Le dossier AMICIZIA
Le cas italien Amicizia n’a émergé dans la sphère publique qu’en 2007 lorsque Stefano Breccia, l’un des protagonistes du dossier, a décidé de le révéler dans son livre Contattismi di massa, un livre publié en anglais sous le titre : Mass Contacts, 2009. Le livre a été rédigé « sous l’impulsion et à la mémoire du principal protagoniste », Bruno Sammaciccia.
Stefano Breccia, décédé en 2012 à l’âge de 67 ans, a enseigné à l’université la programmation informatique et est l’auteur de six ouvrages scientifiques consacrés principalement à cette spécialité.
Bruno Sammaciccia était un écrivain d’obédience catholique et ses livres ont essentiellement concerné des thèmes catholiques, à propos de François d’Assise, du « miracle eucharistique de Lanciano »… Le seul texte sur les OVNIs venant de lui a été rédigé à la fin de sa vie, à sa demande, par son ami Stefano Breccia, à partir d’entretiens, dans l’optique de révéler l’affaire Amicizia.
En août 1958, George Hunt Williamson a, alors qu’il était à Rome, été invité à dîner, après une conférence, dans un restaurant, et il y avait, parmi les personnes présentes, un homme « à l’allure aristocratique » qui évoqua ce qu’on appelle aujourd’hui le cas Amicizia.
Près de 200 personnes en Europe auraient été mêlées de près ou de loin à ce dossier, mais seules 5 d’entre elles ont osé en parler : Bruno Sammaciccia (de façon posthume par le biais littéraire de Stefano Breccia), Stefano Breccia, le peintre Gaspare De Lama et son épouse Mirella, le professeur de dessin Paolo di Girolamo. Seuls Sammaciccia et Breccia auraient rencontré directement des visiteurs de l’espace, mais tous, à l’exception peut-être de Mirella, ont rapporté avoir vu des vaisseaux, les avoir photographiés ou filmés. Tous semblent avoir été témoins de phénomènes de « téléportation » d’objets (apparitions et disparitions). Les êtres leur auraient « téléporté » des bobines de film montrant des vaisseaux en vol de démonstration, ou des feuilles de papier avec des réponses écrites à leurs questions.
Le 6 avril 1956, le comptable Giancarlo de Carlo et l’ingénieur Giulio s’étaient réunis chez un ami, l’écrivain Bruno Sammaciccia, à Pescara (côte est de l’Italie), pour examiner un parchemin qu’un ami avait trouvé chez lui dans une malle. Lors de la discussion, il se produisit une chose bizarre : d’un plumier posé sur la table, un stylo « sauta » de lui-même sur la carte. Bruno Sammaciccia, qui avait écrit deux livres sur le paranormal, y abordant notamment la télékinésie, prit le stylo, alla chercher des feuilles de papier et une planchette, qu’il mit sur ses genoux. Le stylo, dont la pointe se trouvait sur la première feuille, se mit alors à écrire de lui-même, Sammaciccia ne faisant que suivre le mouvement. Il obtint des mots en italien, en latin, en grec ancien, en hiéroglyphes. Ces messages provenaient d’une source extraterrestre.
Le 8 avril 1956, les trois amis se rendirent aux abords du château Rocca Pia à Ascoli Piceno au nord de Pescara. Ils y retournèrent deux jours plus tard et, cette fois-ci, ils rencontrèrent deux extraterrestres qui manifestement les attendaient, et avec lesquels ils eurent une longue conversation.
Dans les semaines suivantes, les messages se multiplièrent, lesquels leur étaient alors délivrés par radio (avec un simple poste de radio du commerce). Le transistor se mettait souvent en marche de lui-même et les voix de divers extraterrestres se faisaient entendre, quelle que soit la station sur laquelle il était réglé. Les messages étaient formulés dans un italien parfait, des enregistrements ayant été conservés. Michel Zirger, qui rapporte le cas dans deux chapitres de l’un de ses livres, note que le protocole de prise de contact est quasiment le même que celui mis en œuvre par des extraterrestres pour contacter quatre ans auparavant, à Prescott en Arizona, un autre groupe formé cette fois de cinq Américains : George Hunt Williamson et son épouse Betty Jane, le couple Bailey, Lyman Streeter.
