1. Des journalistes incompétents :

En matière de vie extraterrestre, les mentalités n’évoluent pas dans les médias mainstream, et le niveau zéro y est toujours présent. J’en veux pour preuve, par exemple, cette question posée par une journaliste (Aurélie Casse) de BFMTV : « En quoi est-ce si important de savoir si nous sommes seuls dans l’univers ? ». C’est dire le niveau… C’était le 18 février 2021, à l’occasion de l’atterrissage sur Mars du rover américain Persévérance. Les intervenants sur les chaînes concurrentes CNEWS et LCI n’ont pas été meilleurs. Ainsi, Jean-Luc Dauvergne, journaliste à Ciel et Espace, a dit, sur LCI, que personne ne peut dire si la vie est une loi universelle ou si elle n’existe que sur Terre, ce qui est totalement faux pour tous ceux qui, comme moi, s’intéressent de longue date aux dossiers ufologiques et aux multiples sources faisant état d’une présence extraterrestre dans le passé et dans le présent de la Terre. De même, dans l’émission 90 minutes info du 19 février 2021, sur CNEWS, on lisait en titre : Y a-t-il de la vie ailleurs que sur Terre ? Les journalistes et les scientifiques présents dans ces émissions sont tout à fait caractéristiques d’un milieu journalistique et académique complètement fermé aux témoignages et sources faisant état d’une présence extraterrestre sur Terre et ailleurs.

Y a-t-il eu de la vie sur Mars ?, interroge-t-on. Pour la réponse à cette question, je conseille notamment le chapitre intitulé : La planète Mars a été habitée, dans mon livre Mondes habités et contactés (JMG éditions, 2016), le tome 1 de Civilisations extraterrestres… Je me suis intéressé aux OVNIs depuis 1969 (l’année du premier alunissage) et, depuis cette date, je sais que nous ne sommes pas seuls pans l’Univers et qu’il est faux de dire que personne ne sait si la vie est universelle ou unique à la Terre. Il est pathétique de lire et d’entendre encore, plus de 50 ans après, des âneries du genre : « Sommes-nous seuls dans l’univers ? », « Personne ne sait si la vie existe ailleurs »… Dans le numéro 12 (mars-avril-mai 2022, page 48) d’Inexpliqué, l’intervieweur de Stefanie Milam (une astrobiologiste à la NASA) a demandé à celle-ci si le télescope spatial James Webb allait enfin « nous apporter la réponse à la question qui obsède les hommes depuis des siècles, à savoir : sommes-nous seuls dans l’Univers ? ». Pour ma part, je fais partie des gens sensés qui savent que nous ne sommes pas seuls dans l’Univers !

Un autre exemple pathétique de l’état d’esprit rétrograde de beaucoup de nos contemporains (en attendant le contact extraterrestre officiel) est donné par la formulation de Nicolas Hulot, entendue en août 2021 sur BFMTV : « La Terre est, jusqu’à preuve du contraire, le seul endroit de l’univers où la vie s’est développée »… Voilà un autre individu, qui était par ailleurs encensé par beaucoup de personnes, qui ne brille pas par sa connaissance et par son ouverture d’esprit envers les données ufologiques et d’autres sources « extraordinaires », notamment les récits des personnes qui ont eu la preuve, elles, par leurs contacts extraterrestres, que la vie est répandue dans l’univers. A noter que la journaliste qui interrogeait ce jour-là l’ancien célèbre animateur d’Ushuaïa n’était autre qu’Aurélie Casse, celle qui, quelques mois auparavant, avait formulé cette interrogation : « En quoi est-ce si important de savoir si nous sommes seuls dans l’univers ? » On voit donc que les « grands esprits » (c’est ironique, bien sûr) se rejoignent… Sur ce type de sujet, les journalistes, scientifiques, « explorateurs », etc., n’ont pas évolué depuis la fin des années 1960. Gageons que dans quelques années ou quelques décennies, le réveil sera très dur pour ces gens-là…

