En septembre 2025 est paru (aux éditions Albin Michel) un fort intéressant ouvrage de la romancière Julie Ewa (diplômée d’un master en philosophie et en travail social) qui relate ses sorties hors du corps qu’elle a commencé à expérimenter à partir de 2021.
À l’âge de 11 ans, Julie a emménagé chez ses grands-parents maternels afin d’intégrer un collège catholique. Sa mère avait consulté des médiums. Julie utilisait un tarot de Marseille, elle a essayé l’écriture automatique et les séances de spiritisme, puis, à cause d’un vulgaire film d’horreur montrant des scènes de possession, elle a développé une phobie des histoires de fantômes…
En décembre 2010, le frère de la grand-mère maternelle de Julie Ewa est décédé à l’hôpital de Mulhouse. Julie a cru voir, en entrant dans la chambre, une fine émanation s’échapper de la dépouille, « comme une légère fumée grise avec une forme humaine ». L’espace d’un instant, elle a eu l’étrange sensation « que cette silhouette se redressait avant d’enlacer doucement la veuve pleurant à son chevet ». (1) Julie Ewa a fait des études de philosophie…
En juillet 2021, en Suisse, Julie Ewa voyageait en van avec sa meilleure amie (aussi prénommée Julie) et Manuel (son amant d’origine mexicaine). Alors qu’elle allait s’endormir, une étrange sensation s’est soudainement emparée de son corps : elle a ressenti, dans ses membres, de puissantes vibrations :
« En un instant, j’ai l’impression que des milliers de fourmis se mettent à courir sous ma peau. Les pieds, les jambes, les bras. Ce n’est pas désagréable, mais cette sensation me prend de court. Je suis parfaitement immobile et incapable de bouger.
Qu’est-ce qui m’arrive tout à coup ? Pourquoi suis-je paralysée ?
Dans mes talons, une vague de chaleur déferle. Une masse aqueuse et chaude remonte le long de mes mollets. En d’autres circonstances, j’aurais cédé à la panique. Une substance semblable à du goudron corsète progressivement ma colonne vertébrale.
Bizarrement, quelque chose m’incite à rester sereine. Mon rythme cardiaque accélère, mais je garde la tête froide. (…)
Mon corps vibre. Chaque cellule semble parcourue de micro-spasmes électriques. Je pulse de l’intérieur. Tout est de plus en plus vibrant comme un moteur à réaction.
Quand la vague de chaleur pénètre mon crâne, ma tête se met à tourner et des bruits inondent mes tympans. Stridents, violents. Des casseroles qui s’entrechoquent.
J’ai envie de me débattre quand l’impensable se produit… Tout à coup, j’éprouve la vive impression de me séparer de mon corps !
Mes perceptions sont ineffables : je me détache, je me décolle, je me dédouble, je me ‘‘désimbrique’’.
A cet instant, la gravité ne m’atteint plus. Je suis comme une vapeur montant vers le plafond.
Pendant la dissociation, un son singulier me parvient, un ‘‘flop’’ indescriptible marquant la fin du décrochage. » (J. Ewa)
Tout est devenu noir, silencieux, elle ne sent plus son poids, elle flotte, ondule, baigne dans une atmosphère veloutée et enveloppante, comme si elle ondoyait dans une piscine d’eau salée.
Elle « entend » sa pensée aussi clairement que des mots prononcés dans une salle vide. Un silence absolu s’en est suivi. Elle s’est demandée si elle était morte. Et elle a été tentée d’appeler au secours (Dieu, Jésus…), puis son angoisse s’est apaisée d’elle-même.
Elle s’est balancée de gauche à droite en savourant cette légèreté, les lois de la pesanteur semblant inexistantes. Une joie incommensurable l’a submergée, tant la sensation était grisante. Elle a entrepris, suspendue dans les airs, plusieurs roulades aériennes, son intention suffisant à commander ses déplacements. Elle volait, elle cabriolait, elle se sentait libérée des entraves de la matière solide : elle était « un oiseau, une plume, un courant d’air ».
Au moment où l’idée d’ouvrir les yeux la traversa (à cause de l’obscurité environnante), elle fut aspirée vers le bas et réintégra son corps. Elle resta figée sur le lit avec la désagréable sensation d’avoir regagné une cellule de prison. Ayant pensé qu’elle voulait ressortir, elle se vit instantanément projetée « au-dehors » et se remit à flotter « voluptueusement ».
« Cette fois, je perçois mon environnement. L’intérieur de la voiture m’apparaît flou et en noir et blanc. Je suis sous le ciel du toit à quelques centimètres de la tôle.
En pivotant, j’aperçois deux silhouettes aux contours lumineux qui sommeillent en dessous. Ma propre silhouette est à droite, recroquevillée face à Manuel.
Ce constat me cause un choc : je suis sortie de mon corps… réellement sortie hors de mon corps… » (J. Ewa)
Ayant encore pensé à ses yeux, elle a réintégré son corps après une chute à la verticale. Ses paupières se sont soulevées…
Julie Ewa avait, une fois, déjà entendu parler de sortie hors du corps : elle avait rencontré à Strasbourg un pilote de chasse (prénommé Matt) âgé d’une quarantaine d’années qui rêvait de quitter l’armée et qui lui a dit qu’il lui arrivait, alors qu’il était allongé sur son lit, de se détacher de son corps. Il se retrouvait souvent sous le plafond, au-dessus de lui-même, et il pouvait aussi traverser les murs et voler dans le ciel. Si ses supérieurs le savaient, a-t-il dit, il serait réformé pour aliénation mentale.
Julie Ewa a dit à son amie Julie ce qui lui était arrivé : les vibrations très fortes, la vague de chaleur, les fourmillements, le décollage, la vision trouble et les roulades dans les airs, l’impression d’avoir un corps beaucoup plus léger (« comme s’il était rempli d’hélium »).