« Tout comme pour le groupe de Pescara, ils avaient reçu leurs toutes premières communications par écriture automatique classique, avec papier et stylo, puis par le biais d’un Oui-ja fait maison, et finalement par celui d’un transistor. Ces premiers contacts se déroulèrent du 30 juillet au 17 août 1952. Il leur fut alors conseillé de dénicher un poste émetteur-récepteur plus puissant afin d’accélérer la réception des messages, (…). » (M. Zirger)
L’extraterrestre Regga conseilla d’aller voir le radioamateur Lyman Streeter. Les membres du groupe suivirent les instructions données. L’officier des télégraphes leur donna le nom de Lyman Streeter qu’ils contactèrent par téléphone et lui demandèrent de régler son poste sur 400 kc. Une longue série de « V » fut alors reçue. Dans l’appartement des Williamson, le groupe entendit ce signal sur le transistor de la cuisine : … _ (trois points, un trait), répété plusieurs fois. Or, sur le chemin, Williamson avait demandé mentalement un message en code morse pour confirmer que ceux qui les contactaient étaient bien à l’origine de signaux en « V » envoyés à Lyman Streeter (Monsieur R.). La plus grande partie des communications se fit par le biais de l’émetteur-récepteur de ce dernier, jusqu’à la mi-février 1953. « Monsieur R » ayant réglé le récepteur sur 92 mètres (une bande de fréquences utilisée pour les communications aériennes), on entendit une personne s’exprimant d’une voix forte et assurée, dans un anglais parfait. Comme il n’y avait pas une bonne réception, « Monsieur R » revint sur 405 kc.
Au fil des contacts radio presque journaliers, le trio de Pescara se mit progressivement à approvisionner un groupe d’expéditionnaires extraterrestres. Il leur livra clandestinement, deux ou trois fois par mois, dans des endroits discrets et isolés, de la nourriture, « surtout beaucoup de fruits et de poissons, mais aussi des métaux, dont l’un illégalement, le radium, et divers autres matériaux tout aussi exotiques, comme du niobate de strontium-barium ». C’est par « téléportation » que les extraterrestres acheminaient aussitôt ces livraisons à leurs hangars.
Ces multiples contacts se sont étalés sur au moins 40 ans. Ils auraient perduré jusqu’à la fin des années 1980, et même au-delà selon Breccia.
Bruno Sammaciccia a nommé ces extraterrestres les W56 (deux V en signe de victoire et 56 pour l’année du premier contact). Ils avaient une apparence humaine. Certains d’entre eux pouvaient se mêler à la population terrestre. Leur taille était variable, allant de celle de lilliputiens à celle de véritables géants. Lors du contact initial d’avril 1956, l’un mesurait environ 1 mètre, l’autre 2 mètres 50. Les W56 peuvent assez souvent mesurer 3 ou 4 mètres, voire 6 mètres dans des cas très exceptionnels. Le « capitaine » du groupe, baptisé Dimpietro, mesurait plus de 3 mètres 50. Cependant, beaucoup de W56 (et aussi tous les CTR) ont une taille normale (pour nous) et peuvent ainsi se mêler à la population.
La plupart d’entre eux ont des cheveux d’un « blond titien », d’autres ont une chevelure noir corbeau traversée de reflets bleus. Quelques-uns vivaient déjà en Italie au 17ème siècle, leur durée de vie étant beaucoup plus longue que la nôtre. Ces W56 formaient un groupe d’expéditionnaires composé de représentants de plusieurs civilisations extraterrestres.
La grande majorité de ces expéditionnaires devaient, à cause de leur taille inhabituelle, séjourner dans d’immenses bases souterraines construites à des kilomètres de profondeur sous le territoire italien, mais aussi sous celui d’autres pays d’Europe, ainsi que dans quelques autres contrées, dont l’Australie.
Ceux qui avaient une taille « humaine » pouvaient s’intégrer dans la population terrestre en travaillant, en louant appartements ou villas, en se mariant… Stefano Breccia cite au moins un cas de W56 marié avec une Italienne, le couple ayant eu un enfant. Il y aurait ainsi eu en Italie, incognito, des « aliens » universitaires, « chercheurs et professeurs, un directeur général d’une assez grosse entreprise de textiles à Chieti, un cadre supérieur d’une des plus grandes sociétés allemandes de télécommunications, ou encore un propriétaire de restaurant à Ancona, et bien d’autres dans différents secteurs ».