Il n’y a pas que les sempiternelles questions surannées du genre : est-ce que la vie existe ailleurs ? Nous avons aussi les non moins sempiternelles références au paradoxe de Fermi : pourquoi « ne sont-ils pas là » ? Si on lit ou entend fréquemment cette interrogation dans les articles « scientifiques » et émissions télévisées mainstream, il est plus étonnant de voir cette formulation, sans aucun développement, dans une revue pourtant consacrée, en partie, au phénomène OVNIs : OVNIs, Science et Histoire. Dans un petit article du numéro 9, de mai-juin-juillet 2021 de cette revue, Paul Bonacieux, qui évoque le cas de l’objet interstellaire « Oumuamua » – que le scientifique Avi Loeb a suggéré être peut-être une nef extraterrestre – et la classique équation de Frank Drake pour évaluer le nombre de civilisations dans notre galaxie, finit son texte en mentionnant le paradoxe de Fermi : « L’idée derrière le paradoxe de Fermi est de constater qu’avec un univers vieux de près de 14 milliards d’années, les extraterrestres devraient être là depuis bien longtemps, or on ne les a jamais vus. » C’est là la formulation typique qui trône dans les publications mainstream académiques. Comment se fait-il que quelqu’un qui publie dans une revue sur les OVNIs termine-t-il son article par cette banale référence au paradoxe de Fermi sans développer pour autant le sujet ? Divers auteurs (Christel Seval, etc.), dont moi-même, ont répondu dans leurs écrits à ce prétendu paradoxe constamment évoqué par les astronomes/astrophysiciens. La réponse à ce fameux paradoxe est simple : « ils » sont bien là, et depuis fort longtemps – il suffit, pour s’en rendre compte, de s’intéresser au vaste dossier OVNIs et à la « théorie des anciens astronautes » -, et, s’ils ne se manifestent pas officiellement, c’est pour respecter le non moins fameux principe de non-interférence ou de non-ingérence… (Quant aux éventuels êtres « négatifs », ils ont de bonnes raisons de se cacher, compte tenu de la nature de leur agenda.)

Dans une vidéo diffusée le 5 mai 2021 sur NUREA TV, Michel Guénier a évoqué le cas d’un individu qui avait fait des conférences sur les OVNIs pour dire notamment que les extraterrestres « ce n’était pas vrai » (sic), que « de toute façon, la plupart des OVNIs sont des ballons-sondes, des choses de l’armée » (sic), des propos qui s’avèrent complètement ineptes lorsqu’on prend connaissance des récits détaillés des Rencontres Rapprochées (RR1, RR2, RR3…).

Les revues de vulgarisation scientifique ne sont pas en reste en ce qui concerne la présentation tendancieuse des dossiers concernant les OVNIs et l’ufologie. Ainsi, page 55 du numéro Hors-Série de juillet-septembre 2021 de Ciel et Espace, le « rationaliste » Jean-Michel Abrassart déclare péremptoirement qu’on sait aujourd’hui que l’incident près de Roswell s’explique par un ballon Mogul… Cette affirmation, qui renvoie en fait à un rapport américain publié dans les années 1990, est bien sûr fausse car elle ne tient pas compte des nombreux éléments et témoignages recueillis par des témoins du crash survenu en juillet 1947 et qui contredisent totalement cette affirmation. La bibliographie, à ce sujet, est abondante, et il suffit de se référer notamment aux livres de Gildas Bourdais, Thomas Carey, Donald Schmitt, Anthony Bragaglia, Michael Hesemann, Stanton Friedman, et de l’ex-lieutenant-colonel de l’US Air Force Kevin Randle, pour infirmer l’affirmation de Jean-Michel Abrassart. Je conseille, à propos de Roswell, la vidéo de NUREA TV avec Gildas Bourdais (émission diffusée le 22 février 2022) : Roswell : Un crash d’OVNI au Nouveau-Mexique ?, ainsi que le livre de James Clarkson (avec une préface de Tom Carey), publié en français en janvier 2022 par Flying Disk France et consacré à June Crain, un témoin-clé de l’affaire Roswell : June Crain, l’Air Force et les OVNIs : Secrets de la Base Wright-Patterson 1942-1952. (Livre disponible sur Amazon.)

