Columbia University est l’auteur de manuels et d’ouvrages de vulgarisation, et il a écrit un temps des articles scientifiques dans le magazine « Newsweek ». (1)

Dans les années 1970, Uri Geller a été examiné par 16 laboratoires dans 8 pays différents.

Geller et les illusionnistes :

On a beaucoup parlé, dans les grands médias, des illusionnistes (les plus connus ayant été Randi – décédé en octobre 2020 – et Majax) ayant taxé Geller de charlatan, mais quasiment rien n’a été dit à propos des quelques illusionnistes ayant cautionné l’effet Geller. Quatre illusionnistes, qui ont travaillé avec Geller, ont en effet observé des faits inexplicables. De nombreux téléspectateurs ont été habitués à voir certains illusionnistes « démystifier » la « torsion des cuillères » (et la télépathie) en reproduisant les performances d’Uri Geller (et autres sujets PK). Tout cela semble parfaitement convaincant, et les gens sont convaincus qu’il n’y a là que des fadaises. Les grands médias, la presse rationaliste et Internet (Wikipédia, etc.) n’ont pas manqué et ne manquent pas de « rappeler » que les illusionnistes James Randi et Gérard Majax ont « démystifié » Uri Geller en reproduisant ses « exploits » grâce à leur art. Les deux « magiciens » ont ainsi réussi à faire passer pour un escroc intégral, aux yeux du public, quelqu’un qui, assurément, ne le mérite pas, comme on peut le voir à la lecture de ma trilogie consacrée à la psychokinèse. Ce que tous ces spécialistes du dénigrement ignorent ou passent sous silence, c’est que quelques illusionnistes ont favorablement témoigné en faveur d’Uri Geller (et de Jean-Pierre Girard). Les témoignages de ces quelques illusionnistes ne sont jamais évoqués par les spécialistes du dénigrement systématique – et il est arrivé que ces illusionnistes aient été critiqués par des confrères. (Ainsi, par exemple, dans le cas de Girard, Majax s’en est pris à Ranky et Sanlaville.)

Le premier illusionniste à entreprendre un examen sérieux d’Uri Geller était un Danois du nom de Leo Leslie, dont le livre « Uri Geller : Fup eller Fakta ? » (Fraude ou Réalité ?) parut en 1974. Ce livre n’a pas reçu toute l’attention qu’il méritait, en partie parce qu’il n’a jamais été traduit en anglais, mais aussi, selon Guy L. Playfair, « en raison de la fermeté des conclusions de l’auteur ».

Leslie et ses collaborateurs ont conclu que les capacités télékinésiques et télépathiques de Geller leur ont semblé « raisonnablement véridiques ». Après une longue analyse des méthodes que Geller aurait pu utiliser, Leslie conclut : « Il n’avait pas la moindre possibilité de tricher. » Leslie prit les coordonnées de certains des téléspectateurs qui avaient appelé la chaîne et passa plusieurs jours à contrôler les affirmations de ces derniers. Après avoir rendu visite à quelques-uns, il vérifia que certains étaient capables, comme Geller, de tordre le métal ou de recevoir des messages télépathiques. En outre, son propre fils vint lui dire qu’il pouvait aussi tordre des cuillers à café ! Quand le gamin eut convaincu le père, ce dernier appela un ami illusionniste pour lui demander d’apporter son compteur Geiger. Même si le fils ne put reproduire son exploit en présence du nouveau venu, le compteur a cependant réagi pendant qu’il caressait la cuiller. Aucun des deux illusionnistes ne fut capable d’en faire autant. Après un total de 16 rencontres avec Uri Geller et un examen approfondi des prestations de ce dernier, Leo Leslie prononça son verdict définitif :

« Je dois souligner que rien de ce que j’ai vu et entendu au cours de mon enquête sur Uri Geller n’a pu ébranler ma conviction initiale, selon laquelle il dispose bel et bien de pouvoirs psychiques. »

Guy L. Playfair a noté avec justesse que si Leo Leslie avait abouti à des conclusions négatives, « il eût sans doute été largement repris et cité ».

« Quatre ans plus tard, The Times’ publia la lettre d’un certain docteur John Worrall, qui prétendait que les facultés d’Uri Geller n’avaient jamais été mises à l’épreuve par un illusionniste professionnel. A l’époque, les découvertes de quatre d’entre eux – Leslie, William E. Cox, Abb Dickson et Arthur Zorka – avaient déjà été publiées. » (G. L. Playfair) (2)

On lit, dans le livre de Charles Panati, que Leo Leslie, qui vivait à Copenhague, est considéré comme l’un des plus grands spécialistes scandinaves de l’histoire de l’illusionnisme. Il a été le cofondateur du Magic Ring – une société d’illusionnistes – et le rédacteur en chef de « Cyprianus », revue danoise pour illusionnistes professionnels.

William E. Cox était membre associé de la Société des Magiciens américains. Il a décrit une expérience avec Uri Geller pour laquelle il avait bloqué sa propre montre à double fond en glissant dans ses rouages une feuille d’aluminium. La montre se remit en marche peu après que Geller l’eut touchée. Cox découvrit, en l’ouvrant, que la feuille d’aluminium et le bras régulateur avaient changé de position. Il était hors de question que Geller ait pu toucher l’un ou l’autre.

Artur Zorka, qui était président du Comité d’investigation occulte de la Société des Magiciens d’Atlanta, a envoyé à ses pairs un rapport certifiant qu’Abb Dickson et lui avaient pu mettre Uri Geller à l’épreuve dans des conditions qu’ils avaient déterminées eux-mêmes, en l’absence de tierce personne.

 

« Bien que nous puissions, en tant qu’illusionnistes, obtenir des résultats semblables par des moyens connus de nous seuls, dans des conditions appropriées… nous devons affirmer, en nous fondant sur nos connaissances actuelles, qu’aucun truquage n’a pu être utilisé dans les conditions auxquelles Geller était soumis. » (A. Zorka)

 La vieille Cadillac de Geller avec ses centaines d’ustensiles métalliques, alors qu’il habitait du côté de Londres.