Michel Zirger fait à cet égard le parallèle avec George Adamski, lequel a été le premier à affirmer que des extraterrestres vivaient parmi nous et qu’ils travaillaient souvent à des postes à hautes responsabilités. Dans une conférence en 1963, George Adamski précisa que, le 22 avril 1959, Desmond Leslie l’avait conduit à la gare de Paddington. En entrant dans un compartiment de première classe qui lui avait été réservé, lui et son ami constatèrent qu’un homme était déjà là. Les cheveux de cet homme étaient d’un blond cendré, sa peau était « légèrement orange », et il était vêtu d’un costume bleu. Il avait des lunettes de soleil, alors que le ciel londonien était ce jour-là couvert, gris et maussade. L’homme retira ses lunettes et eut un large sourire. Comme le train allait partir, Leslie quitta le compartiment, laissant Adamski avec l’inconnu. Ce dernier était un extraterrestre qui révéla son identité avec un signe connu du seul Adamski, lequel révéla que cet individu était un physicien travaillant pour le gouvernement britannique. (J’évoque aussi ce dernier cas, avec d’autres exemples de « visiteurs parmi nous », dans « Contacts avec des visiteurs de l’espace », le tome 3 de « Civilisations extraterrestres » paru en 2018 chez JMG éditions.) Dans une interview pour la Flying Saucer Review, Stefano Breccia a dit que le cas Adamski « est dans son ensemble véridique ».
Sur la demande de ses amis de l’espace, Bruno Sammaciccia a fait construire une villa en haut d’une colline de Montesilvano, aux abords de l’avenue Europa. Cette colline se serait située juste au-dessus d’une base enfouie à des kilomètres de profondeur, avec l’accès au sous-sol de la villa via un sas. Quelques êtres de l’espace pouvaient ainsi séjourner dans la villa. Il existe une photo d’un W56 en short et chemise prise dans le jardin, cet être étant de grande taille (évaluée à 3 mètres).
Le discours des W56
Les W56 avaient une pensée « écologique » privilégiant la nature et l’humain à la science, une pensée écologique que l’on retrouve chez Adamski et le couple Williamson :
– La civilisation terrestre court à sa perte en détruisant son environnement naturel.
– On met en garde contre le nucléaire et les folles expérimentations scientifiques dans les domaines de la médecine, de la génétique et de la physique.
Autres informations véhiculées par les W56 :
– La forme humaine est universelle, avec quelques variantes selon les races (taille, yeux).
– Toutes les planètes habitées possèdent une atmosphère riche en oxygène.
– En raison de la présence d’oxygène, les races extraterrestres peuvent s’adapter à l’environnement de chaque planète habitable, comme la Terre, que les W56 considèrent comme l’une des plus belles planètes parmi celles qu’ils connaissent.
– Le caractère réputé infranchissable de la vitesse de la lumière est une illusion.
Les Ummites italiens ou CTR
Dans son premier livre, Stefano Breccia consacre presque cent pages à l’affaire espagnole Ummo.
Dans Contattismi di massa, Stefano Breccia dit avoir reçu des lettres d’extraterrestres ummites, dont une venant des États-Unis et une autre de Russie.
Il existe, selon Breccia, des « Ummites » italiens. Il dit avoir eu de nombreux contacts téléphoniques avec une « Ummite » italienne appelée « Swollha ». Il a retranscrit une conversation où celle-ci s’exprime exceptionnellement dans son idiome natal.
Les « Ummites » italiens sont appelés CTR par Bruno Sammaciccia (de l’italien « Contrari » : opposants, adversaires), lesquels étaient bien implantés dans Rome et sa banlieue. Ce sont les « ennemis » des W56. Ils ont essayé de se faire passer pour de « vrais » Ummites en parlant parfois espagnol (d’où leur surnom d’Ummites italiens). Les contacts se faisaient uniquement par téléphone.
Les CTR auraient les yeux « passablement globuleux ».
Autres visiteurs
Outre les W56 et les CTR, nous avons aussi :
* Les Elta-V, qui auraient « un faible pour la musique électronique » et qui seraient originaires de la constellation d’Orion.
* Les UTI, qui appartiendraient à une sorte de police de l’espace.
* La « Confédération Interstellaire », dont deux représentants auraient été rencontrés en avril 1962 par le contacté Eugenio Siragusa (qui dit aussi avoir eu un contact OVNI le 25 mars 1952).
Tous ont en commun le fait d’avoir une apparence humaine.
Photos et films
Il existe des photos et des films 8 millimètres de vaisseaux en vol à très basse altitude se préparant à atterrir, des photos prises à l’intérieur des vaisseaux, des photos d’extraterrestres, des enregistrements de messages radio en italien, en russe, en français, etc. Un film montre un appareil des W56 évoluant de façon erratique au-dessus de Milan.