Si ses souvenirs sont exacts, dit Julie Ewa, c’est vers l’âge de 6 ou 7 ans qu’elle a commencé à contrôler ses rêves : elle parvenait, la nuit, à prendre conscience qu’elle rêvait. Il lui était alors possible d’inventer des décors et des scénarios, de concevoir des personnages fictifs. Certaines personnes vivent cela une seule fois dans leur vie, alors que d’autres le pratiquent régulièrement. Il lui arrivait encore, de façon plus rare, de faire des rêves lucides, mais ce qu’elle avait vécu en juillet 2021 était d’une autre nature, cela n’avait rien d’un rêve. Lorsqu’elle contrôle un rêve, elle sait qu’elle est en train de rêver, son environnement a une texture onirique : il est instable et changeant, et elle sent que tout est illusoire. Lors de sa sortie hors du corps, par contre, elle se sentait réveillée, elle subissait la situation et elle avait l’impression d’être dans la réalité. D’intenses vibrations ont parcouru ses membres, elle vibrait, allongée sur le matelas, comme un moteur d’avion, chaque parcelle de son corps vibrant. Elle s’est « réimbriquée » comme si elle rentrait dans un moule. (2)
Akhena
Julie Ewa s’était procuré, après sa rencontre avec Matt, un livre sur la sortie hors du corps : « Sorties hors du corps – Manuel pratique », qu’elle n’avait pas encore lu. Il s’agit du livre (que j’ai) d’Akhena (un pseudonyme) paru en 2014 aux éditions Exergue. Dans ce livre, un passage a interpellé Julie : la sortie hors du corps s’accompagne de sensations très fortes qui caractérisent ce qu’on appelle l’état vibratoire. Akhena décrit tous les symptômes ressentis par Julie : « les bourdonnements, le changement de pesanteur, les bruits intracrâniens et l’impression de se dissocier ».
« Selon elle, ces sensations sont caractéristiques de la première phase d’une décorporation, lorsque la conscience quitte le corps matériel en utilisant un autre corps, bien plus subtil, appelé ‘‘corps astral’’ dans la tradition ésotérique. Aux dires d’Akhena, tout le monde est doté d’un corps astral. A l’état de veille, nos différents corps se superposent et s’influencent mutuellement. Il en va autrement la nuit, puisque le corps astral voyage pendant le sommeil. Ses escapades nocturnes, mêlées aux productions de l’inconscient, sont ce qui génère les rêves. Les deux corps ne se séparent définitivement qu’au moment de la mort, lorsque la ‘‘corde énergétique’’ qui les relie se brise une fois pour toutes. Libéré de ses chaînes, le corps astral devient alors le nouveau véhicule de l’esprit voyageant dans l’au-delà. La sortie hors du corps n’est qu’un avant-goût de ce processus : pour se séparer du corps physique, le corps astral doit ‘‘changer de fréquence’’, d’où les intenses vibrations… » (J. Ewa)
Akhena décrit ce que Julie Ewa a expérimenté lorsqu’elle écrit qu’il arrive que le débutant ne voit pas ou que sa vision soit floue, et que penser aux yeux physiques, d’une façon ou d’une autre, ramène immanquablement dans le corps.

Julie a a voulu contacter Akhena, mais celle-ci, qui s’appelait Annick Cherville, est décédée à l’âge de 73 ans en 2017. Cette dernière, qui a passé plus de 40 ans à expérimenter, disait qu’on peut voyager partout, et même au-delà du monde physique, dans des dimensions immatérielles, et il serait aussi possible de revoir des défunts. Akhena a écrit qu’il y a une sorte de fil relié au corps physique : la « corde d’argent ». (Personnellement, je sais tout cela depuis le début des années 1970 !)
S’agissant des techniques pour provoquer le phénomène, Akhena recommande de se préparer à l’idée qu’une décorporation est possible, et elle dit que pour discipliner l’inconscient il n’y a rien de tel qu’une « programmation » répétée à longueur de journée : demain, à cinq heures du matin, je sors de mon corps. Julie prononça cette phrase peut-être 100 fois au total.
Selon Akhena, une sortie hors du corps ne peut se produire qu’à condition que l’organisme soit plongé dans la torpeur : il faut endormir le corps tout en gardant l’esprit éveillé, ce qui revient à « entrer éveillé dans le sommeil ».
Akhena sortait toutes les nuits de son corps, sa première décorporation s’étant produite à l’âge de 15 ans. Au début, ses sorties étaient involontaires, puis elle s’est exercée pour comprendre les mécanismes. Elle a dit qu’il y a parfois des déformations liées au fonctionnement du corps astral : il ne peut pas voir le monde matériel tel que nous le voyons, ses perceptions sont partielles, inexactes, ou simplement différentes. Il manque de certaines données, « en particulier des données intellectuelles stockées dans notre cerveau, de la capacité d’abstraction, etc. ».
Quand Akhena organisait des stages, elle cachait (pendant la nuit) un objet-mystère dans la salle de méditation, les stagiaires devant identifier cet objet en sortie hors du corps. Grâce à ce protocole, plusieurs participants ont pu constater par eux-mêmes qu’ils n’hallucinaient pas. (3)
Deuxième décorporation
A 5 heures du matin, heure de la « programmation », Julie s’est employée, tout en se relaxant, à atteindre le point où elle ne sentait plus son corps. Torpeur, léthargie, atonie musculaire. Elle se vit tomber d’une falaise et chuter dans le vide, puis, brusquement, de puissantes vibrations se sont déclenchées, les battements du cœur se sont accélérés et ont tapé sur les tympans. Une chaleur l’a remplie de bas en haut, mêlée de fourmillements. Sa tête a tourné, elle a eu l’impression, comme la première fois, de faire un malaise. Plus les vrombissements s’accentuaient, plus elle commençait à percevoir des présences. Puis les vibrations ont diminué avant de s’estomper. Elle s’est demandé pourquoi elle n’est pas sortie de son corps. Puis, alors qu’elle allait se rendormir, les vibrations ont repris, ces sensations étant légères et douces. Elle s’est sentie aspirée vers le plafond et s’est détachée de son corps, et un profond bien-être l’a enveloppée : suspendue dans les airs, elle a délicieusement ondulé dans un état proche de l’extase. Une joie démesurée a explosé au niveau de sa poitrine. Ses capacités de raisonnement étaient tout à fait fonctionnelles : elle était lucide et éveillée, hors de son corps, flottant à une vingtaine de centimètres du faux plafond en contreplaqué du van.
Une simple pensée pour sa grand-mère paternelle a suffi à la propulser dans une sorte de tunnel sombre. Pendant plusieurs secondes, elle s’est sentie aspirée en ligne droite « à une vitesse supersonique », et elle s’est retrouvée dans la cour de ses grands-parents, « face à la grande maison à colombages bâtie en pleine campagne ». Au moins 500 kilomètres séparaient Julie de cette maison.
Un instant après, elle a été emportée par un deuxième tourbillon. Elle a alors atterri dans une ruelle sombre dans une ville qu’elle n’a pas reconnue, un chien noir la regardant fixement sur le trottoir.
Un nouveau tourbillon l’a aspirée. Elle est passée d’un endroit à l’autre, sans aucun contrôle sur ses déplacements. Incapable de se stabiliser, elle a été projetée dans différents décors, elle était ballottée en tous sens comme une poupée de chiffon. Puis, ayant exprimé le souhait de retourner dans son corps, son souhait a aussitôt été exaucé, un dernier tourbillon l’ayant ramenée directement dans son enveloppe charnelle. Son cœur battait la chamade au moment d’ouvrir les yeux. (4)
Caractéristiques de la sortie hors du corps
Julie sort de son corps une nuit sur trois, qu’elle le veuille ou non. Il suffit qu’elle y pense avec insistance pour que cela se produise, le processus s’enclenchant toujours au petit matin, quand elle somnole sur le matelas.