– J’ai lu, sur la page du « zététicien wikipédien » (dissimulé derrière son anonymat) s’exprimant sur la page consacrée à Gérard Majax, qu’Uri Geller a, en 2008, reconnu (interview pour « Magische Welt ») qu’il était un simple prestidigitateur ! Pourquoi, alors, Uri Geller a-t-il toujours continué (voir son site Web et ses pages Facebook et X) à se présenter comme un psychic et non comme un prestidigitateur ? C’est une question qui n’a pas effleuré l’esprit de cet individu. En réalité, voici ce qu’Uri Geller avait dit (sur le lien donné – skepticsplay.blogspot.it – par l’auteur anonyme de Wikipédia) :

« I’ll no longer say that I have supernatural powers. I am en entertainer. I want to do a good show. My entire character has changed. »

Ceux qui comprennent l’anglais comprennent qu’il n’a pas dit qu’il était un prestidigitateur, mais qu’il a dit qu’il ne dit plus qu’il a des « pouvoirs surnaturels », que c’est un artiste, qu’il veut faire un bon « show », que son personnage a changé. C’était, je le précise, à l’époque (dans les années 2000) où il présentait des shows télévisés mettant en scène des personnes faisant du mentalisme, etc. Je note pour ma part que « capacités psychiques » et « pouvoirs surnaturels », c’est différent… De plus, à la fin (Update) du texte référencé par le « wikipédien » on lit que l’interview avec « Magische Welt » date de novembre 2007 et que Geller a encore affirmé, le 13 janvier 2008, avoir des facultés télépathiques. Ce qui est pathétique et inadmissible, c’est que le lien, sur Google, relatif à « Gérard MajaxWikipédia », met en exergue cette allégation erronée : « En 2008, Uri Geller a admis lors d’une interview pour Magische Welt’ être un simple prestidigitateur. » A noter qu’on lit, sur la page française de Wikipédia à propos d’Uri Geller, la même chose que sur celle consacrée à Gérard Majax : la mention de l’émission de Polac, le prétendu aveu de prestidigitation de Geller ! Preuve que c’est le même individu anonyme (ou un copieur !) qui a rédigé le petit texte inepte concernant les deux personnes ! La contrevérité selon laquelle Geller a reconnu n’être qu’un illusionniste se retrouve (l’individu anonyme s’est manifestement référé à l’affirmation erronée trouvée sur les deux pages Wikipédia que je dénonce) dans un très court texte sur le Web (surnaturbex.com), consacré à la télékinésie.

Jean-Pierre Girard :

Jean-Pierre Girard, qui a été le sujet de nombreuses expériences scientifiques, a publié son premier livre en 1981 : « L’effet G » (éditions Robert Laffont, 1981), ce livre ayant été préfacé par John B. Hasted, alors professeur de physique au Birkbeck College, Université de Londres. John B. Hasted est connu pour avoir rédigé un livre publié également en 1981 : « The MetalBenders » (Routledge and Kegan Paul). Je m’étais procuré ces deux livres à cette époque, alors que j’étais étudiant en psychologie à l’Université de Bordeaux II.

Né à Loches (Indre-et-Loire) le 22 décembre 1942, Jean-Pierre Girard a été abandonné par ses parents. Vers l’âge de 18 mois, il a été confié (à l’Assistance publique) à Augustine et Pierre Gardereau, dans un petit village de Touraine.

Un jour d’orage, la foudre est tombée sur l’arbre (un noyer) sous lequel il s’était réfugié. Il a été comme assommé et il a perdu connaissance. Cela a peut-être son importance, dit-il, car les phénomènes de télépathie sont apparus à peu près à cette période-là. En outre, d’autre sujets psi ont aussi été frappés par la foudre durant leur enfance.

Jean-Pierre avait comme but de pouvoir arriver un jour à maîtriser suffisamment le phénomène de psychokinèse pour pouvoir le produire en présence de témoins. En 1974, il ne pouvait toujours pas produire de phénomène devant des tiers, et il avait même complètement banni l’idée de réussir à l’exprimer même devant ses amis. Puis il a lu plusieurs articles sur un jeune Israélien qui semblait avoir des capacités « paraphysiques » similaires aux siennes et qui n’avait, lui, aucun problème pour les exprimer en public. Il pensa que c’était trop beau pour être vrai. Puis, en novembre 1974, Uri Geller est venu en France, et Jean-Pierre Girard a pu le voir dans une émission télévisée. Le passage d’Uri Geller à la télévision a définitivement levé les inhibitions de Jean-Pierre Girard. Au bout d’un certain temps, il s’est rendu compte que les expériences de « salons » ne pouvaient déboucher sur rien, que réaliser des effets psi entre le dessert et le café « ne faisait en réalité que semer davantage le doute dans les esprits, en mettant les gens dans l’impossibilité de savoir s’ils avaient affaire à des expériences réelles ou à de simples trucs d’illusionnisme ».

Il commença à fréquenter le « Tout Paris », avait des interviews à la radio et à la télévision, et des articles paraissaient sur lui. Trois personnes lui ont permis de comprendre l’impérieuse nécessité de sortir des cercles mondains : Daniel Garric (grand reporter à l’hebdomadaire « Le Point »), François de Closets (chroniqueur scientifique bien connu), Edouard Bourreau (directeur de la revue médicale « Le Généraliste »).

Lors d’une émission de France-Culture sur la parapsychologie, à laquelle participait le professeur William Wolkowski, ce dernier s’était adressé aux auditeurs en leur disant : « Si vous connaissez des sujets psi, faites-les moi connaître. » Une psychanalyste, Madame Durousseau, qui avait assisté à des expériences chez des amis, a téléphoné pour témoigner des phénomènes qu’elle avait vus. William Wolkowski était docteur ès-sciences et enseignant à Pierre et Marie Curie. C’est avec lui qu’ont été faites les premières expériences dans des tubes de verre scellés. Il a invité certains de ses confrères, et notamment le physicien nucléaire Michel Troublé et l’ingénieur chimiste Raymond Viletange. Les expérimentations faites dépassaient le cadre des simples pliages de métaux, comme des plaques de cristaux liquides qui ont la propriété particulière de changer de couleur selon la température. Jean-Pierre Girard se trouvait parfois jusqu’à une distance de l’ordre de 2 ou 3 mètres. Il a fait varier un thermomètre à cristaux liquides. Quand il tournait la tête, la température redescendait. Il a réussi à faire monter la température jusqu’à 47°.

William Wolkowski a été le premier à proposer à Jean-Pierre Girard un tube scellé avec un clou à l’intérieur. C’est le 10 octobre 1975 que William Wolkowski, maître de conférences à l’Université de Paris, a été interviewé dans une émission de France-Culture au sujet d’un récent symposium « parascience » sur les phénomènes psychocinétiques auquel il avait participé en septembre à la City University de Londres. Le 12 octobre 1975, lui et ses collègues Michel Troublé et Raymond Viletange ont observé le pliage de solides barres métalliques préparées pour l’occasion (20 à 40 centimètres de long, section circulaire d’environ 1 centimètre). William Wolkowski décida d’inviter à Paris des collègues dont il connaissant l’intérêt pour la psychokinèse : le mathématicien (au King’s College, à l’Université de Londres) John Taylor, le physicien Richard Mattuck (à l’Institut Orsted, à l’Université de Copenhague), le physicien Georges Wikmann (à l’Université de Göteborg en Suède), le biophysicien Casimir Bogdanski, le métallurgiste Charles Crussard (directeur scientifique de Péchiney), Raymond Viletange. John Taylor avait étudié des effets PK chez des enfants anglais et Richard Mattuck avait étudié des effets PK chez un sujet danois. Dans son compte rendu d’expériences (publié dans « L’effet G », éditions Robert Laffont), William Wolkowski a précisé que cette séance a été enregistrée :

– On y voit Jean-Pierre Girard pliant des barres de métal apportées par les physiciens, notamment un alliage d’aluminium employé dans la fabrication du Concorde et fourni par Charles Crussard.