Lors d’une conférence à Hawaï en 2010, Stefano Breccia a montré un film réalisé le 12 février 1962 en plein centre de Milan. La séquence, qui dure plusieurs minutes, montre un engin manœuvrant de façon erratique au-dessus de la ville avec au premier plan un décor de cheminées et d’antennes, l’observation ayant eu lieu d’une terrasse d’un bâtiment de la place Giulio Cesare. Le film était resté secret, même si on connaissait des photos prises lors de cette observation par Gaspare De Lama et publiées dans le magazine La Domenica del Corriere du 15 avril 1962. Dans le film 8 millimètres de Gaspare De Lama à Trenno près de Milan (1962), que l’on peut voir dans le documentaire Le cas Amicizia, on voit un engin en forme de « cloche » s’approcher à une cinquantaine de mètres de l’objectif, descendre jusqu’à quelques mètres du sol, remonter brutalement, et opérer des balancements. L’engin a ensuite été filmé passant derrière une rangée d’arbres. Bruno Sammaciccia, qui était présent, prit des photos.
Au lendemain de sa conférence du 30 août 1958 à Rome, on a offert à George Hunt Williamson le livre d’Alberto Perego intitulé Sono extraterrestri (Ce sont des extraterrestres), paru en 1958. Ce livre contenait les tout premiers éléments photographiques liés au cas Amicizia. En 1958, cela n’était connu d’aucun ufologue, si ce n’est du premier cercle d’initiés gravitant autour de Bruno Sammaciccia : Giancarlo De Carlo, Giulio De Crescenzio, Alberto Perego. Il y a, dans le livre de Perego, une dizaine de photos datant de l’automne 1957, dont celles de la cabine de pilotage d’une « soucoupe volante ». Ce livre n’a cependant eu aucun écho en dehors des frontières italiennes, mais six photos ont été reprises dans Contatissmi di massa. L’ufologue Roberto Pinotti l’a mentionné dans l’avant-propos pour son ami Stefano Breccia. Les trois autres livres de Perego ne furent pas non plus internationalement connus. Le troisième livre de Perego, L’aviazione di altri pianeti opera tra noi (1963) – L’aviation d’autres planètes opère parmi nous -, reprend la quasi-totalité des photos de Sono extraterrestri, complétées par quelques photos inédites, dont deux photos d’un extraterrestre d’apparence humaine : un W56.
Dès la fin des années 1950, Alberto Perego était perçu comme un « Adamskiste ». La couverture de son premier livre, Svelato il mistero dei dischi volanti (1957) – Le mystère des disques volants dévoilé -, montrait une photo de « vaisseau-éclaireur » d’Adamski, la page de titre montrant une photo prise par l’Anglais Cedric Allingham. Dans Sono extraterrestri, les seules photos non italiennes étaient celles de George Adamski, Stephen Darbishire et Cedric Allingham. En outre, Alberto Perego accueillit, avec l’ufologue Eufemio del Buono, George Adamski à l’aéroport de Rome le 12 juin 1959.
Deux photos de Sono extraterrestri ont été reproduites dans un livre (titre français : L’histoire des soucoupes volantes) de Brinsley Le Poer Trench publié en 1966, cet auteur britannique ayant été un ami de George Hunt Williamson. La légende fait référence à une « soucoupe volante » au-dessus de Pescara, Italie, en 1957. Michel Zirger évoque deux passages d’engins de type différent au-dessus du même quartier à quelques jours d’intervalle, et donc deux séries distinctes de photos. Ces clichés furent pris depuis la maison de Bruno Sammaciccia à Pescara, rue Genova, près du carrefour Milano. Il y a six photos, deux clichés supplémentaires ayant été publiés en 1963 par Alberto Perego. Sur la photo 1, des sphères « rétractées » sont visibles à la base de l’appareil évoluant assez loin au-dessus de maisons. Sur la photo 2, l’appareil plane à la verticale d’un bâtiment à terrasses… La forme générale des véhicules est celle d’un disque (ou d’une assiette) surmonté d’un dôme (bien plus bombé ou plus aplati selon le cas). Les deux appareils sont du même type que ceux popularisés par Adamski, « chacun ayant un système de sphères bien visible sur le dessous ». Deux photos montrent un gros plan de l’appareil qui laisse voir clairement une sphère dépassant de la partie inférieure, cet engin étant d’un modèle très proche de celui photographié par Adamski le 20 novembre et le 13 décembre 1952.
– Sur une photo, le dessous sombre de l’engin discoïdal laisse deviner une sphère.
– Sur une autre photo, le dessous sombre en contre-jour est visible avec une sphère apparente.
– Une autre photo montre le disque laissant voir un renflement central sur le dessous, complété par le système de trois sphères dont une en position basse. On voit la coupole aplatie et une excroissance à son sommet.
– Une autre photo montre la « soucoupe » qui a légèrement basculé, laissant voir une deuxième sphère, l’antenne étant bien visible.