« D’abord, des vibrations envahissent mes membres, accompagnées d’indéfinissables bruits, parfois très graves et métalliques ou, à l’inverse, stridents. Puis, je me décroche de mon corps, progressivement ou d’une traite, et je monte vers le plafond en planant doucement. Dès ma troisième envolée, j’ai découvert que les murs n’étaient plus un obstacle. Plus légère qu’une bulle de savon, je me suis élevée à l’horizontale avant de m’enfoncer dans la paroi comme si je franchissais une couche de sable. Après avoir fusé dans l’obscurité, je me suis retrouvée quelque part dans le ciel, entourée de cumulonimbus. Là-haut, j’ai vu des éclairs déchirer la nuit et des turbulences m’ont secouée comme si j’étais véritablement en train de traverser un orage. Cette expérience de vol plané s’est reproduite une seconde fois dans un ciel éclatant. Alors que je flottais dans les airs, j’ai vu le soleil se lever au loin face à une étendue de nuages vaporeux. (…) Au contact de l’immensité crémeuse, une pure jubilation m’a envahie, un feu d’artifice intérieur comme je n’en ai jamais ressenti. » (J. Ewa)
Elle est bien, dans cet état particulier, dotée d’un corps, lequel est une copie du premier, avec deux bras et deux jambes. Sa couleur est bleutée, parfois blanchâtre ou rosée, légèrement transparente. Il est léger.
« Pour avancer, mon corps subtil effleure le sol et peut voler à haute vitesse. Si un obstacle se présente, je peux traverser la matière tout en éprouvant sa texture : molle, râpeuse, collante… Le verre ne génère pas les mêmes sensations que le métal ou le tissu. Plus la couche est épaisse, plus je dois fournir d’efforts pour passer au travers. J’ai remarqué assez rapidement que mon esprit contrôle mes déplacements. Si je pense à un lieu, il m’arrive d’y être projetée en un claquement de doigts en fusant en ligne droite. Pour autant, ma marge de manœuvre n’est pas illimitée. Mon nouveau véhicule semble doté d’un pilote automatique qui s’active quand bon lui chante. Il vaut mieux aimer les surprises ! Malgré moi, je peux me retrouver embarquée dans un tourbillon ou un tunnel, comme si une force inconsciente prenait les commandes. » (J. Ewa)
Lorsqu’elle était à l’intérieur de son van, à proximité de son corps physique, dans un clair-obscur souvent bleuté et lunaire, sa vision était mauvaise ou assombrie, le mobilier et les objets étant indistincts ou déformés. Il y avait des anomalies, certains éléments, comme la glacière ou les toilettes, n’étant pas à la bonne place, alors que d’autres n’avaient rien à faire là.
Lors de ses décorporations, elle finit toujours par perdre le contrôle à un moment ou un autre.
« Pourtant, la première étape est plutôt routinière : après la flambée de vibrations, je me détache de mon enveloppe charnelle et je m’élève dans les airs comme une montgolfière silencieuse. Option numéro deux : je bascule sur le côté et je me redresse à côté du lit. A ce stade, ma vision est souvent mauvaise, à l’image d’un vieux film en noir et blanc. La configuration des lieux est parfois déroutante, les objets sont déformés ou indistincts. Une fois sur deux, je me sens très légère : je ne peux m’empêcher de filer vers le ciel pour planer au-dessus des nuages. Mais c’est parfois le contraire qui se produit, et mes membres sont lourds et engourdis. Je me sens freinée par un poids qui me tracte en arrière, comme si j’étais poliment invitée à regagner mon corps. » (J. Ewa)
Elle est aussi régulièrement dérangée par d’effrayants visiteurs, des spectres noirs inopportuns qui « l’attendent à la sortie ». Certains la tirent par les pieds dans la phase de décrochage, et d’autres lui agrippent un bras ou une jambe pour la traîner de force.
« Avant-hier, je m’apprêtais à traverser la fenêtre lorsqu’une masse obscure a fondu sur moi pour me saisir le poignet. Je me suis débattue furieusement, comme un poisson au bout de la ligne, avant que cette lutte acharnée ne me ramène dans mon corps.
Si je me fie à mon expérience, l’autre côté semble peuplé de créatures inquiétantes, présentant parfois une forme humaine aux traits mesquins ou colériques. Par chance, je ne ressens aucune peur quand je suis dans cet état. Je suppose que mon instinct de survie reste docilement au placard, à l’intérieur de ma boîte crânienne. Mais dès que je reviens sur mon lit, mon cerveau reptilien s’enflamme et la terreur me tord les tripes. Des consciences invisibles sont-elles en train de se promener dans ma chambre, tout autour de moi ? Peuvent-elles m’influencer ou me parasiter ? Ces idées me pétrifient, sans doute car elles font écho aux effroyables films d’horreur qui ont marqué mon adolescence. » (J. Ewa)
Julie a remarqué que de l’autre côté la pensée façonne son environnement : si elle pense à un objet, elle arrive à le faire apparaître. Elle avait, trois jours auparavant, réussi à créer une pomme en concentrant son attention. La « matière astrale » vibrant à une plus haute fréquence que la matière solide, l’environnement, extrêmement malléable, réagit fortement à la pensée. Chez le débutant, l’inconscient projette ses peurs et fantasmes, et matérialise ceux-ci dans l’astral, les spectres vus étant en théorie des projections ou des formes-pensées. Le Livre des morts tibétain consacre des pages à la matérialisation des pensées, la plupart des mourants n’atteignant pas immédiatement la « claire lumière » au moment de leur décès. Les nouveaux défunts ont tendance, dans un premier temps, à errer dans un « état intermédiaire », un bardo au sein duquel ils sont confrontés à la manifestation de leurs pensées inconscientes.