– On a aussi filmé l’effet produit sur l’aiguille d’une boussole. Cette aiguille a été déviée d’un angle de 20 à 30°. Jean-Pierre Girard n’avait pas bougé.

– A une distance d’1 mètre 50, il a provoqué, sur un thermomètre à cristaux liquides (bande plastique renfermant divers cristaux), une déviation apparente de la température de 22 à 26°. Lorsqu’il détourna les yeux, la température revint à 22° C.

– Sur une plaque de cristaux liquides de cholesteryl fabriquée par Edmund Scientific, il fit apparaître sur la feuille, à une distance d’environ 2 mètres, une tache claire d’environ 2 centimètres de diamètre. La tache, qui correspond à une élévation de température, resta visible quelques minutes et disparut en quelques secondes lorsque Jean-Pierre Girard détourna son regard.

A la fin d’octobre 1975, William Wolkowski avait été témoin à trois reprises de déplacements d’objets à distance provoqués par Jean-Pierre Girard. Ce dernier était assis sur le sol, jambes écartées, demandant que des stylos et autres objets allongés, de métal ou de plastique, soient placés devant lui. Les bras croisés sur la poitrine, il provoquait, pendant 15 à 20 minutes, des rotations et translations de ces objets. Dans la soirée du 26 octobre, en présence notamment de G. Wickmann et R. Viletange, les objets allongés et cylindriques (stylos, métal et plastiques) étaient disposés sur une feuille de papier millimétré de 30 x 40 centimètres. L’expérience, filmée, dura environ 30 minutes. On vérifia l’absence de fils très fins, de ficelles, etc. Les bras croisés sur la poitrine et après quelques minutes de concentration, Jean-Pierre Girard provoqua le déplacement, vers lui, d’un stylo. Le mouvement se produisit par translations, jusqu’à 1 centimètre à la fois. Tous les mouvements se produisirent dans sa direction et impliquèrent jusqu’à trois objets simultanément, placés en différents endroits sur le papier.

Dans la seconde série d’expériences, on demanda à Jean-Pierre Girard de se servir de ses mains placées à 10-20 centimètres au-dessus des objets sur le papier. En plaçant les mains de part et d’autre au-dessus d’un objet, le déplacement provoqué était beaucoup plus considérable, jusqu’à 5 centimètres à la fois. Dans les dernières minutes de l’expérience, avec la même position des mains, Jean-Pierre Girard « déclencha un effet apparemment antigravitationnel, produisant un flottement partiel de deux stylos, quelques centimètres au-dessus de la surface du papier ». (1)

Deux fois dans sa vie, le physicien Olivier Costa de Beauregard (1911-2007) a pu voir un sujet psi courber de manière « paranormale » des pièces de métal impossibles à plier sans un effort intense et parfaitement visible, la première fois avec Jean-Pierre Girard et la seconde fois avec Greta Woodrew. Il s’agissait dans les deux cas de réunions « informelles » et « décontractées », mais, les deux fois, les courbures permanentes ont été produites à une cinquantaine de centimètres du physicien, « et dans des contextes rendant la fraude archi-invraisemblable ».

Le 16 mars 1976, chez Yvonne Duplessis, membre de l’Institut Métapsychique International, était présent Robert Tocquet, qui a été professeur à l’École de chimie et qui était aussi un illusionniste amateur. Une pièce de fonderie en métal a été déformée. Robert Tocquet et son épouse, ainsi qu’Yvonne Duplessis, ont aussi plié des barres. Un compte rendu de l’expérience (par Yvonne Duplessis, avec la collaboration de Robert Tocquet), publié dans la « Revue métapsychique », se trouve aussi dans le premier livre (« L’effet G ») de Jean-Pierre Girard.

Étude dans la Revue de métallurgie :

Le 29 septembre 1976, lors d’une réunion au C. T. A. L., étaient présents Louis Leprince-Ringuet (1901-2000), Trillat, Crussard, Philibert, Rauch, Jollant, de Closets, Kiejman, Annie Bois… L’objectif de cette rencontre était de faire une démonstration probante en présence d’un illusionniste contrôleur, Ranky, qui avait déjà eu l’occasion de tester Jean-Pierre Girard.

On trouve, dans le premier livre de Jean-Pierre Girard : « L’effet G. La science face au psi », l’étude parue dans les « Mémoires scientifiques » de la « Revue de métallurgie » (février 1978), publiée à nouveau dans la revue « La Jaune et la Rouge ». On y trouve des photos, des tableaux et des graphiques que je ne peux pas reproduire ici. Cette étude, que je ne peux pas détailler ici, a été rédigée par Charles Crussard (de Péchiney-Ugine-Kuhlmann, Paris) et Jean Bouvaist (du Centre de recherches aluminium Péchiney, Voreppe). Cet article décrit 8 expériences contrôlées. Ces chercheurs étaient parfaitement au courant de l’inscription de Jean-Pierre Girard à « L’Annuaire des magiciens », une particularité qui a été mise en exergue et avec la délectation que l’on devine (avec photo à l’appui et mention de la spécialité « aberrations perceptives visuelles »), après la publication en février 1978 de l’étude dans « La revue de métallurgie », par la revue « Science et Vie », par l’illusionniste Gérard Majax (grand pourfendeur du paranormal, d’Uri Geller et de Jean-Pierre Girard) dans son livre « Le grand bluff » (1978) et par le zététicien Henri Broch dans son livre « Le paranormal » (Seuil, 1985). Cette prise de connaissance n’a pas empêché les chercheurs ayant expérimenté avec Jean-Pierre Girard de conclure au caractère inexpliqué des effets que ce dernier a produits sous leur contrôle.

Des 150 éprouvettes que Jean-Pierre Girard a déformées ou transformées, il n’y en a qu’une vingtaine pour lesquelles les chercheurs ont pu affirmer le caractère « paranormal » des effets observés. Néanmoins, parmi les essais éliminés, « il y en a très certainement une majorité de valables » car les chercheurs ont « pris un crible trop sévère »

Pour éviter que Jean-Pierre Girard puisse plier subrepticement une éprouvette, les chercheurs ont souvent utilisé des barres d’assez forte section en matériaux variés : surtout aluminium et alliages légers (barres de 250 millimètres de longueur et 7 à 17 millimètres de diamètre), mais aussi cuivre, acier doux, acier inoxydable, magnésium.