On voit aussi, dans Sono extraterrestri, des photos montrant le poste de pilotage d’un vaisseau qui, selon Perego, a atterri par deux fois à Francavilla al Mare, commune jouxtant Pescara. Il aurait été permis à deux hommes (dont l’identité n’est pas donnée) de monter à bord et de prendre des photos dont huit furent communiquées à Perego. Le pilote, qui ne semblait pas être physiquement présent, communiqua avec eux par quelque haut-parleur invisible. Le vaisseau avait un diamètre d’environ 24 mètres, le diamètre de la cabine étant de 10 mètres. Le 30 août 1958, lors du dîner à Rome en l’honneur de George Hunt Williamson, l’informateur avait confié aux convives avoir eu entre les mains des photos prises à l’intérieur d’un engin extraterrestre et avoir remarqué que le dos du siège du pilote était triangulaire, ce dont Williamson se rappela en découvrant les huit photos du livre de Perego qui montrent notamment « un siège, avec dossier triangulaire, situé devant » un « tableau de contrôle » lumineux.
Dans L’aviation d’autres planètes opère parmi nous, Alberto Perego a reproduit la couverture de l’hebdomadaire Domenica del Corriere du 15 avril 1962, qui montrait une « soucoupe » planant à quelques mètres au-dessus d’un témoin. Des photos parurent dans cet hebdomadaire, accompagnées d’un texte de Bruno Ghibaudi.
Le 27 avril 1961, vers 14 heures, le journaliste scientifique Bruno Ghibaudi prit des clichés depuis la route longeant la plage de Montesilvano, à quelques kilomètres de Pescara. Ces photos ont été publiées, avec un texte de Ghibaudi, dans le magazine Domenica del Corriere du 22 avril 1962. La légende d’une photo montrant trois disques stipule que l’un d’eux présentait sur le dessous trois demi-sphères. Sur une autre photo (que l’on trouve dans Contacts extraterrestres, un livre de Timothy Good), on voit une espèce d’engin oblong avec deux petites ailes triangulaires et un gouvernail vertical de la même forme. L’objet volant était de couleur opaque et était silencieux, sa longueur ayant été estimée à environ 8 mètres.
Sur la première photo, on voit l’objet au-dessus de la plage. Sur la deuxième photo, on voit une « soucoupe » classique avec une coupole semi-transparente. Sur la troisième photo, « l’engin est entouré de phénomènes lumineux formant une sorte de vaste halo, avec au premier plan une sphère noire nébuleuse précédemment générée par ce halo électromagnétique ». Sur la quatrième photo, il y a deux autres disques apparaissant au loin au-dessus de la mer, l’un d’eux présentant des sphères sur le dessous. Sur la cinquième photo, les trois disques sont alignés. Certains ont vu dans ces photos l’illustration de l’attaque d’une base sous-marine des W56 par un vaisseau CTR, en l’occurrence le « monstre ailé », et les trois disques seraient les vaisseaux W56 tentant de s’échapper ou de défendre leur base.
Le 1er décembre 1961, vers 14 heures 20, rue Capecelatro, le jeune peintre milanais Gaspare De Lama, qui était accompagné de son épouse et de sa mère, a photographié un disque d’une dizaine de mètres de diamètre qui évoluait au-dessus du stade de San Siro à Milan, ce disque ayant la couleur du plomb. A cette époque, Bruno Sammaciccia habitait un appartement dans le quartier de San Siro, et selon lui il y avait, près du périphérique, « au sommet d’une colline basse », l’entrée d’une base souterraine où les W56 lui donnaient souvent rendez-vous.
Le 12 février 1962, à Milan vers 16 heures 30, Gaspare De lama, qui se trouvait avec Sammaciccia et Ghibaudi, prit des photos d’un disque surmonté d’une coupole, dont le diamètre fut évalué à environ 7 mètres et la distance à 200 ou 300 mètres. La couleur était celle du « plomb ». Quatre photos ont été publiées. L’un des deux témoins présents tourna un film 8 millimètres en noir et blanc, de plusieurs minutes.
Un film a été tourné à Rome en 1962 par Ghibaudi, depuis la terrasse de l’immeuble où il vivait alors. Une séquence montre un disque, surmonté d’une coupole, évoluant de façon erratique devant le Mont Mario, ou, selon Ghibaudi, à sa verticale. Ce disque tournoie, se balance, descend brusquement, se rapproche, s’éloigne, puis disparaît… Ce film a été intégré l’année suivante à un documentaire (I misteri di Roma) de Cesare Zavattini, avec une interview de Ghibaudi. Selon Paolo Di Girolamo, cité par Stefano Breccia, Bruno Sammaciccia « lui aurait confirmé l’existence, sous ce Mont Mario, d’une base des CTR » (ou « Ummites italiens »), les rivaux des W56. A cette époque, Rome se serait trouvée sous le contrôle des CTR. Paolo Di Girolamo s’est fait l’écho d’une rumeur selon laquelle Bruno Ghibaudi aurait « collaboré » avec les CTR et que le groupe Amicizia l’aurait alors laissé tomber, ce qui expliquerait, note Michel Zirger, « l’étrange silence de Perego à son sujet et au sujet de ses photos et films ».