Avec un peu de concentration, Julie Ewa a fini par parvenir à ralentir le processus de décrochage du corps : elle peut extraire un bras ou une jambe sous leur forme astrale, puis les replacer dans le corps physique. Si elle soulève uniquement la tête, « les bruits extérieurs se feutrent ou se coupent », et elle peut faire des va-et-vient. De l’autre côté, il lui arrive de capter des musiques ou des voix (semblables à des émissions radio) d’une netteté absolue, qui pourraient provenir, dit-elle, d’ondes électromagnétiques traversant l’air ambiant. Lorsqu’elle se sent lourde au décollage, voire « totalement engluée », le manque de mobilité semble lié à l’état vibratoire : plus elle vibre intensément, plus son corps subtil s’allège et se désolidarise du corps physique. Si elle ne vibre pas assez fort, elle reste collée à son enveloppe charnelle, et c’est dans ce cas de figure que sa vision est mauvaise. (5)
Une décorporation en Croatie
Alors qu’elle était en Croatie et qu’elle venait de s’endormir, Julie a subitement repris conscience alors qu’elle était en plein rêve, de légers courants électriques semblant parcourir sa peau. Elle a tout à coup senti deux mains plutôt robustes lui attraper les pieds pour la tirer hors de son corps, puis elle a glissé hors d’elle-même pour se retrouver à côté de son double matériel. Elle s’est élevée sans parvenir à refréner le mouvement, le buste face au plafond, le corps astral s’immobilisant à quelques centimètres de la cloison. Sa vision était correcte, et une petite roulade dans les airs l’a informée qu’elle était seule dans la pièce.
Une force l’ayant emportée contre son gré vers le haut, elle a traversé le plafond en sentant la texture rugueuse des tuiles. Elle s’est alors vue au-dessus d’une étendue de toits se succédant en cascade. Tout était vif, coloré, « ultra net », et elle a été subjuguée par la beauté de ce panorama rouge-orangé.
Dans cet état, les réflexions de Julie Ewa étaient trois fois plus rapides qu’à l’accoutumée :
« Mes idées s’enchaînent, se déploient, se réalignent, elles sont claires et limpides, aiguisées et logiques. J’ai même l’impression qu’une partie de ma pensée s’exprime en dehors du langage, avant sa traduction en mots. » (J. Ewa)
À son grand désarroi, elle s’est sentie déjà tirée en arrière, une sensation qu’elle reconnaît, son expérience hors du corps prenant toujours fin au bout de quelques minutes. Sans crier gare, ses perceptions s’amoindrissent et elle est ramenée par une « force silencieuse ». Elle s’est demandé s’il s’agissait du fameux fil d’argent censé la rattacher au corps charnel. Ne pouvant pas résister, elle a chuté dans le vide et les deux corps se sont remboîtés comme des poupées gigognes. (6)
Rencontres avec d’autres expérienceurs
Julie Ewa a été contactée par un expérienceur connu sous le pseudonyme de Borvo, lequel avait un blog nommé « Le voyageur de la conscience ». Borvo précisait qu’il était, depuis 2014, voyageur hors du corps. Il habitait à Annecy. Âgé de 32 ans, il était alors en master de droit des affaires et se prédestinait à l’avocature.
Borvo a précisé qu’il se retrouvait souvent, à l’adolescence, paralysé pendant la nuit. Il voyait des êtres autour de lui, comme des démons ou des créatures effrayantes. Il a trouvé, sur le Web, une explication neurophysiologique faisant allusion à des hallucinations visuelles ou auditives. Il a pris conscience qu’il pouvait parfois bouger, dans cet état, des membres ne correspondant pas à ceux de son corps. Il a lu, sur le forum Astral Sight, que la paralysie du sommeil était une sorte de transe utilisée, par certaines personnes, pour faire des sorties hors du corps. Borvo ayant voulu tester par lui-même, il a eu parfois l’impression que la moitié de son corps s’extirpait et que l’autre moitié restait coincée.
En 2015, il a bénéficié des conseils d’un voyageur expérimenté. Il a ressenti, en pleine paralysie, des bourdonnements et de fortes vibrations, et il a eu l’impression de mourir. Puis, tout à coup, il est sorti de son corps, il a traversé le plafond et s’est retrouvé dans les combles. Il est rapidement revenu, stupéfait et euphorique.
De 2016 à 2019, il est sorti de son corps plusieurs fois par semaine, en apprenant de nouvelles techniques. Puis la fréquence a diminué, il s’est concentré sur ses études, mais il peut toujours le faire s’il se met dans de bonnes conditions : il déclenche une paralysie, entre dans un état vibratoire, et il se « décroche » de manière consciente et contrôlée.
Dès ses premières sorties hors du corps, il a fait de petits tests. Comme il y avait, au pied de son immeuble, des bennes à ordures, il traversait, avec sa « tête astrale », le couvercle pour voir ce qu’il y avait, et il allait vérifier physiquement si ses observations étaient justes, ce qui, la plupart du temps, correspondait.
Un matin, il est sorti de son corps et est allé dans une ville qu’il ne connaissait pas. Il a vu, dans un abribus, des caractères en cyrillique. Il a découvert, sur Internet, qu’il s’agissait de Petrivtsi, en Ukraine (où il n’était jamais physiquement allé) : il a reconnu les lieux sur Google Street View.
Kevin Linden est le créateur d’un groupe Facebook et d’un blog consacrés à la sortie hors du corps. (experiencesextraphysiques.wordpress.com) Il a dit à Julie Ewa qu’il sortait, en moyenne, 3 à 5 fois par mois, la qualité de ses expériences variant. Ses premières décorporations se sont produites à l’âge de 16 ans. Au début, il s’était retrouvé paralysé et confronté à des êtres inamicaux.
Il a vécu plusieurs centaines de décorporations : voyages dans le cosmos, visites de mondes de l’après-vie, échanges avec des défunts et des êtres « évolués ». Il a éprouvé des états de béatitude et d’omniscience.
Kevin ne connaissait pas le livre d’Akhena, ses références étant anglaises et brésiliennes. Il pratique une méthode nommée V.E.L.O. (Voluntary Energetic Longitudinal Oscillation) – issue de l’Académie internationale de la conscience -, laquelle a fait l’objet d’un livre en anglais écrit par Nanci Trivelatto.
Julie Ewa a rencontré Borvo à Annecy. Faisant allusion au quartier où ils se trouvaient, il a dit qu’il y était déjà venu en sortie hors du corps. Il a dit qu’il se promenait souvent en ville avec son corps astral, qu’il traînait du côté du lac ou dans le centre-ville. S’il essayait de toucher les gens, il les traversait. Certaines personnes frissonnent, ou alors, si elles sont sensibles, elles se retournent.
La semaine précédente, Borvo était allé dans l’appartement de sa voisine sans avoir l’intention de le faire : il a traversé le plafond et il s’est retrouvé chez elle. Il a vu qu’il y avait peu de décoration et que le style était assez vieillot. A son retour dans le corps, il a frappé chez elle pour lui demander un service et il a alors pu constater que la configuration des pièces, la couleur des murs, la décoration, concordaient.