Le tabou scientifique :

Dans « La France et ses mensonges » (Denoël), le journaliste François de Closets (né en 1933) a fait le commentaire suivant :

« J’ai eu l’occasion de mettre Charles Crussard (un des plus grands métallurgistes français, directeur de la recherche de Péchiney-Ugine-Kuhlmann) en relation avec Jean-Pierre Girard, un Français qui réalise des expériences encore plus surprenantes que celles de Geller. Pendant plus d’un an, des expérimentations se sont déroulées discrètement en laboratoire. Un certain nombre de scientifiques s’y intéressèrent ou y participèrent. Ils ont mené leurs recherches avec les méthodes les plus modernes, les plus rigoureuses : utilisation de caméras vidéo d’enregistrement, d’échantillons placés sous tubes scellés, de microcapteurs pour enregistrer les contraintes, etc. La plupart d’entre eux m’ont affirmé, en privé, que la réalité du phénomène ne faisait aucun doute à leurs yeux. Mais les uns n’osent pas publier ces résultats, et les autres, qui seraient prêts à le faire, ne trouvent aucune revue scientifique pour accepter une telle publication. Finalement, en 1977, le Pr Philibert, directeur de recherche du laboratoire de métallurgie du C. N. R. S., osa annoncer ces résultats devant les caméras de télévision. Il s’agissait là encore d’un événement. Jamais un scientifique français de ce niveau, ayant effectué des expériences en laboratoire sur ce phénomène, n’avait pris une telle position. Là encore, l’information ne fut reprise par aucun journaliste sérieux et la science officielle ne bougea pas.

2 Girard Page 104 Certes, il existe toujours un risque de fraude, et je ne suis pas loin de penser que tout ‘sujet’, qu’il possède ou non un ‘pouvoir’, en vient à frauder un jour ou l’autre. Mais la science, éventuellement aidée par les conseils d’illusionnistes professionnels, est bien armée pour éliminer toute possibilité de truquage. D’un autre côté, si de tels faits étaient avérés, ils constitueraient peut-être la plus grande découverte scientifique du siècle. A première vue, cela remettrait en cause les lois de la physique, telle du moins que nous l’entendons aujourd’hui. L’intérêt pour la science serait immense. D’où vient donc le désintérêt de scientifiques si curieux dans tous les autres domaines ? Du tabou tout simplement. Ils savent que le simple fait de s’intéresser à ces questions risque de les déconsidérer aux yeux de certains de leurs collègues. Or, un scientifique recherche avant tout la considération de ses pairs. Il n’est donc pas besoin de menacer ou de sanctionner, la simple crainte de cette ‘excommunication scientifique’ est une arme parfaitement dissuasive… Des chercheurs, au terme d’une démarche purement scientifique, ont obtenu un certain nombre de résultats qu’en tout autre domaine ils publieraient, et qu’ici ils gardent cachés, faute de vouloir ou de pouvoir les faire connaître. C’est que la communauté scientifique ignore délibérément des recherches qui, sur n’importe quel autre sujet, la mettraient en émoi. Cette censure fonctionne au sein de ce groupe social en l’absence de toute répression, de toute coercition, par la simple menace d’exclusion… » (2)

Expériences avec Jean Dierkens (1926-2018) :

C’est le 8 janvier 1977 qu’eurent lieu, avec Jean-Pierre Girard, les premières expériences sous électroencéphalographe à l’Université de Mons, en Belgique, avec le professeur Jean Dierkens, qui dirigeait alors un laboratoire de psychologie expérimentale. Le dépouillement a permis de mettre en évidence l’aspect typique des séquences EEG pendant la psyckokinèse.

Il y avait notamment une cage de Faraday (une petite chambre blanche avec un fauteuil), deux caméras vidéos, et des petites éprouvettes raccordées à des fils, destinées à l’analyse des effets à distance. Les barres étaient reliées à des jauges de contrainte. Ces expériences avaient été conçues avec les laboratoires de métallurgie du professeur Bauwens à Bruxelles. Dans l’expérience dite préliminaire, Jean Dierkens voulait faire une analyse sur le plan temporel pour savoir si, au moment où le phénomène de psychokinèse se produisait, il y avait simultanément un signal cérébral… Une géographie particulière de l’EEG a été déterminée, ce qui a permis, par la suite, d’annoncer qu’un effet psi allait se produire.

Le 26 février 1977, Jean-Pierre Girard retourna chez Jean Dierkens. Il se produisit notamment une psychokinèse à distance pendant qu’il pliait une barre.

Il y a eu un EEG typique chez Girard lors des psychocinèses. Lors des PK, les bouffées d’ondes alpha ont été d’amplitude plus élevée à l’électrode pariétale du côté droit. La fréquence était de 10 Hertz, alors que la fréquence cardiaque était de 75 pulsations à la minute. Cette phase était observable quelques secondes avant l’effet lui-même et se prolongeait pendant toute la PK. Le rythme cardiaque a augmenté au moment de l’effet psi. On n’a pas observé d’ondes thêta. Jean Dierkens a donc constaté qu’il y avait un EEG typique chez Jean-Pierre Girard lors des psychocinèses. Le zététicien Henri Broch a déclaré, dans un de ses livres, qu’une dissociation entre les activités du système nerveux central et des paramètres neurovégétatifs peut avoir lieu sans intervention « paranormale », ce qui a pu être constaté chez des parachutistes en chute libre (rythme alpha, accélération des pulsations cardiaques). Précisons cependant que Jean-Pierre Girard ne sautait pas dans le vide mais qu’il était tranquillement assis en train d’essayer de produire une psychocinèse, les modifications de l’activité électrique cérébrale et de l’activité cardiaque étant associées à l’effet PK produit.

Expériences avec le physicien John B. Hasted (1921-2002) :

Le 8 octobre 1977, Jean-Pierre Girard expérimenta chez le professeur John B. Hasted, à Londres. Ce dernier a étudié des enfants qui pliaient le métal.

Jean-Pierre Girard a réalisé à Londres des adoucissements de métaux, en collaboration avec le Centre technique de l’aluminium français.

« Il s’agissait de métal Concorde’, et cela se situait dans le cadre de la collaboration entre les centres anglais Leatherhead’ et français Voreppe’. Les éprouvettes modifiées étaient testées avec d’autres éprouvettes (en aveugle) identiques, ainsi le laboratoire ne pouvait pas savoir quelle était celle qui était durcie. Un durcissement anormal ayant été repéré en Angleterre, les résultats ont été confirmés en France. » (J.-P. Girard)

L’effet G :

Pour Jean-Pierre Girard, le problème de la relation avec l’objet est absolument capital. Parmi divers objets qui se ressemblent, il y en a un avec lequel, à un moment donné, va se nouer une sorte de relation affective. Lorsqu’il y a deux barres strictement identiques, de même composition et de même aspect, il y en a une qui se pliera et pas l’autre.

C’est la main gauche qui passe au-dessus de la barre et qui, apparemment, facilite le pliage.

Jean-Pierre Girard avait tendance à modifier beaucoup plus facilement les barreaux en alliage très résistant que ceux d’un métal plus pur.

Lors qu’il faisait des déplacements d’objets, Jean-Pierre Girard avait une respiration très accélérée et il avait une tachycardie frisant les 200.

« Il est possible que cette hyperventilation pulmonaire soit salvatrice pour le rythme cardiaque et plus particulièrement pour l’oxygénation du myocarde. Le plus curieux, c’est que cette tachycardie et ce rythme respiratoire accéléré sont liés au type de phénomène produit. Ils existent pratiquement toujours lorsqu’il s’agit de télékinésie ou de lévitation, mais pas pour la P. K. avec pliage. » (J.-P. Girard)

Jean-Pierre Girard a noté que, parallèlement au développement de la PK, il semble que certaines de ses facultés extra-sensorielles aient diminué au fil des années.