Au sommet du Mont Mario, il existe, depuis 1956, le café-restaurant Lo Zodiaco, dont l’ancien propriétaire et fondateur fut l’ufologue Eufemio Del Buono, lequel a accueilli (avec Alberto Perego) à Rome, en 1959, George Adamski.
Selon Breccia, Del Buono fut même contacté plusieurs fois par des « Ummites italiens » qui, une fois, « lui firent savoir après coup qu’ils venaient de siroter quelque soda dans son établissement ».
Stefano Breccia a extrait du « film de Trenno », de décembre 1962, huit photos qu’il a publiées dans son second et dernier livre : 50 ans d’Amicizia. Ce n’est que lorsque Gaspare De Lama a projeté chez lui le film développé qu’il a découvert ce qu’il avait filmé : les évolutions rapprochées à basse altitude d’un vaisseau des W56. Une photo fut prise une vingtaine de minutes après le « film de Trenno », alors que Bruno Sammaciccia et Gaspare De Lama rentraient en voiture à Milan. Un vaisseau les avait suivis un bout de chemin en périphérie de Milan. Sammaciccia prit un cliché de l’engin qui stationnait à une cinquantaine de mètres et qui avait la forme d’une assiette surmontée d’une coupole plus claire. Cet engin est identique à un vaisseau photographié par Ghibaudi, le 27 avril 1961, au-dessus de la plage de Montesilvano.
Parmi les autres photos, il y a celle prise à Pescara à la verticale du restaurant Il Gabbiano, et celle prise à L’Aquila.
Journaliste scientifique, Bruno Ghibaudi a écrit de nombreux articles sur l’aéronautique. En 1958, il a publié une Histoire de l’aviation… Il a écrit des livres sur l’aéromodélisme, et il avait eu une rubrique télé sur le modélisme. Cependant, aucun élément concret n’a jamais fait surface permettant de l’accuser d’avoir fabriqué des maquettes de soucoupe volante pour les photographier ou les filmer. En outre, Ghibaudi ne faisait pas encore partie d’Amicizia lorsque furent réalisées les photos de septembre et octobre 1957 ; or, des objets pouvant s’apparenter à ceux qu’il allait photographier en 1961 y figuraient déjà.
Lors de l’observation du 12 février 1962, Sammaciccia avait été prévenu par les W56 du jour, de l’heure et de l’endroit de cette apparition. Deux disques volants apparurent l’après-midi au-dessus de Milan.
« Nos amis nous avaient prévenus de ce survol et j’avais demandé la permission de faire quelques photographies. Nous sommes allés sur la terrasse d’un haut bâtiment de la Place Giulio Cesare, et nous réussîmes à prendre des photos qui par la suite furent publiées dans quelques journaux, spécialement l’une d’entre elles très réussie, avec les immeubles de Milan en arrière-plan et les disques directement au-dessus. » (B. Sammaciccia)
Bruno Sammaciccia était prévenu soit par message radio, soit par télépathie. En avril 1956, il avait été informé par les W56 qu’il serait plus facile de « communiquer d’esprit à esprit », et il a dû subir une espèce d’entraînement pendant 8 mois. Plus tard, ils lui placèrent un minuscule implant derrière son oreille gauche afin d’activer, dans son cerveau, cette faculté de communiquer télépathiquement avec eux.
« Il suffisait de capter le message, puis de se rendre sur place armé d’une caméra et d’un appareil photo. Ce fut le cas également pour le film dit de Trenno.
Les W56 les laissaient prendre des clichés, ou éventuellement filmer, et leur permettaient de publier certaines de ces images dans des magazines. » (M. Zirger)
On peut parler d’un « dévoilement contrôlé inoffensif » car les photos prises, comme celles de 1957 montrant un extraterrestre W56 publiées par Perego en 1963, ne recelaient aucune valeur de preuve.
Selon Bruno Sammaciccia, le niveau technologique des W56 et des CTR leur permet de modifier ou d’altérer des photos ou des films à distance, et d’impressionner la pellicule sans que celui qui filmait n’ait vu le moindre objet.