Sur le site futurasciences.com, le traitement du sujet OVNIs est extrêmement minimaliste et réducteur, comme il fallait s’y attendre de la part d’un organe de presse numérique mainstream (et comme c’est aussi le cas pour le GEIPAN, avec ses quelques PAN D inexpliqués). Ainsi, la journaliste Nathalie Mayer évoque brièvement, dans un petit texte mis en ligne le 14 juillet 2021, le rapport au Congrès américain publié le 25 juin 2021, et rédigé par le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), sur les observations d’OVNIs ou PAN. Elle écrit qu’on associe volontiers les PAN à l’incident de Roswell et à la Zone 51, aux théories du complot, aux crop circles ou encore aux histoires d’enlèvements par des extraterrestres, et elle ajoute ce commentaire : « Des histoires ‘‘à dormir debout’’ auxquelles les chercheurs hésitent évidemment à associer leur nom. » Contrairement à ce qu’insinue cette journaliste, les enlèvements extraterrestres et l’incident de Roswell, par exemple, ne sont absolument pas des « histoires à dormir debout », les abductions ayant été et étant vécues par de nombreuses personnes dont les récits se recoupent d’ailleurs souvent. Elle écrit que plus de la moitié des observations peuvent être attribuées à des météores ou d’autres phénomènes tout à fait naturels, et que le PAN le plus courant serait la planète Vénus que certains imaginent parfois bouger d’avant en arrière et se déplacer assez rapidement dans le ciel. Or, ce genre de méprises n’a strictement rien à voir avec les authentiques OVNIs.

2. Science-fiction et OVNIs :

  • Dans le numéro de juillet-septembre 2021 de Science et pseudo-sciences, la revue (celle de l’AFIS) des « rationalistes » français, la romancière (science-fiction, fantasy) Irène Delse écrit que l’influence de la fiction populaire sur l’imaginaire d’une époque est un champ de recherche « qui a déjà éclairé une partie du folklore ufologique », et note qu’il y a « des similarités frappantes entre les récits de rencontre avec des créatures ou engins extraterrestres, et la façon dont ceux-ci sont représentés dans les médias de l’époque ». Elle évoque les illustrations, dans les années 1930 et 1940 aux États-Unis, des magazines de fiction et des bandes dessinées qui ont popularisé « l’image d’un vaisseau en forme de disque bien avant le premier témoignage en 1947 sur des ‘‘soucoupes volantes’’ », et elle mentionne aussi l’enlèvement de Betty et Barney Hill par des extraterrestres ayant une tête globuleuse et des yeux étirés vers les tempes (ceux appelés aujourd’hui « petits Gris »), ce récit ayant été rapproché « de façon convaincante », écrit-elle, d’un épisode de la série Au-delà du réel (Outer Limits, 1963-65). Et de rajouter que les créateurs de la série ont pu s’inspirer eux-mêmes du roman Les Premiers Hommes dans la Lune de H. G. Wells, où les héros rencontrent des Sélénites de petite taille, à la peau grise et aux yeux protubérants. Se référant à Howard P. Lovecraft, elle écrit que les visiteurs extraterrestres dépeints par celui-ci sont, au mieux, indifférents, la coloration négative associée étant, dit-elle, plus proche « des théories du complot sur l’affaire Roswell ou la Zone 51 ». En voilà encore une (mais ceci est inévitable dans le milieu pseudo rationaliste) qui (à propos du crash près de Roswell) confond la dissimulation d’une vérité pour des raisons de sécurité nationale et d’appropriation de matériaux d’origine exotique, et un complot ! Elle parle de « mythologie de Roswell et de la Zone 51 », de petits Gris « déjà rencontrés dans ‘‘X-Files’’ et inspirés par ‘‘Au-delà du réel’’ et, indirectement, par ‘‘Les Premiers Hommes dans la Lune’’ de Wells ». Ce qu’Irène Delse évoque ici, ce sont les éléments mis en exergue par des auteurs (qu’elle ne cite pas) comme Bertrand Méheust et Michel Meurger, ce qui pose le problème des rapports entre « science-fiction et soucoupes volantes », un thème que j’évoque moi-même dans le premier chapitre – dont je recommande la lecture – de Mondes habités et contactés (JMG éditions, 2016), le tome 1 de Civilisations extraterrestres, un chapitre dans lequel je montre l’inanité des conclusions auxquelles sont parvenus ces chercheurs. Ainsi, Gildas Bourdais a noté qu’un examen rapide des influences réciproques entre science-fiction et OVNIs nous invite à faire le constat « que ce sont essentiellement » les OVNIs qui ont inspiré la science-fiction, et non l’inverse… Je note pour ma part, comme je l’écris dans le tome 1, qu’il n’est pas du tout venu à l’esprit de Bertrand Méheust que les auteurs de science-fiction (ou certains d’entre eux) aient pu être inconsciemment inspirés par des sources non-physiques, et ce, par un processus de médiumnité « globale », le but recherché étant de sensibiliser les gens à des réalités de nature extraterrestre. Certaines sources « extraordinaires », que je cite dans ce tome 1, vont dans ce sens, comme par exemple celle-ci :
  • « La plupart de ceux qui sont connus dans le monde des films ou des ouvrages de science-fiction ont eu des rapports avec les êtres des étoiles. Les nuits de la planète Terre sont riches en contacts et en voyages lointains, et même si les souvenirs au retour sont parfois un peu confus, la trame essentielle reste et le message passe. »
  • Il s’agit là d’une information donnée par un être de l’espace à Anne Givaudan, lors d’une sortie hors du corps. (Voir son livre Alliance, éditions S.O.I.S., 2000.)