Une autre expérienceuse de la sortie hors du corps, rencontrée par Julie, est Sarah, une psychologue clinicienne et psychothérapeute :
« C’est en s’initiant au yoga et à la méditation qu’elle a vécu pour la première fois un état vibratoire, suivi d’une sortie de son corps dès le lendemain matin. Lors de ses premières décorporations, Sarah ne maîtrisait rien et plongeait irrémédiablement dans le sol, où elle se retrouvait engluée. » (J. Ewa)
Héméra, une psychologue de Lausanne, vit des sorties hors du corps depuis l’âge de 5 ans. Obtenir des preuves a été son obsession pendant des années, et elle n’arrivait pas à avoir des résultats satisfaisants. Sa conclusion est identique à celle de Sarah : les sorties hors du corps ne sont pas des créations mentales ou des troubles psychiatriques. (7)
Apparition d’une défunte et rêves
Muriel était une amie de la mère (aide-soignante) de Julie, qui était atteinte d’un cancer. Une nuit, alors que Julie dormait, elle a été brusquement réveillée par une sensation de présence, et elle a aperçu, à côté du lit, la silhouette d’une femme debout : il s’agissait de Muriel, « joyeuse et resplendissante », qui pointait du doigt ses cheveux « joliment coupés au carré ». Julie a sursauté de surprise et Muriel a disparu. Julie a dit à sa mère qu’elle a cru voir Muriel dans sa chambre, qu’elle était lumineuse et radieuse et qu’elle souriait en montrant ses cheveux. Julie ayant précisé que ces derniers étaient mi-longs et blonds, avec des reflets roux, la mère a précisé que quelques jours avant la mort de Muriel, cette dernière lui a demandé de lui appliquer une teinture pour couvrir ses racines, mais qu’elle avait raté la coloration, les cheveux ayant viré au vert. Muriel avait dit : « Je vais mourir avec cette coupe ? », et ce fut là leur dernier fou rire.
* Selon Akhéna (« Sorties hors du corps : Manuel pratique », éditions Exergue), le corps astral du dormeur est à demi-dégagé du corps physique ou entièrement dégagé, et, dans ce dernier cas, il se tient à une courte distance du corps physique. Il est le plus souvent immobile, le décor autour de lui étant « comme une bulle de réalité astrale dans laquelle l’action se déroule ».
Sandie Gustus (instructrice à The International Academy of Consciousness) dit (dans « L’expérience hors du corps », éditions Exergue) que les gens connaissent, pendant le sommeil, la séparation entre leur corps physique et un un corps plus subtil, et si les personnes sont rares à avoir connaissance de cela, c’est que « la plupart d’entre nous sont très peu conscients ou lucides à l’extérieur du corps et ne se souviennent pas de ce qui s’est passé ».
« En réalité, la plupart des gens dorment à l’extérieur de leur corps. » (S. Gustus)
Kevin Linden a dit à Julie Ewa (qui pouvait contrôler ses rêves quand elle était à l’école primaire, ce qui est devenu beaucoup plus rare) que le rêve lucide est un excellent tremplin pour faire une sortie hors du corps. Quand on devient lucide dans un rêve, on peut émettre, dit-il, une intention forte de dissoudre le rêve, et si on y parvient, le rêve s’efface. Il y a alors de grandes chances pour qu’on se retrouve directement dans notre corps subtil, « désynchronisé » du corps physique. Kevin a fait cela des centaines de fois, « peut-être plus ». Le brise-rêve est une technique intéressante, dit-il, car elle permet de comprendre le lien existant entre le rêve et la sortie hors du corps, et, comme on passe de l’un à l’autre, on voit aussi la différence entre les deux.
Julie Ewa a décidé de faire un essai, à l’aide d’une méthode trouvée sur Internet : compter les doigts à longueur de journée pour imprimer ce réflexe dans l’inconscient. Si on observe les mains quand on est plongé dans un rêve, on constatera que l’on a rarement 10 doigts… Un matin de septembre 2021, elle vit, dans un rêve, son père bricoler dans son garage et lui expliquer comment il répare un appareil agricole.
« Habituée à compter mes doigts depuis plusieurs jours, j’ai soudainement le réflexe de regarder ma main. Là, stupeur : mon index et mon majeur manquent à l’appel et des phalanges poussent sur les côtés. Cette vision me fait l’effet d’un déclic : cette image est irréelle, je suis en train de rêver. A cet instant, une grande excitation m’envahit. Je suis toujours face à mon père à l’intérieur du garage. Je sais que c’est une illusion. » (J. Ewa)
Elle a alors tenté de dissoudre le rêve en disant : Maintenant, je brise le rêve ! Le décor s’est alors brutalement effondré autour d’elle : le père, le garage, les machines… Elle a aperçu, derrière ce simulacre, l’intérieur de son van baigné dans un clair-obscur lunaire. Elle flottait à l’horizontale, à une vingtaine de centimètres au-dessus du corps endormi. La vision était trouble et déformée, comme si la conscience de Julie portait un scaphandre. Cette dernière constata, en observant ses mains, que ses doigts étaient au complet, sa peau étant bleutée et luminescente. Elle décida de traverser le plafond pour rejoindre le village. Elle a franchi la paroi métallique, le corps astral a, contre son gré, foncé en ligne droite en direction des étoiles, puis elle s’est retrouvée immobile au milieu de l’espace, avec, autour d’elle, le calme absolu. Elle a aperçu des astres scintiller comme des perles. Face à une telle magnificence, elle s’est sentie toute petite, minuscule. L’émotion ayant été trop forte, elle est revenue dans son corps. (8)
Un protocole
Julie Ewa s’est procuré 5 petites feuilles de couleurs différentes : bleue, verte, jaune, rouge et rose. Elle a glissé au hasard, en fermant les yeux, l’une de ces feuilles dans une enveloppe opaque, puis elle a rangé les autres dans une pochette. Son but était d’essayer d’identifier, en sortie hors du corps, la couleur de la feuille mise dans l’enveloppe. Avant de se coucher, elle a posé l’enveloppe sur le tableau de bord du van. Elle s’était en effet aperçue qu’elle pouvait parfois zoomer sur les objets ou voir à travers la matière solide.
Alors qu’elle était dans un état de somnolence, de fines vibrations lui ont chatouillé les mains, et elle a amplifié celles-ci. Lorsque l’état vibratoire lui est paru suffisant, elle a tenté de se séparer, mais seule la moitié de son corps subtil s’est extériorisée : son buste s’est redressé, mais ses jambes semblaient paralysées. Elle a alors augmenté à nouveau ses vibrations pour se décrocher complètement, et elle s’est alors trouvée dans son corps astral, à côté de son corps physique, sa vision étant correcte. Elle s’est immédiatement dirigée à l’avant de son van pour observer l’enveloppe, mais elle n’a pas vu celle-ci à la bonne place (face au siège passager), mais à côté du volant. Cette déformation l’a amenée à formuler l’idée que son esprit projetait peut-être une image ne correspondant pas à la réalité. Ayant regardé à travers l’enveloppe, elle a perçu la couleur rose.