Plus le contexte est contraignant, plus le temps nécessaire pour produire un effet est long. C’est la raison pour laquelle il lui est parfois arrivé de se concentrer pendant quatre ou cinq heures pour ne produire finalement aucun phénomène, ou d’en produire en fin d’expérience, lorsque la tension générale commençait à se relâcher.

Il reconnaît que dès qu’intervient dans les expériences une notion de jeu, « un petit côté malice, le désir de jouer », l’effet psi a toutes les chances de se produire « de façon très brillante et très rapide ».

Il y a, le soir, un relâchement de la vigilance et une fatigue qui facilitent la production des phénomènes. C’est dans ces conditions-là, précise-t-il, que les plus belles expériences en laboratoire ont été faites.

Les phénomènes produits :

Jean-Pierre Girard a fait le listing suivant des phénomènes qu’il a pu produire en laboratoire :

– Déviation d’aiguille de boussole.

– Pliage de barreaux métalliques.

– Pliage d’éprouvettes métalliques dans des ampoules de verre scellées.

– Allongement d’un barreau métallique.

– Transformations magnétiques localisées sur acier inox 18/8 en tubes scellés (non reproductibles par les moyens de la physique actuelle).

– Adoucissement d’alliage en tube de verre (sans dégagement thermique).

– Action à distance (jusqu’à 4 mètres) sur des plaques de cristaux liquides.

Psychokinèse sur différents appareillages électroniques.

– Déplacement et lévitation d’objets amagnétiques.

– Durcissement anormalement élevé d’alliage léger avec production de structure très particulière (non reproductible par les moyens de la physique contemporaine).

Bio-psychokinèse sur des micro-organismes.

« Les transformations de structure sans déformation (transformation magnétique et durcissement d’alliage) n’ont été à ce jour produites que par moi et ont parfois été qualifiées d’effet Girard. » (J.-P. Girard) (3)

PK et illusionnisme :

Aucun illusionniste, note Jean-Pierre Girard, n’a été capable de reproduire dans les mêmes conditions d’expérimentation les phénomènes qu’il a produits. Ce n’est pas parce qu’on peut singer une chose, ajoute-t-il, qu’elle est pour autant reproduite.

Certains illusionnistes se sont érigés en juges de l’ensemble des phénomènes paranormaux et ont pris des positions extrêmes, « profitant en quelque sorte de l’ouverture exceptionnelle offerte par les médias, leur assurant une audience qu’ils n’avaient plus il y a seulement dix ans ».

« Ce qu’il faut savoir, c’est que la position de ces fanatiques ne peut se justifier auprès du public que si, en tant qu’illusionnistes, ils disent : ‘Il y a un truc.’ Certains d’entre eux, grâce à de tels subterfuges, se trouvent propulsés au ‘hit parade’ des magiciens, non pas pour leurs qualités professionnelles, mais tout simplement parce qu’ils sont soutenus par une cohorte de rationalistes, de scientifiques et de journalistes partisans. 

Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que des scientifiques faisant autorité dans leur domaine, mais ne connaissant rien à la paraphysique, ni à l’illusionnisme d’ailleurs, se permettent simplement parce que le phénomène les dérange, d’appuyer de tout leur poids les arguties sans fondement d’illusionnistes, plutôt que de daigner se pencher sur le dossier de leurs collègues physiciens ayant vraiment étudié la question. Je pense en définitive que le fait de prévoir au cours d’un protocole d’expérimentation la présence systématique d’un illusionniste peut jeter le discrédit sur certaines expériences, car le public en arrive à se persuader que la présence d’un prestidigitateur est toujours nécessaire, sans se rendre compte que dans beaucoup de cas elle est parfaitement inutile. » (J.-P. Girard) (4)

Voici un extrait de l’attestation faite le 19 mai 1976 par André Sanlaville, maître-magicien de l’Ordre des illusionnistes :

« En tant qu’illusionniste, je peux seulement dire que Jean-Pierre Girard n’a utilisé aucun des trucages connus des illusionnistes pour obtenir les torsions que j’ai observées (échange, objet pré-tordu montré sous son arrête non tordue, utilisation d’un accessoire servant de levier, torsion cachée durant un détournement d’attention). »

L’illusionniste William Cox, qui a observé Jean-Pierre Girard, a accordé une interview à madame Hübenthal à la suite d’une émission de la télévision allemande sur les possibilités psi de Jean-Pierre Girard. William Cox a dit que ce qu’il a constaté était une preuve très valable de l’influence de l’esprit exercée sur la matière. Il ne connaissait aucun truc qui aurait pu produire des effets identiques à ceux produits. Ce fut mieux que ce qui lui fut montré par Claus Rahn, un sujet PK allemand. Il n’était pas d’accord avec l’illusionniste allemand Geissler-Werry qui était hostile à la parapsychologie. A l’époque, chaque pays semblait posséder son « magicien » détracteur : David Berglas en Grande-Bretagne, Klingsor en Belgique, Majax en France, Randi aux États-Unis.

Le 29 septembre 1976, au Centre Technique de l’Aluminium (C. T. A. L.), étaient notamment présents le professeur Trillat (alors président de l’Académie des sciences), Louis-Leprince Ringuet (de l’Académie des sciences), le professeur Philibert (directeur de recherches au C. N. R. S.), le professeur Crussard (directeur de recherche à la société Péchiney-Ugine-Kuhlmann), Maître Kiejmann (avocat), Maître Martine Coisne (avocate) et Maître Haroche, l’expert-illusionniste Ranky (président du Comité Illusionniste d’Expertise des Phénomènes Paranormaux), la journaliste Annie Bois, M. Rauch (ingénieur au laboratoire du C. T. A. L.), le journaliste François de Closets… Le physicien métallurgiste Charles Crussard et l’équipe du C. T. A. L. ont présenté à cette occasion leurs premières études, avec la projection de films vidéo montrant les protocoles mis en œuvre et les phénomènes en train de se produire. Le seul illusionniste présent était François Ranky, le seul « magicien » à avoir répondu à l’invitation des scientifiques du 20 mai 1976. « Pourtant, tous les illusionnistes connus pour être des détracteurs notoires ont été choisis en priorité » : David Berglas (Grande-Bretagne), James Randi (U. S. A), Geissler-Werry (R. F. A.)… Cette désaffection de personnes invitées quatre mois à l’avance a beaucoup surpris l’assistance. C’était pourtant pour elles l’occasion rêvée de pouvoir conforter leur opinion, à savoir que Jean-Pierre Girard n’était qu’un de leurs confrères !

« Une brèche dans leurs belles certitudes était-elle apparue ? Ce qui est ensuite très grave, c’est de faire peser, sur les épaules du seul illusionniste qui se soit déplacé, des allusions diffamatoires scandaleuses, allant jusqu’à suggérer une complicité possible entre lui et moi ! » (J.-P. Girard) (5)

Ranky voulut déclencher plus de recherches sérieuses sur le cas Girard. L’occasion se présenta en la personne d’un réalisateur : Richard Rein. La séquence où Jean-Pierre Girard modifie une barre de métal fut diffusée dans de nombreux pays européens, ainsi qu’aux États-Unis, au Canada et au Japon. Cette séquence fut tournée lors de la séance du 4 mars 1977, dans les Studios Data pour les besoins de l’émission de FR3 : « Les paranormaux ». Étaient présents : le journaliste et réalisateur de l’émission Richard Rein, Maître Sochard (l’huissier de Justice), Ranky, une assistante télé, trois techniciens télé.