Je donne dans le premier chapitre de Mondes habités et contactés d’autres références allant dans ce sens, comme par exemple l’information reçue par la channel Virginia Essene, selon laquelle (source alléguée : le Maître Jésus) une bonne partie de la série Star Trek est le fruit d’un channeling… (Enseignements nouveaux à une humanité qui s’éveille, éditions Ariane, page 339 de l’édition augmentée de 1994.) J’écris aussi, dans ce tome 1, que ce qui est valable pour une série télévisée, un film ou un livre, l’est aussi pour les bandes dessinées des années 1920-1930 ! Ainsi, Kottmeyer a déniché une bande dessinée de Buck Rogers datant de 1930 environ, celle-ci étant, selon lui, « indéniablement la préfiguration des récits d’enlèvements contemporains ». Selon Kottmeyer, le récit d’enlèvement de Betty et Barney Hill s’inspire du film Invaders from Mars et d’un livre lu par Betty. Cet auteur « oublie » cependant qu’une base militaire proche a repéré au radar un OVNI le soir de l’observation… Quant à l’épisode de la série Au-delà du réel, évoqué par la romancière Irène Delse, elle donne elle-même la date de la diffusion de cette série : 1963-65. Or, l’enlèvement de Betty et Barney Hill est daté de septembre 1961… Il est donc fallacieux de prétendre que le récit des époux Hill a été rapproché, « de façon convaincante », de cet épisode. (En outre, et en tenant compte que les séances d’hypnose ont eu lieu après l’observation initiale, il faudrait apporter la preuve que les époux Hill ont vu cet épisode avant leurs séances d’hypnose !) Si, dans certains cas de ressemblance entre récits inventés et vrais récits, l’hypothèse du simple hasard n’est pas à écarter, et que dans bien d’autres cas l’explication par une intervention exogène inconsciente est à retenir, il y a une troisième explication évidente pour le « réincarnationniste » que je suis : certains auteurs de science-fiction (sous forme livresque ou filmée) peuvent, sans s’en rendre compte, reproduire des éléments d’information qu’ils ont eu connaissance (dans le cas d’âmes précédemment incarnées sur d’autres planètes) lors de précédentes « expressions corporelles »… Inutile d’inventer, comme le font les pseudo-rationalistes, des récits OVNIs influencés par la thématique de science-fiction, ces individus étant évidemment par ailleurs incapables d’intégrer, dans leur vision de la réalité, les deux types de sources particulières que j’évoque ici.

3. Des « complots » ?

On notera, chez les soi-disant rationalistes, une tendance généralisée à mettre sous l’étiquette de « théories du complot » certains dossiers qui, comme le crash près de Roswell, ne relèvent pas, en réalité, de cette catégorie. Les pseudo-rationalistes usent et abusent de ce genre de raccourcis saisissants qui ne visent en fait qu’à dénigrer certains thèmes qui n’entrent pas dans leur conception de la réalité ou du possible. C’est par exemple visible dans le numéro Hors-Série de Ciel et Espace évoqué plus haut, où on évoque brièvement, dans un encadré, la fausse autopsie d’un extraterrestre (mise sur le compte du dossier Roswell, alors qu’il faut dissocier cette histoire de ce dernier), ainsi que dans une BD (« J’ai vu les soucoupes ») où l’auteure Sandrine Kérion, lit-on dans un texte sur ouest-France.fr mis en ligne le 7 juillet 2021, « décrit sa plongée dans les délires des objets volants non identifiés : les ovnis ».