« Bref, concrètement, ils peuvent changer en partie ou totalement ce que montre un film ou une épreuve. C’est ce que firent des extraterrestres CTR sur un film qui avait été dérobé à Sammaciccia et qui potentiellement pouvait représenter un danger si sa révélation n’était sous contrôle. Le film à l’origine montrait deux objets passant derrière des cheminées. Après leur intervention, ces mêmes objets passaient devant les cheminées, ce qui impliquerait dans l’esprit des gens un trucage et rendait ce film inutilisable. » (M. Zirger)
Les vaisseaux des W56
Les vaisseaux des W56 sont du même type que ceux qu’Adamski photographia et dans lesquels il prétendit avoir volé.
Dans son second livre, 50 ans d’Amitié (traduction du titre italien original), Stefano Breccia a inclus deux illustrations réalisées par lui-même d’un modèle standard d’appareil censé être piloté par les W56. La partie inférieure présente, comme dans des photos prises par Adamski, un renflement central circulaire entouré de triples sphères. Michel Zirger note que plusieurs autres éléments dont parla Adamski sont également confirmés dans le livre de Breccia :
* Les hublots qui s’ouvrent comme des iris sur la paroi de la cabine de pilotage.
* La propulsion par électromagnétisme pour les vaisseaux éclaireurs ou vaisseaux de reconnaissance (« scout-craft » ou « scout ship »).
* La colonne « magnétique » au centre de la cabine (dans certains vaisseaux W56).
* Un système d’anneaux tournant à la base et au sommet de la cabine lié à la production d’un puissant champ électrostatique. Michel Zirger note que la description du système de propulsion que fait Breccia est un élément de poids en faveur de l’authenticité des photos du « scout », prises par Adamski le 13 décembre 1952, sur lesquelles un même système d’anneaux est bien visible.
* L’existence d’énormes vaisseaux en forme de « cigare » pour les voyages interplanétaires, interstellaires ou intergalactiques.
* Les vaisseaux de reconnaissance (« scout craft ») fabriqués avec du métal (fer, aluminium).
Les appareils pilotés par les W56 relèveraient donc d’une technologie très proche, voire identique, à celle décrite par George Adamski.
Les W56 appellent leurs vaisseaux « bell » (« cloche »), en raison de leur forme.
« Or, c’est exactement le terme qu’utilisaient les extraterrestres dans leurs communications radio avec le groupe de George Hunt Williamson à partir d’août 1952. » (M. Zirger)
Dans 50 ans d’Amitié, Stefano Breccia évoque des vaisseaux éclaireurs W56, qu’il appelle « Twin Scouts » – « vaisseaux jumeaux » -, dont la carlingue lenticulaire est surmontée d’un double dôme abritant chacun un pilote. Il précise que tous les cas d’observation de ce type d’appareil ont été rapportés en Italie, à l’exception d’un en France. Le cas français est celui du contacté Robert L. (Lortal) auquel je consacre les deux premiers chapitres de mon livre intitulé Contacts avec des visiteurs de l’espace (JMG éditions, 2018) – le tome 3 de Civilisations extraterrestres -, et que j’ai auparavant évoqué dans un article publié dans le numéro 35 (février-mars 2008) de la revue Top Secret. Ce cas, initialement publié dans la revue Lumières dans la Nuit (LDLN), a aussi été traité dans le livre (éditions Interkeltia, 2011) de Georges Metz (qui a collaboré à LDLN) : OVNIs en France, et dans le premier livre d’Elisabeth de Caligny : Rencontres avec des humains d’outre-espace (éditions Le Temps Présent, 2019). C’est en janvier 1967, dans l’Aveyron, qu’eut lieu l’observation de l’engin à double coupole et avec un occupant à l’intérieur de chaque coupole.
De plus, Robert Lortal mentionne, dans son récit, un appareil en forme de disque avec coupole, muni, dessous, de triples sphères. Il s’agissait, dessin à l’appui, d’un modèle d’appareil semblable à ceux des W56.
Il existe ainsi, sur l’infrastructure de ce type de véhicule, un système de trois sphères plus ou moins apparent, ce qui constitue, depuis la sortie en 1953 de : Les soucoupes volantes ont atterri, une marque « adamskienne ». Un système quelque peu analogue avait été évoqué en 1950 dans le premier livre sur les OVNIs, celui de Frank Scully : Behind the Flying Saucers (qui avait été traduit en français sous le titre : Le mystère des soucoupes volantes), qui était aussi le premier livre sur les crashs d’OVNIs. On lit en effet, en deux endroits, que le plus petit des trois vaisseaux qui se seraient écrasés près d’Aztec au Nouveau-Mexique en 1948, et qui auraient été récupérés par l’armée américaine, possédait ce que Frank Scully décrit comme « un train d’atterrissage tricycle » formé de « trois sphères métalliques ayant l’apparence de l’acier ». Selon lui, ces sphères avaient une fonction gyroscopique liée à la propulsion électromagnétique. George Adamski tenait en haute estime le livre de Frank Scully et fut le seul, dans les années 1960, à « resouligner » l’importance de ce livre « alors tombé en disgrâce », disant notamment lors de conférences qu’il fut le premier à faire prendre conscience au monde que des engins extraterrestres atterrissaient. L’humoriste et journaliste chroniqueur mondain hollywoodien Frank Scully avait été ridiculisé « et le livre estampillé du sceau infamant » de mystification.