«  (…) C’est dans ces conditions parfaitement contrôlées que la barre référencée ‘A5B2’ s’est pliée à deux reprises, de façon absolument indiscutable (flèche de 3 cm). Les pliages successifs se sont produits à deux endroits différents, espacés de 4 cm.

Le phénomène était parfaitement visible de bout en bout. Les déformations se produisaient environ pendant 20 secondes à chaque fois. Le diamètre de la barre était de 1,5 cm, ce qui rendait l’expérience impressionnante.

Dès après l’expérience, nous avons de nouveau vérifié cette barre dont nous n’avons pu accentuer le pliage. Comme il était convenu, j’ai gardé le barreau afin de faire confirmer la résistance de l’alliage par un Centre Technique de Métallurgie de Paris. Il s’agit bien d’un alliage dit ‘performant’ de très haute résistance, ne pouvant plier qu’à une force mécanique de 45 Newton-mètre. (Un homme de force moyenne développe avec une clé dynamométrique appropriée 26 Newton-mètre en y mettant toute la force de ses deux bras.) Mr Girard tenait la barre dans sa main droite et passait sa main gauche au-dessus à environ 3 à 4 cm. Parfois, il l’effleurait. Pendant les déformations (voir le film), sa main gauche ne touchait pratiquement pas la barre. Ma place et celle de Maître Sochard permettaient de vérifier si cette barre n’était pas ‘prétordue’.

C’est le premier effet visible que je constate et ma surprise a été totale. » (Ranky)

Le 27 mai 1994, une expérience eut lieu dans le cadre d’Europsi 94, Palais des Expositions, Porte de Versailles, Paris. Les personnes présentes comprenaient : les illusionnistes Ranky, Claude Stavisky et Géraldy, le journaliste Nicolas Maillard, Jean-Pierre Girard et, dans le public, une quarantaine de personnes. On put constater, à cette occasion, la modification de la mémoire d’un matériau appelé Nitinol.

« La conclusion du comité illusionniste des phénomènes paranormaux est sans ambiguïté : la nature des ‘phénomènes’ produits par Jean-Pierre Girard dans le cadre du protocole que nous avons mis en œuvre ne permet pas l’introduction de techniques illusionnistes connues. » (F. Ranky) (6)

Jean-Marie Le Gall :

Jean-Marie Le Gall est l’auteur de : « Contacts avec l’Au-delà. Un médium témoigne » (éditions Lanore, 2006), dont une édition revue et augmentée est parue en 2018. Il relate dans ces deux livres les phénomènes paranormaux qui ont jalonné sa vie : manifestations de clairvoyance et de clairaudience, contacts avec l’Au-delà (écriture automatique avec messages, etc.)… Il s’est engagé dans la voie thérapeutique en tant que magnétiseur-naturopathe et consulte aussi en tant que médium.

En 1974, Jean-Marie Le Gall vit une émission dans laquelle Uri Geller avait demandé aux téléspectateurs d’essayer de faire comme lui. Bien que n’ayant obtenu aucun résultat, un peu plus tard, alors qu’il venait d’éteindre la lumière pour s’endormir, il entendit distinctement une voix lui dire : « Toi aussi, tu feras ce qu’il fait, et, en son temps, tu le rencontreras. »

Début 1983, Jean-Marie Le Gall a été invité au laboratoire du professeur Jean Dierkens (décédé en 2018), à Mons (Belgique). Au programme : expériences de psychokinèse, de magnétisation de l’eau, de psychométrie. Avant la journée d’expériences, il prit connaissance, dans la bibliothèque, du livre de Jean-Pierre Girard : « L’effet G » (éditions Robert Laffont, 1981).

Des électrodes furent mises sur la tête de Jean-Marie. Jean Dierkens présenta à ce dernier une barre qui avait été déjà tordue par le sujet PK Jean-Pierre Girard :

« Je tenais l’objet uniquement de la main gauche, ma main droite étant sur ma poitrine. Je sentis mon pouls et ma respiration s’accélérer très rapidement, signe qu’il allait se produire quelque chose. En effet, la barre devint molle et se plia toute seule, sous l’effet de la pesanteur. Cela dura dix à vingt secondes, au bout desquelles je sentis que j’allais m’évanouir. Mlle DIERKENS me plaça alors quelques aiguilles d’acupuncture et me donna de la nourriture sucrée accompagnée d’un stimulant, l’expérience m’ayant vraiment beaucoup secoué. » (J.-M. Le Gall)

Dans l’édition de 2018, il fait ce commentaire :

« Je la pris délicatement. C’était pour moi une vraie relique ! Curieusement, à ce moment précis, se firent entendre des craquements dans toute la pièce. Je pris la barre à son extrémité, dans la main gauche. Puis je caressais délicatement sa surface avec la main droite. Je visualisais la torsion de cette barre dans mon esprit, j’en eus l’intime conviction. Quelques minutes plus tard, mon pouls et ma respiration accélérèrent très rapidement, signe pour moi qu’il allait se passer quelque chose. J’en avertissais le professeur Dierkens et son épouse. Sous leurs yeux ébahis, la barre se plia. »

Il sentit qu’il allait s’évanouir. Il eut subitement terriblement froid, et aussi l’envie de vomir. Sylvie Dierkens le piqua de quelques aiguilles d’acupuncture et lui donna de la nourriture sucrée. L’expérience l’avait vraiment beaucoup secoué.

Une fois remis de sa fatigue, Jean-Marie Le Gall passa aux autres expériences : magnétisation d’eau, expérience de psychométrie (lecture psychique de l’histoire d’un objet, qui se révéla historiquement exacte).

Mon ami Jean-Marie pliant une barre lors d’un stage de Jean-Pierre Girard à Biarritz (dans mon département des Pyrénées-Atlantiques).

(Je précise que sur cette photo les cuillers ont été pliées manuellement, ainsi que me l’a précisé Jean-Marie. C’est simplement une photo « d’illustration » entre amis.)

 

Jean-Marie Le Gall et Jean-Pierre Girard (ce dernier ayant préfacé mon livre « AGIR AU COEUR DE LA MATIERE », le tome III de ma trilogie sur la psychokinèse paru en septembre 2023 chez JMG éditions. Dans ce livre, je détaille notamment le parcours de Jean-Pierre Girard et je consacre aussi un gros chapitre à Jean-Marie Le Gall.

Autres sujets PK :

* Sylvio, né à Berne (Suisse), a été étudié par le parapsychologue allemand Hans Bender (1907-1991) au sein de son Institut de Fribourg. Jean-Pierre Girard a assisté, en sa présence, à des courbures et à des ruptures de cuillers apportées par Hans Bender. Ce qui était typique, de la part de ce sujet PK suisse, c’était sa capacité à ressouder les objets qu’il rompait !