« Adolescente en perte de repères dans les années 1990, baignant dans l’ésotérisme et le complotisme, la Bretonne raconte comment elle s’est enfermée dans ses croyances des objets volants non identifiés avant de s’en extirper grâce à la science. »

On a droit aussi à ce commentaire :

« Convaincue d’avoir vu des soucoupes et même d’être en lien direct avec les extraterrestres, elle se laisse entraîner dans les délires des ufologues les plus fantaisistes. Dans ‘‘J’ai vu les soucoupes’’, BD parue aux éditions La boîte à Bulles, l’autrice et dessinatrice se livre sur ces années d’errance psychologique et sociale, baignée de complotisme fumeux et d’ésotérisme malsain dont elle a pu s’extraire grâce à la science. Un témoignage édifiant sur les mécanismes qui font passer du doute légitime à la croyance aveugle. Bien documenté, l’ouvrage au style agréable donne aussi la température d’une époque – les années 1990 – où gourous et charlatans se répandaient dans les médias. » (N. Blandin)

Ce qui est réellement délirant et fantaisiste, ce ne sont pas les objets volants non identifiés ou des ufologues, mais les amalgames entre ufologie et complots. On ignore, à la lecture de l’article, ce qu’est « l’ésotérisme malsain » et sur quelle prétendue « science » l’auteure s’est appuyée pour s’en extirper. Quant aux gourous et charlatans des années 1990, j’ignore aussi ceux qui sont désignés de la sorte, ce qui ne me permet pas de déterminer la fiabilité ou non de ce jugement, d’autant que je n’ai pas le souvenir de réels gourous et charlatans qui se seraient exprimés dans les années 1990 sur les dossiers ufologiques.

Il y a, chez ces individus, une lamentable confusion entre la notion de complot et celle de dissimulation de la vérité (à des fins de « sécurité nationale » et pour bénéficier de la rétro-ingénierie de matériaux d’origine exogène). C’est le cas pour le crash près de Roswell. La dessinatrice tombe elle-même dans le même travers que Jean-Michel Abrassart lorsqu’elle commente dans sa BD :

« En 1994, le Congrès américain a réclamé une enquête pour lever le voile sur les diverses incohérences de l’affaire Roswell. Sa conclusion est qu’il s’agissait des débris d’un ballon de repérage nucléaire issu d’un projet militaire top secret. »

Il s’agit de ce à quoi se réfère Jean-Michel Abrassart (dans le numéro Hors-Série, évoqué plus haut, de Ciel et Espace) à propos du ballon Mogul. Cette « explication » a été critiquée par divers spécialistes du dossier Roswell, et évidemment je n’adhère pas à celle-ci, puisque je défends dans ce cas la nature extraterrestre de l’objet – ou des objets – volant crashé à cet endroit. (J’ai consacré quelques articles au dossier Roswell, dont un texte de Gildas Bourdais, sur mon précédent site : www.mondenouveau.fr) La dessinatrice évoque les théories du complot (je critique moi-même les vraies théories du complot, comme la « Moon Hoax » : « Les Américains ne sont pas allés sur la Lune »), ce qui constitue un mélange déplorable avec l’ufologie (à moins d’évoquer certaines élucubrations sur les « Reptiliens », une espèce galactique qui existe cependant) :

« Mais c’est un élément que l’on retrouve dans beaucoup de théories du complot : le fait de croire que l’on détient une vérité que les autres refusent d’admettre. On se sent élu. J’étais vraiment dans cette configuration. » (S. Kérion)

On lit, dans le texte :

« Reptiliens, illuminatis… Comment les théories du complot et les croyances extraterrestres se nourrissent l’une de l’autre ? »

La dessinatrice répond :

« L’idée, pour schématiser, ce serait qu’un groupe réduit de personnes comploterait pour asseoir leur domination sur le monde. C’est aussi pour cela que, dans la BD, on a mis en perspective le récit avec les Qanon et autres théories complotistes actuelles, qui partagent cette vision, alimentée par la corruption, les scandales politiques… Elles puisent dans la défiance vis-à-vis des politiques et des élites. Ça ne découle pas de nulle part. » (S. Kérion)