« Selon Stefano Breccia, ces sphères seraient creuses et remplies d’azote sous haute pression qui serait injecté grâce à des pompes à ultrasons dans des anneaux cerclant la base de la cabine et, conjointement aux lignes de force du champ électrostatique, se transformerait localement en un plasma, avec création d’un champ magnétique puissant. » (M. Zirger)
Stefano Breccia affirmait aussi que chaque vaisseau était construit pour une mission spécifique…
Sur la plupart des photos évoquées plus haut, une sphère est plus apparente que les autres, ce qui n’est pas sans rappeler, note Michel Zirger, le film tourné par George Adamski le 26 février 1965 en présence de Madeleine Rodeffer.
« Sur la séquence qui nous est parvenue, seules deux sphères sont visibles, la troisième étant, soit rétractée, soit cachée par la coque dont une bonne partie se déforme à vue d’œil, un phénomène étonnant qui pourrait être dû à un effet d’optique (…). » (M. Zirger)
Selon Stefano Breccia, sur certains vaisseaux W56 une des sphères au moins peut parfois se trouver plus excentrée, conséquence d’un mouvement radial.
Les écrits de Bruno Ghibaudi
Un article de Bruno Ghibaudi est paru le 24 janvier 1963 dans le magazine Le Ore, le titre de l’article étant : J’ai parlé avec les pilotes des soucoupes volantes. Il évoquait sa rencontre, pendant l’été 1961, avec des extraterrestres d’apparence humaine, dans une maison en présence de témoins.
Bruno Sammaciccia a rapporté que Bruno Ghibaudi a enregistré quelques conversations des W56, qu’il les avait fait écouter « ici et là », et qu’il avait commencé à écrire des articles sur le sujet. « Il nous apprend que tout cela déplut aux W56 qui conseillèrent à Ghibaudi d’arrêter, ou, en tout cas, de faire très attention aux répercussions que cela pourrait avoir sur sa situation sociale », les gens n’étant pas prêts, dans leur majorité, à accepter cette réalité.
« Sammaciccia lui-même avoue qu’il voyait d’un mauvais œil la volonté de Ghibaudi d’écrire ces articles, voire un livre, et l’avait sommé sans détour de ne rien dévoiler des expériences du groupe.
Néanmoins, ces différentes injonctions comminatoires ne découragèrent pas Ghibaudi qui acheva sa longue série d’articles dont celui sur sa rencontre avec des extraterrestres. » (M. Zirger)
Il n’y a, dans ces articles, aucun nom, aucun lieu précis, aucune information sensible. Mais en 1965, après l’article sur la rencontre avec les extraterrestres, une brouille survint entre Ghibaudi et les autres membres du groupe Amicizia, « peut-être liée à cette autocensure qui lui était imposée et dont il ne voyait plus toute l’utilité ». Le leader d’Amicizia jugea alors nécessaire de couper les ponts avec Ghibaudi, et ce dernier se mura dans le silence.
Quant à Alberto Perego, il écrivit, à propos des deux photos montrant un extraterrestre W56 qu’il avait publiées dans L’aviation d’autres planètes opère parmi nous, qu’il répondrait « dans les années à venir » aux questions que l’on pouvait se poser à propos de ce pilote, car il ne pouvait alors, écrivit-il, révéler ces détails.
En 1962, Bruno Ghibaudi rédigea l’article du Domenica del Corriere relatif aux observations de Gaspare De Lama. (1)
Référence
1. Michel Zirger, « Visiteurs sans passeport. ‘‘Ils’’ sont là ! », éditions Le Temps Présent, 2016, p. 83-94, 96-100, 103-118, 120-126, 376, 377-378.
* NOTE : Ce texte a été publié dans le numéro 2, paru en 2023, de la revue « OVNIs et Vie extraterrestre ». Il constitue aussi le chapitre 7 de mon livre intitulé « Contactés et Starseeds », le tome 7, paru en 2024, de ma série « Civilisations extraterrestres ».