Il a été testé par l’illusionniste helvète Rolf Mayr (ailleurs orthographié Rudolph Mayr), qui était alors le président du Cercle Magique de Berne. Rolf Mayr, qui était auparavant un opposant connu à la parapsychologie, a reconnu l’absence de truquage chez Sylvio. Rolf Mayr s’était ensuite beaucoup intéressé à la parapsychologie, malgré les attaques de ses confrères illusionnistes qui, bien sûr, affirmaient qu’il s‘était fait « illusionner »…

Des documents vidéo, qui étaient déposés à l’Institut de Bender, montraient clairement Sylvio courbant à distance une louche en plastique, ainsi qu’un lourd cendrier de verre qui s’est mis à tourner sur lui-même à une vitesse de rotation dépassant les 1000 tours/minute, la main de Sylvio étant à une trentaine de centimètres au-dessus de l’objet.

* Il y a eu en 1990, sur la deuxième chaîne télévisée française, une série documentaire (de cinq émissions) sur le paranormal, cette série ayant été réalisée par Bernard Martino. Ce dernier a en outre rédigé un livre (en relation avec les documentaires télévisés) intitulé : « Les chants de l’invisible ». On a notamment vu, dans les émissions concernées, quelques médiums à effets physiques : la Russe Nina Kulagina (que l’auteur avait rencontrée peu avant son décès) connue pour ses aptitudes à la télékinésie, le Japonais Masuaki Kiyota connu pour sa capacité d’action psychokinétique (comme Uri Geller) sur le métal – ainsi que pour son action PK sur une pellicule photographique -, et le Brésilien Thomaz Green Morton de Souza Coutinho (ce dernier ayant malheureusement grossièrement truqué ses prestations).

* Bien d’autres personnes ont montré leur capacité à générer des phénomènes comparables à ceux réalisés, par exemple, par Uri Geller et Jean-Pierre Girard. Beaucoup de ces sujets étaient des enfants. Voici par exemple le témoignage de la psychanalyste belge Christine Dierkens dans le numéro 97, daté de juin 2015, de « Parasciences » :

« J’ai connu et suivi un jeune garçon de 9 ans, très impatient et colérique, pour lequel sa mère emportait toujours une poignée de couverts ordinaires et bon marché, qu’elle lui passait lorsque, dans une situation sociale, elle voyait monter l’irritation et la tension chez l’enfant. Celui-ci prenait alors les couverts un par un, se concentrait, et on voyait ainsi se tordre cuillères et fourchettes. Au bout d’un certain temps de ce ‘‘jeu’’ (!), l’enfant paraissait détendu et capable de supporter la prolongation de la situation. » (7)

Certains enfants PK ont été observés dans un contexte expérimental. Les rationalistes aiment citer quelques cas où des enfants se sont mis à tordre manuellement des objets alors qu’ils ne se croyaient pas observés. Se limiter à cela, cependant, c’est faire injure à la qualité de certains travaux réalisés par plusieurs chercheurs dont le Britannique John Barrett Hasted (1921-2002), alors professeur de physique expérimentale au Birbeck College de Londres.

Lors de sa visite chez John B. Hasted, dans la banlieue de Londres, Jean-Pierre Girard put voir des bocaux fermés remplis de trombones enchevêtrés, baptisés « Scrunch ». Il y avait aussi des barres complètement vrillées sur elles-mêmes. John B. Hasted a travaillé avec Nicholas Williams, Andrew G., Stephen North, Julie Knowles, Willie G., Mark Henry. John Hasted mentionne aussi ceux qui ont participé, avec succès, à au moins une expérience : Belinda H., Graham P., Richard B., David et Steven Nemeth, Susan Clarke, Clifford White, Alison Lloyd, Neil Howarth, Gill Costin, Kim Griffiths, Ian L. Il y a aussi ceux avec qui John Hasted n’a pas pu travailler : David Jefferies, Douglas Smith, Russell Jennings, Stephen Coates, Mark Shelley, Janet H., V. S. et Heidi Wilton.

Toujours en Angleterre, il y eut le cas de Matthew Manning qui, lorsqu’il était jeune (il est maintenant guérisseur), avait aussi la capacité de tordre le métal. Lors de la visite au Canada de Manning, plusieurs chercheurs de la New Horizons Research Foundation de Toronto ont observé son action PK sur des objets métalliques. John B. Hasted a cité quelques adultes : Jean-Pierre Girard, Silvio Mayer, Christine Wilde, James Blevens (Wisconsin), Mrs T. W. (Detroit), docteur Rob Basto. (8)

Les séances PK :

Le pionnier des « soirées PK » est l’ingénieur spatial Jack Houck, de la MacDonnell Douglas Astronautics Co. Avec l’aide de Severin Dahlen, métallurgiste professionnel, il a présenté de manière distrayante des expériences par ailleurs tout à fait sérieuses, ainsi que l’a noté Guy Playfair. Il s’agit, lors de réunions, de pratiquer la psychokinèse, et plus précisément la torsion d’objets métalliques. La première séance du genre eut lieu le 19 janvier 1981 dans la maison californienne de Jack Houck, où ce dernier avait réuni vingt amis. Les invités s’assirent en cercle, pendant que Severin Dahlen lisait sa série d’instructions :

1. Concentrez-vous sur un point de votre esprit.

2. Intensifiez au maximum votre concentration.

3. Emparez-vous de ce point et faites-le descendre le long de votre cou, de votre épaule, de votre bras, à travers vos doigts, et faites-le pénétrer dans le métal à l’endroit où vous voulez que la cuillère se torde.

4. Ordonnez-lui de se tordre.

5. Relâchez-vous et laissez la cuillère se tordre.

On demanda aux apprentis PK de chercher à sentir les signes montrant que leur cuillère s’échauffait ou devenait molle. Quand ils apparaissaient, « il suffisait d’une petite quantité de force physique pour tordre le métal ».

Quatre ans après, Jack Houck avait dirigé 128 soirées PK, auxquelles plus de 5000 personnes avaient participé. Au milieu des années 1980, il y avait au moins 35 personnes dans le monde qui dirigeaient des soirées PK. Parmi celles-ci, il y avait Diana Gazes, de la télévision new-yorkaise. Le taux de succès à la première tentative de psychokinèse au cours de ses soirées avoisinait les 80 %. C’est Eldon Byrd qui lui a montré comment procéder après l’avoir lui-même appris d’Uri Geller. Dennis Stillings, dont la revue « Archaeus » a publié plusieurs articles techniques d’Eldon Byrd, de Jack Houck et de Severin Dahlen, découvrit aussi « que tordre le métal est chose aisée une fois que l’on maîtrise la préparation psychologique nécessaire ».

En 1983, une étudiante de l’Université John F. Kennedy d’Orinda (Californie) envoya des questionnaires à 800 personnes ayant participé à une soirée PK organisée par Jack Houck et Severin Dahlen. Elle reçut 311 réponses. Les trois quarts des personnes dirent avoir ressenti ce que Jack Houck appelait « l’effet d’échauffement ».