Elle est sortie du van et a pu constater que le paysage était conforme à la réalité, avec la Méditerranée en contrebas. (Elle était garée à Sanary-sur-Mer.) Après avoir émis l’intention de s’élever dans le ciel, son corps subtil s’est élancé à une vitesse phénoménale, et elle s’est retrouvée dans l’espace (ce qui n’était pas son objectif). Quelques secondes après, elle a été rappelée en arrière, elle a été aspirée vers le bas. Après une brève perte de conscience, elle s’est retrouvée dans un verger s’étendant vers l’horizon, puis un chien noir, de taille moyenne, est apparu dans son champ de vision. Ce chien a couru à vive allure dans la direction de la « décorporée », il a bondi sur elle et l’a couverte de « léchouilles ». Pendant plusieurs minutes, il s’est pelotonné contre ses jambes en réclamant des caresses. Puis elle a été à nouveau aspirée en arrière et est revenue dans son corps physique.
Malheureusement, la couleur de la feuille dans l’enveloppe était jaune.
Lors d’un rendez-vous pour louer un terrain, la propriétaire ayant ouvert la porte arrière de sa voiture, Julie vit un chien noir en jaillir, lequel s’élança vers elle et sauta sur le marchepied pour tenter de lui lécher la figure. Julie reconnut le chien vu la veille en sortie hors du corps. La propriétaire du terrain a dit à Julie que ce chien est un croisé entre un Stafford et un Labrador, ce qui correspond à ce que Julie avait vu sur Internet, lorsqu’elle a cherché à déterminer la race du mystérieux canidé vu en sortie hors du corps : un Staffordshire Bull Terrier lui ressemblait beaucoup. Elle avait d’abord opté pour un Labrador noir.
« Tandis que je descends du van, l’animal ne me lâche pas d’une semelle. Comme dans mon expérience hors du corps, il s’obstine à sauter contre mes jambes en réclamant des caresses. Mon pantalon est couvert de terre et mes mains dégoulinent de bave. » (J. Ewa) (9)
Un stage de sortie hors du corps
Lors d’un stage de sortie hors du corps auquel Julie a participé, l’enseignant a dit que pour faire des voyages de qualité, elle doit apprendre à augmenter son énergie et à monter son taux vibratoire, ce qui est le but des techniques pratiquées lors du stage. Ensuite, il ne faut pas oublier que le corps astral est un véhicule émotionnel : il réagit aux désirs et aux émotions. Il a tendance, si on ne le discipline pas, à à agir comme un enfant. Pour vivre des sorties conscientes et maîtrisées, on doit choisir des objectifs clairs et structurés car, dans le cas contraire, ce seront les désirs inconscients qui prendront les commandes : on partira dans tous les sens.
L’animateur a proposé de mettre un objet-mystère dans la salle de méditation, les « élèves » ayant pour mission de l’identifier pendant la nuit. Au petit matin, Julie a réussi une sortie hors du corps exceptionnelle : vision parfaite, mouvements fluides et contrôlés, déplacement à l’extérieur du van, déplacement aisé en flottant à 30 centimètres du sol. Elle parcourut les 300 mètres la séparant du lieu de stage, mais elle n’arriva pas à identifier l’objet-mystère (un parapluie). Dans la salle de méditation, Julie aperçut, à la place des coussins et des bancs, un canapé et une télévision à écran plat. Trois heures plus tard, l’animateur du stage a précisé à Julie qu’en-dehors des week-ends de stage, cet espace est un salon correspondant à ce qu’elle a décrit. Il a expliqué que si un objet ou une personne est resté dans un lieu pendant un certain temps, il laisse une empreinte énergétique appelée « rémanence éthérique ». Les rémanences sont perceptibles en sortie hors du corps, et c’est la raison pour laquelle Julie a pu voir un canapé et une télévision, même quand ils n’y sont plus.
Dans l’après-midi, l’animateur ayant mentionné un prénommé Adrien, le rythme cardiaque de Julie a accéléré d’une manière inhabituelle, et elle a entendu, à l’intérieur du crâne, une voix masculine : « Adrien, il faut que tu le rencontres. » (10)
Adrien
Julie a décidé de programmer une sortie hors du corps en suivant les conseils de l’animateur du stage : formuler un objectif court et clair qu’elle répétera une fois de l’autre côté : « Je veux visiter un lieu de paix. » Elle a répété, toute la journée, sa formule « magique » : Demain, 8 heures du matin, lieu de paix. Pour « augmenter son énergie », elle a utilisé trois techniques basées sur la respiration.
Lorsqu’elle s’est rallongée sur le lit, elle a fait un exercice de visualisation. Elle a essayé de court-circuiter son mental avec une méditation guidée (avec un audio dans les oreilles). Elle s’est endormie et a rêvé, un état vibratoire (de « décharges électriques ») a réactivé sa lucidité et une force l’a emportée dans un tunnel sombre. Elle était embarquée à toute vitesse dans une traversée tirant en longueur, ses repères spatio-temporels étant « brouillés par un magma de sensations kinesthésiques ».
Quand le mouvement a cessé, elle s’est retrouvée dans sa chambre d’enfant, la conformation des lieux étant celle d’avant le divorce de ses parents… Elle est sortie dans le couloir et a descendu dans les escaliers, sa vision étant imparfaite. Après s’être faufilée par la porte ouverte de la cuisine, elle s’est dirigée vers la baie vitrée et, dès la traversée du verre, tout est devenu net, clair, réaliste. Mais elle a été déconcertée par le paysage : elle ne voyait pas les contreforts du Jura, les champs de maïs et les pâturages ayant aussi disparu. Il y avait, à la place, un massif rocailleux, la crête semblant parsemée de neige, ce qui lui a paru improbable. Puis le corps physique de la voyageuse l’a rappelée. Lorsqu’elle a repris la route en direction de la gare, elle a vu un majestueux massif qui, était-elle persuadée, était la montagne vue en hors corps, une couverture de calcaire faisant penser à de la neige.
Alors qu’elle s’exprimait sur le groupe de discussion réservé aux anciens participants du stage auquel elle avait assisté, elle a dit qu’elle avait demandé à son corps astral de l’emmener dans un lieu de paix, et il lui avait montré la Sainte-Victoire. Elle avait ultérieurement pris le temps de monter sur le sommet, « qui est effectivement un lieu puissant » qui lui a inspiré une paix profonde. Puis une réponse a attiré son attention, émanant d’un prénommé Adrien :
– Salut Julie, géniale ton ascension ! J’aperçois la Sainte-Victoire depuis chez moi. Si tu passes dans le coin avec ton van, tu es la bienvenue sur mon terrain.