Nous avons toujours, ici, la confusion entre certains discours ufologiques et de vrais délires complotistes (Qanon, etc.). Elle dit que lorsqu’elle était adolescente, elle s’est raccrochée, dit-elle, à ce qu’elle appelle « la branche pourrie de l’ufologie », c’est-à-dire « toute la partie un peu délirante, mais la plus présente médiatiquement, qui s’est développée en parallèle d’une ufologie plus sérieuse, rationnelle et documentée ». J’ignore ce qu’elle qualifie de « branche pourrie de l’ufologie », dite « un peu délirante »…

Elle s’est mise à lire des ouvrages d’astronomie, des livres d’Histoire…

« À un moment, on commence à douter en se disant que ce à quoi l’on croit est un peu gros. On révise petit à petit son jugement face à des preuves scientifiques solides. Ce qui m’a amenée à aiguiser mon esprit critique de manière plus rationnelle. »

Là aussi, on se demande ce que sont et ce que valent ces prétendues preuves scientifiques solides, et à quoi elles s’appliquent.

« Je me suis replongée dans mes lectures loufoques de l’époque. Pour comprendre comment elles avaient pu m’influencer. J’ai pris conscience de l’énormité de ce qui était écrit. (…) Ce livre est un appel à utiliser son esprit critique à bon escient. » (S. Kérion)

Il n’y a pas de précisions sur la nature desdites « lectures loufoques » – et sur leur prétendue « énormité » -, ce qui ne me permet pas de déterminer si le qualificatif « loufoques » est justifié ou non. (Mes petits moyens financiers vont ailleurs, bien sûr, que dans les « écrits » de cette autrice de BD !) Le journaliste met en lien des articles de zététique, notamment à propos du complotisme, et on peut donc deviner ce que peut être la nature de cet « esprit critique » mis en avant par la dessinatrice. Encore ne faut-il pas confondre esprit critique et esprit de critique, ce que ne savent pas faire les zététiciens qui, s’ils font parfois une bonne critique des théories complotistes, sont aussi hélas, en matière de parasciences et d’ufologie, des spécialistes du dénigrement systématique. Un zététicien (« Hygiène mentale ») qui fait des vidéos prétendument pédagogiques, essaie, dit-il, de faire de l’éducation populaire à la pensée critique, « en particulier face aux phénomènes paranormaux », alors qu’il s’agit souvent, dans ce dernier domaine, de pseudo-démystifications. Vous pouvez lire sur le présent site les deux textes de critique de la zététique :

Zététique et parapsychologie. (Rubrique : Phénomènes paranormaux.)

Wikipédia et les parasciences : désinformation et parti pris. (Rubrique : Énigmes et sujets divers.)

4. Le discours religieux :

Dans le domaine religieux, ce n’est pas mieux. Sur CNEWS, dans une émission du magazine télévisé En quête d’esprit (magazine diffusé le dimanche), le 31 octobre 2021, j’ai entendu un « Monseigneur » (André Léonard, archevêque émérite de Bruxelles) faire ces déclarations erronées (la première déclaration étant de surcroît fantaisiste) : en parlant de la Terre, il a dit qu’il n’y en a qu’une à porter la vie dans l’immensité du cosmos, et, à propos de la réincarnation, il a dit à tort que c’était une mauvaise réponse à une vraie question (sa réponse faisant intervenir le purgatoire : c’est « l’amour de Dieu qui va purifier, pas la réincarnation qui va réaliser cet objectif »)… Il est vrai que CNEWS est devenue, avec notamment son magazine télévisé En quête d’esprit, une sorte de « succursale » de l’Église catholique. Le 25 décembre 2021, j’ai entendu sur cette même chaîne, dans l’émission Les belles figures de l’Histoire, le « père » Jean-François Thomas dire : « Que Dieu soit né avant sa naissance… » (à propos de la vraie date de naissance de Jésus). Ce religieux confond bien sûr, comme ses pairs, Dieu et Jésus, la formulation « fils unique de Dieu » pour caractériser ce dernier étant erronée, car, à vrai dire, il n’y a point, dans le vaste Univers, quelqu’un qui puisse sérieusement être qualifié de fils unique de Dieu, tous les êtres du cosmos constituant des fragments (ou fractales) de la Source Que Jésus ait incarné l’Amour de Dieu est une chose, mais ce n’est pas pour autant qu’il a été le fils unique de Dieu (ce que n’avaient pas compris certains de ses disciples, l’Église ayant ensuite instauré à ce sujet un dogme). En fait, chaque planète habitée a ses propres « envoyés divins »… (Voir, dans le tome 3 – Contacts avec des visiteurs de l’espace, JMG éditions, 2018 – de Civilisations extraterrestres, ce qu’a dit à ce sujet le visiteur de l’espace rencontré par Jean de Raigualgue.)