Au cours de ses soirées, Jack Houck utilisa aussi des graines qu’il s’agissait de faire germer. L’idée lui en avait été donnée par Eldon Byrd qui avait assisté à la démonstration d’Uri Geller à la télévision japonaise. Les « disciples » de Jack Houck réussirent à faire germer des graines de soja, et ce, en utilisant une méthode similaire à celle permettant de tordre le métal. Il est ainsi possible d’accélérer, par le psi, la germination de graines… (9)

* Évoquons le témoignage de Jean Dierkens (1926-2018), qui a été professeur émérite des Universités de Mons et Bruxelles. Celui-ci a expérimenté, dans les années 1970, avec le sujet PK Jean-Pierre Girard, et, dans les années 1980, avec le sujet PK Jean-Marie Le Gall. Jean Dierkens a notamment évoqué ses expériences lors d’une interview par Jean-Michel Grandsire :

« En ce qui concerne la torsion des métaux, j’avais laissé cela de côté après les expériences que j’avais faites avec Girard. »

Et puis un jour, alors que son épouse et lui assistaient aux États-Unis à un congrès consacré aux états modifiés de conscience, ils ont rencontré quelqu’un qui expliquait que tout un chacun est capable de le faire.

« Christine et moi avons donc tenté l’expérience. C’est comme cela que nous avons tordu une dizaine de fourchettes en moins de trois-quarts d’heure. Nous pratiquions une technique de concentration orientale. Nous tenions la fourchette à la main, et puis, au bout d’un moment, nous sentions que l’énergie passait. Celui qui nous avait enseigné la méthode nous avait appris qu’à ce moment-là il fallait crier ‘Bengch’. Je ne sais si ce cri a une importance, ce qui est sûr c’est qu’il y avait une sorte de décharge d’énergie. Pendant une fraction de seconde, parfois une ou deux, le métal devient tout mou, nous pouvons en faire ce que nous voulons, et puis le métal reprend très vite sa solidité. Cela ne peut pas être un truc, ça se fait juste devant le pouce et ça ne dure que le temps très bref de la concentration. La première fois, sous l’effet de la surprise, nous avions stoppé le phénomène quasi instantanément… » (J. Dierkens)

Jean Dierkens et son épouse

A la question : « Vous avez continué ces expériences ? », Jean Dierkens a donné cette réponse :

« Non, parce que je n’aime pas cela. Une Américaine, présente lors de ces expériences, et qui s’occupait de schizophrènes dans des ateliers de création artistique, faisait des choses incroyables, comme de tordre le creux d’une cuillère, ce qui est très difficile à faire… Elle était bouleversée par ses résultats, et puis elle est partie en voyage en Italie, et des phénomènes angoissants se sont déroulés autour d’elle. Elle voulait coudre et son aiguille se courbait. A table, alors qu’elle ne tentait aucune expérience, ses cuillères et fourchettes se pliaient. Elle ne désirait pas cela, les phénomènes se produisaient en dehors de sa volonté. Qu’arriverait-il, me demandait-elle, si je me trouvais en présence de personnes ayant un pacemaker ou une broche métallique ?

Cela m’a vivement interpellé et je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait rester prudent. Je sais que le phénomène existe et je m’en tiens là. » (10)

Lors des stages de développement de capacités psi réalisés par Jean-Pierre Girard, de nombreux stagiaires ont produit des phénomènes de télékinésie et de pliage sur des barres de duralumin. Au stage de Courbevoie des 27 et 28 juin 2020, des psychokinèses sur barres ont été obtenues dans près de 70% des tentatives PK. Lors d’un autre stage à Courbevoie, les 17-18 octobre 2020, plus de 60% de psychokinèses ont été produites par les stagiaires eux-mêmes. En mars 2021, à Laprade-Aigne, 80% des stagiaires ont produit des psychokinèses.

On trouve, sur le site de Jean-Pierre Girard : www.girard.fr, d’intéressantes petites vidéos montrant des stagiaires réalisant des phénomènes de psychokinèse : déplacement d’un cône enfermé dans un bocal transparent, déformation de barres de duralumin

Créer des groupes de formation à la PK :

On sait que de nombreuses personnes possèdent, à l’état latent, des capacités PK qui ne demanderaient qu’à être développées, comme on l’a vu à propos des « soirées PK » et de l’effet Geller en général. Des personnes (dont des enfants) qui ont assisté à des prestations télévisées/radiophoniques et sur scène d’Uri Geller ont ponctuellement manifesté des effets analogues. Et si ces capacités pouvaient être développées chez des personnes chez lesquelles celles-ci ne sont pas naturellement présentes ? On sait en outre que, dans les stages organisés par Jean-Pierre Girard, des stagiaires sont parvenus à produire des effets PK, y compris sur des barres en duralumin. Des personnes intéressées pourraient ainsi constituer de petits groupes de développement de capacités psychocinétiques inspirés des stages de Jean-Pierre Girard. Il faudrait créer une association mettant en contact ces groupes, l’objectif étant de former des sujets PK suffisamment performants dans le but de sensibiliser des chercheurs qui seraient intéressés à procéder à des tests scientifiques.

  • Quelques photos complémentaires :
  • J’évoque, dans ma trilogie sur la psychokinèse, d’autres cas de médiums à effets physiques/sujets PK, et j’y développe les divers aspects du phénomène. Je détaille les cas de Nina Kulagina, de Matthew Manning, d’Amyr Amiden, etc.
  • Voici quelques autres photos en relation avec le sujet traité : le livre de Matthew Manning paru en 1974 en France, Guy Bavli, ainsi qu’un jeune Américain ayant produit, en 2019, des pliages PK d’objets métalliques lors d’une « séance PK ».

Guy Bavli, 17 janvier 2020

 

Alain Moreau

Références

1. Jean-Pierre Girard, « L’effet G. La science face au psi », éditions Robert Laffont, 1981, p. 68-69, 71-73, 270-273.

2. Jean-Pierre Girard, « Psychic, ou le pouvoir de l’esprit sur la matière », éditions Filipacchi, 1996, p. 17-18 (en note).

3. Jean-Pierre Girard, « L’effet G. La science face au psi », op.cit., p. 117-126, 128.

4. Ibid., p. 145-147.

5. Jean-Pierre Girard, « Psychic, ou le pouvoir de l’esprit sur la matière », op. cit., p. 218-225.

6. Ranky, « Le Paranormal, de mes yeux vu… », éditions Trajectoire, 2006, p. 171-183.

7. « Parasciences », n° 97, juin 2015, p. 31.

8. John B. Hasted, « The Metal-Benders », éditions Routledge & Kegan Paul Ltd, 1981, p. 29-30.

9. Uri Geller et Guy L. Playfair, « L’effet Geller », éditions Pygmalion/Gérard Watelet, 1987, p. 264-269.

10. « Parasciences et transcommunication », n° 48, automne 2002, p. 6-7 ; « Parasciences », n° 112, mars 2019, p. 14-16.

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