Elle a échangé des centaines de messages avec Adrien, lequel habitait un village non loin de Draguignan. Il avait vécu sa première expérience de décorporation juste après le stage évoqué plus haut. Il s’est réveillé en pleine nuit lorsqu’il a senti qu’il se séparait de son corps. Il assistait à son propre décrochage, et en flottant il s’est décalé d’une cinquantaine de centimètres. Il s’est alors vu, allongé sur le matelas. Il ne contrôlait rien, il est descendu vers le parquet et a commencé à le traverser : il était à moitié dans le sol et à moitié dehors.
Avant d’emménager dans le Var, environ 5 ans auparavant, il était propriétaire d’un restaurant à Nice et la spiritualité ne l’intéressait pas. C’était un matérialiste et un agnostique. Mais quelque chose l’a poussé à aller faire le stage. Il est parvenu à sortir de son corps toutes les semaines, il pouvait voler dans le ciel, faire des pirouettes dans les airs, traverser les murs.
Il a obtenu une vérification dès sa deuxième expérience. Il a aperçu une immense étendue d’eau à une vingtaine de kilomètres de la maison, avec une île au milieu, et, en vérifiant sur Google Maps, il a trouvé l’endroit qu’il avait survolé : le lac de Sainte-Croix et l’île de Costebelle. Il ne savait pas que ce lac était localisé là ni que l’île avait cette forme, et il a donc été bluffé.
Adrien a mis quelques jours pour avouer à Julie qu’il avait lu le blog de cette dernière, en intégralité (plus de 150 pages).
« Pour sortir de son corps, il utilise exclusivement la technique du brise-rêve. L’état vibratoire l’angoisse. Dès qu’il commence à se décrocher, sa respiration se bloque et la peur de la mort met fin au processus. J’ai tenté de le rassurer en lui expliquant que ces sensations sont fréquentes. J’ai souvent eu l’impression d’étouffer quand mon corps subtil se détachait. Ne plus sentir ses poumons est une expérience aussi inhabituelle qu’effrayante, un ressenti contre-nature, mais lâcher prise est essentiel. » (J. Ewa)
Julie a révélé à Adrien que quand elle a participé au stage, l’animateur (Christian) a parlé de lui, et qu’elle a entendu une voix à l’intérieur de sa tête disant qu’il fallait qu’elle le rencontre. Quant à Adrien, il a dit à Julie que depuis les premières interventions de celle-ci dans le groupe, quelque chose l’a poussé à la contacter.
Elle a rencontré physiquement Adrien le 8 janvier 2022 (deux jours avant le retour de Julie en Alsace). Lorsqu’elle l’a vu, elle a eu l’impression de déjà le connaître.
Avant le décès de sa grand-mère, Adrien, qui s’interrogeait sur la possibilité que la mort ne soit pas une fin, est tombé sur des récits d’expériences de mort imminente (EMI) qu’il a partagé avec sa grand-mère pour l’aider à partir plus sereinement. Après le décès, Adrien a continué à écouter des témoignages d’EMI, et, une nuit, il a rêvé de son grand-père décédé. A son réveil, il a fait une recherche sur l’expérience hors du corps. Il a trouvé le stage de Christian et il a téléphoné pour s’inscrire…
Quand Adrien sortait de son corps, il restait la plupart du temps à l’intérieur de la maison, il planait, traversait les murs et se retrouvait coincé dans les parois.
La nuit, Adrien avait pour objectif de revoir ses grands-parents. Un jour, alors qu’il appelait sa grand-mère depuis sa chambre, il a traversé le plafond et s’est retrouvé dans un espace noir. Tout à coup, une grande émotion l’a envahi, il a senti la présence de la grand-mère. Il ne voyait rien mais il savait qu’elle était là, quelque part. Il a entendu sa voix (« Adrien ? Adrien ? ») à travers l’obscurité, le son venant de très loin, en hauteur. Il a hurlé : « Mamie, où es-tu ? Parle plus fort ! ». Puis tout s’est arrêté, il est revenu dans son corps physique. (11)
Une plus grande maîtrise
Julie Ewa a fait connaissance avec des expérienceurs lors d’un week-end organisé par Borvo, et elle a été stupéfaite par la similarité des vécus. Les membres du groupe ont décidé de fonder un collectif pour rassembler les expérienceurs.
Julie Ewa a maîtrisé de mieux en mieux la sortie hors du corps. Plusieurs fois par semaine, elle a médité sur des sons d’Akhena, elle a suivi ses conseils pour apaiser le mental et « augmenter l’énergie ». Elle a aussi pris goût à la technique Voluntary Energetic Longitudinal Oscillation, qui a produit des effets significatifs sur la qualité de ses perceptions.
« Tous les matins, je reste immobile sur mon lit, les yeux fermés, et je dirige mon attention sur mes sensations corporelles. J’émets l’intention de déplacer une masse d’énergie entre le sommet de mon crâne et la plante de mes pieds, en suivant un mouvement constant de va-et-vient. Tête, buste, ventre, jambes, pieds… pieds, jambes, ventre, buste, tête. En associant cet exercice avec une méditation guidée, je parviens à déclencher deux fois sur trois un état vibratoire, puis je me sépare de mon corps avec une grande facilité. » (J. Ewa)
Elle avait pour objectif, depuis trois semaines, de se rendre dans le Var, au domicile d’Adrien. Son corps subtil s’est parfois élevé au-dessus des nuages en parcourant de longues distances, mais elle n’a jamais réussi à percevoir la maison d’Adrien.