Dans le n° 11, de janvier-février 2022, de la revue Inexpliqué, on trouve en exergue, en page de couverture, cette déclaration de Guy Consolmagno, le directeur de l’observatoire astronomique du Vatican : « Une chose est certaine : je baptiserais un extraterrestre s’il me le demandait… » Cette formulation inepte montre le caractère présomptueux de ces hommes de religion qui s’imaginent que des êtres ayant des centaines, des milliers ou des millions d’années d’avance sur le niveau scientifique et spirituel de la Terre, seraient prêts à intégrer des doctrines religieuses débiles terrestres encore en vigueur au 21ème siècle ! Après avoir écrit que « nous sommes toujours dans l’attente de savoir si d’autres civilisations s’épanouissent ‘‘ailleurs’’ » (le rédacteur ne devrait parler que pour lui et ceux qui pensent comme lui, et ne pas impliquer tout le monde, dont moi-même, dans sa formulation !), l’auteur cite, en introduction à l’article, le philosophe chrétien Clive Staples Lewis (1898-1963) qui a émis l’hypothèse que le Christ, « en salvateur qui se respecte » (sic), pourrait s’être incarné dans d’autres mondes « pour y dispenser la bonne parole » (sic). Le « frère » Consolmagno, lui, se demande si le péché originel est un événement qui aurait affecté tous les êtres intelligents, si le « sacrifice de rédemption » du Christ est suffisant pour tout l’Univers, etc. Pour ma part, je réponds que le « péché originel » est un mythe propre à certaines traditions religieuses terrestres et que le Christ n’a pas pour ambition (n’étant pas « l’unique fils de Dieu ») la « rédemption » de tous les êtres intelligents du cosmos, d’autant que le terme « rédemption » fait aussi partie d’une mythologie religieuse propre à la Terre… Ce même « frère » dit n’avoir aucune idée quant à savoir s’il existe une vie extraterrestre évoluée et que nous « n’avons pas encore assez de données qui pourraient être concluantes ». (1) Cet astronome religieux se réfère évidemment, comme ses pairs, aux seules données observationnelles astronomiques, en ignorant totalement le vaste dossier ufologique et les multiples sources associées, y compris les récits de contactés. Voilà quelqu’un qui, comme bien d’autres, doute de la vie extraterrestre évoluée, mais croit à des doctrines religieuses dépourvues a priori de toute rationalité et dignes d’un âge révolu.

On lit, dans le numéro 12 (mars-avril-mai 2022) d’Inexpliqué, le courrier d’une lectrice qui a fait ce judicieux commentaire à propos du « frère » Consolmagno :

« Baptiser des extraterrestres ne lui poserait pas de problème, dit-il… Si je respecte profondément toutes les formes de religions (…), je trouve son attitude légèrement présomptueuse, voire naïve. »

« Car sans doute ‘‘aveuglé’’ par sa foi, je redoute qu’il n’ait pas pris conscience que des êtres venus d’une autre planète (du temps ou d’une autre dimension), des êtres dotés d’une technologie inimaginable de notre point de vue », ne peuvent pas encore en être « à notre stade au niveau des croyances ! ».

Elle ajoute :

« Je pense, mais ce n’est que mon avis, qu’il y aurait de grandes chances qu’ils rigolent doucement (si tant est qu’ils puissent exprimer cette émotion). Pour résumer, des créatures ‘‘supérieures’’ auraient sans doute bien plus à nous apprendre sur notre condition, la vie, l’Univers, que nous ne pouvons l’imaginer. Alors le baptême… »

Ceux qui font des « études religieuses » (en dehors des Églises) ne sont pas logés à meilleure enseigne. Ainsi, on lit (page 14) dans le même numéro d’Inexpliqué que Diana Walsh Pasulka, une professeure d’études religieuses présidente du Département de philosophie à l’Université de Caroline du Nord (États-Unis), dit ne pas savoir si les extraterrestres sont une réalité. Elle dit détester admettre que certains jours elle est une « croyante » et que d’autres jours elle est une « sceptique ». Bref, elle ne sait pas où se positionner. En voilà encore une qui ne s’intéresse pas au vaste dossier OVNIs…

Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies sont les auteurs d’un livre paru en 2021 aux éditions Trédaniel : Dieu – La science – Les preuves. Ils ont présenté leur livre dans l’émission En quête d’esprit (sur CNEWS). C’était en octobre 2021, et plus précisément le dimanche qui a précédé la diffusion de l’émission où le « Monseigneur » évoqué ci-dessus a déblatéré les inepties que je viens de dénoncer plus haut. Dans leur livre, ils écrivent à propos de Dieu : « Contrairement à de potentiels extraterrestres, son existence est plus probable et mieux admise, et les traces de son action dans l’Univers plus tangibles. » Voilà une bien curieuse formulation. Comment peut-on dire que l’existence de Dieu est plus probable que celle de « potentiels » extraterrestres ? La personne sensée, qui s’intéresse à la fois aux données relatives à l’ufologie et à la présence extraterrestre (passée et présente), d’une part, et aux nombreux phénomènes qui témoignent de la survie de la conscience après la mort (et donc de l’existence de Dieu ou de la Source), d’autre part, sait pertinemment que les deux réalités sont indissociables (sauf pour les obscurantistes religieux dont certains n’ont même pas encore dépassé, à notre époque, le stade de « la Terre plate » !). Une personne sensée ne peut pas en effet concevoir qu’une Intelligence Supérieure à l’origine de la Création (dans ses aspects visible et invisible : l’Univers matériel et le Monde spirituel) n’ait donné la vie que sur une seule petite planète perdue dans l’immensité de l’espace sidéral. Dans le cas contraire, quel gâchis monumental et totalement invraisemblable cela aurait été ! La multiplicité des mondes habités est étroitement associée à l’existence d’une Intelligence Supérieure : les mondes sont faits pour être habités, pas pour servir de décor cosmique ! Par contre, la vision athée de l’existence (à laquelle adhèrent ceux qui vouent un culte au dieu hasard) peut être parfaitement corrélée avec la notion de vie unique sur Terre, l’apparition de la vie sur une planète nécessitant, selon cette optique, des circonstances jugées peu probables. Les défenseurs de l’existence de Dieu devraient donc tous être capables d’intégrer, dans leur conception de la réalité, s’ils avaient l’intelligence requise, à la fois l’existence de Dieu et celle de la multiplicité des mondes habités. Écrire que l’existence de Dieu est plus probable que celle d’extraterrestres, cela relève tout simplement de l’absurdité, une conception qui, si elle était compréhensible il y a quelques siècles, est de nos jours complètement dépassée et inadmissible.

Par la formulation : traces de l’action d’extraterrestres qui seraient moins tangibles, il faut probablement comprendre que la science astronomique n’a pas encore décelé de vie intelligente ailleurs que sur Terre. Cependant, la recherche de la vérité, en matière de vie extraterrestre, ne se limite pas, contrairement à ce que s’imaginent les auteurs et chercheurs de statut scientifique et « académique », aux données observationnelles astronomiques, mais doit impérativement intégrer le vaste corpus de données ufologiques, y compris les récits de contactés. Et, lorsqu’on s’intéresse à ce sujet avec l’esprit ouvert, les « traces » extraterrestres s’avèrent alors plus tangibles qu’il n’y paraît aux ignorants et incompétents.

Contrairement à ce qu’a dit Michel Chevalet (à l’occasion des obsèques des frères Bogdanov), le 10 janvier 2022 sur CNEWS, l’idée que « nous ne sommes pas seuls » n’est pas une hypothèse, mais bien un fait incontournable, compte tenu de l’existence de milliards de planètes dans l’Univers, ainsi que de l’étude des dossiers ufologiques et des récits de contactés.

Par contre, que l’existence de Dieu soit « mieux admise » (sic), cela n’a rien de surprenant, compte tenu du poids séculaire et millénaire des religions, l’évidence de la vie extraterrestre n’ayant commencé à marquer de nombreux esprits qu’à partir de la seconde moitié du vingtième siècle, avec les progrès de la science astronomique, certes, mais aussi grâce à la multiplication d’observations d’OVNIs et de récits de contactés.

Alain Moreau

 

Référence :

1. Inexpliqué, n° 11, janvier-février 2022, p. 20-25.