La maîtrise des déplacements demeurait assez relative, puisqu’il arrivait fréquemment au corps subtil de Julie d’être aspiré dans des tunnels « aux issues insolites ». (12)
Durant l’enfance
Une nuit, Julie a eu l’impression de revivre une scène de son enfance, comme « un film » qui se déroulait dans son sommeil. Elle a compris que lorsqu’elle était à l’école primaire elle sortait déjà de son corps :
« Je me souviens clairement des sensations : je flottais jusqu’à la fenêtre, je traversais la vitre et, ensuite, je sautais dans la haie de sapins à côté de la maison avant de m’envoler dans le ciel. Parfois, je volais vers la fenêtre de mon frère et je le voyais dormir. Je me souviens aussi que, certaines nuits, j’avais peur de tomber dans le vide, alors je m’accrochais au rebord de la fenêtre. Je finissais toujours par m’envoler, et je filais très haut au-dessus des nuages. Je crois que tout s’est arrêté à mon entrée au collège. » (J. Ewa) (13)
Autres décorporations
Un jour, en se rendant dans le verger, Julie a flotté jusqu’au ruisseau, où elle a observé une haie. Quand elle regardait les feuilles, elle pouvait zoomer sur la surface et elle percevait toutes les cellules agglomérées, chaque particule semblant consciente, vibrante, intelligente même. Elle voyait la vie pulser à l’intérieur du végétal. (14)
Adrien et Julie se sont mis à pratiquer ensemble des méditations pour s’extraire de leur corps au même instant, mais, dès les premières tentatives, la manœuvre s’est révélée extrêmement compliquée, voire impossible. Si Julie parvenait assez aisément à déclencher des états vibratoires (en trois quarts d’heure environ), Adrien se décorporait seulement quand une occasion se présentait. L’autre tactique utilisée n’a pas fonctionné, celle consistant, pour Julie, dès qu’elle sortait de son corps, à tirer Adrien par les pieds ou à le secouer vigoureusement pour le forcer à se décrocher : il ne bougeait pas d’un pouce et, dans certains cas, Julie le traversait.
Un matin, alors qu’Adrien dormait et que Julie basculait de l’autre côté, elle se tournait immédiatement (dans la lumière bleutée de la chambre) vers lui pour secouer son corps astral : Adrien, regarde-moi, je suis hors de mon corps ! Mais il n’y eut aucune réaction de la part d’Adrien. Lorsqu’elle est revenue dans son corps, elle l’a secoué pour de vrai, cette fois, il a dit qu’il était en train de rêver et qu’elle s’était incrustée dans la scène du théâtre pour lui faire de grands signes…
Un prénommé Jérémy a dit à Julie qu’elle pourrait essayer de le tirer par les pieds. Après être partie dormir dans son van, un état vibratoire s’est déclenché au petit matin et elle est sortie de son corps. Elle voyait flou et en noir et blanc, mais elle a réussi à se rendre dans la chambre de Jérémy en traversant le mur extérieur. Jérémy dormait, mais elle n’est pas parvenue à le tirer par les pieds. Quelques minutes après le retour de Julie dans son corps, il a envoyé un SMS :
– Est-ce que tu étais dans ma chambre ? J’ai rêvé que tu étais au pied du lit !
Après concertation, il s’avère que Jérémy a « vu » Julie dans sa chambre exactement au moment où le corps subtil de celle-ci s’y trouvait. (15)
* Une quarantaine de minutes après avoir mis un masque sur le yeux et enfilé son casque sans fil pour écouter une méditation, Julie a ressenti les premiers « vrombissements » (vibratoires) et s’est concentrée pour augmenter cet état. La chaleur s’est intensifiée, ainsi que les vibrations. Puis elle a atteint rapidement le cap où elle peut se détacher sans effort. Elle a d’abord sorti une jambe, puis un bras, afin de rouler sur le côté. La musique de la méditation lui semblait lointaine et feutrée. Elle a constaté, en jetant un œil à sa main diaphane et filandreuse, qu’elle était bien dans son corps astral. Adrien n’était pas sur le lit, Julie discernant par contre très nettement son propre corps ressemblant à une boîte vide. Elle a aperçu Adrien au fond de la pièce, lequel s’est laissé tomber sur le dos dans le lit, à l’emplacement où se trouvait Julie en corps subtil. Il traversa littéralement celle-ci, et la désagréable sensation correspondante a eu pour effet de faire revenir Julie dans son corps physique.
* La meilleure amie de Julie Ewa, qui se prénomme aussi Julie, ayant voulu tenter une sortie hors du corps, Julie Ewa lui a expliqué en détail la technique du V.E.LO. (Oscillation Énergétique Longitudinale Volontaire), laquelle consiste à déplacer l’énergie à l’intérieur du corps en suivant un mouvement de va-et-vient entre la tête et les pieds. L’énergie doit se déplacer en ligne droite et à vitesse constante : crâne, buste, ventre, jambes, pieds, puis on remonte. Il ne faut pas chercher à visualiser, mais plutôt à ressentir. Au bout d’un moment, on va peut-être percevoir une « masse » qui monte et qui descend, ainsi que des vibrations.
On doit rester immobile, se détendre au maximum, tout en étant concentré ; il ne faut pas s’endormir ni partir dans des rêveries. Si un état vibratoire se déclenche, on imagine que l’on tombe dans un trou ou que l’on décolle dans le ciel. Le corps subtil se décrochera tout seul.
L’amie de Julie Ewa s’est exercée une fois, deux fois, trois fois par jour. Un jour, vers 4 heures du matin, Julie Ewa fut subitement réveillée par son amie en trépignant d’excitation : elle a ressenti les vibrations ! Tout son corps s’est mis à vibrer, elle s’est concentrée pour ne pas avoir peur, elle a senti une aspiration vers le haut, son « esprit » s’est soulevé et elle a commencé à se décrocher. Elle voyait bien qu’elle avait un deuxième corps et qu’il voulait se détacher, mais ses membres étaient lourds, elle était engluée. Elle n’a pas réussi à s’élever, elle est retombée dans son corps. (16)
Le Groupe des Expérienceurs de la Conscience
Consacré à la sortie hors du corps, il s’agit du premier collectif de ce genre à vocation scientifique. La première initiative a été de créer un site Internet pour collecter des témoignages, l’objectif étant d’attirer l’attention de chercheurs ouverts au « paranormal » et de mettre en place des protocoles expérimentaux visant à démontrer la réalité des décorporations.
Un étudiant prénommé Bastien a proposé d’identifier un « objet-mystère » placé à l’intérieur de son garage. Plusieurs expérienceurs ont essayé, mais aucun n’a pu percevoir l’objet. Julie note que quand elle est de l’autre côté, elle a beaucoup de difficultés à se rendre dans un lieu imposé, surtout s’il lui est inconnu comme le domicile de Bastien. (17)
Annonce d’un enfant
Une nuit, alors qu’elle tentait de sortir de son corps, Julie a demandé qu’on lui montre quelque chose qui l’aidera dans son évolution. Elle a intensifié les vibrations jusqu’au point de décrochage. Elle s’est retrouvée, dans un premier temps, dans la chambre, les pieds à 30 centimètres du sol. Tout était calme, reposant, silencieux, et elle pouvait voir, sur le lit, Adrien qui dormait, une silhouette plus lumineuse flottant au-dessus de son corps physique, « un double de lui-même au milieu d’une fine brume ». Les observations de Julie confirment que le corps astral se détache quand nous sommes en train de rêver. Pour autant, écrit-elle, elle n’a jamais réussi à sortir un rêveur de son activité onirique.
« Bravant la légère résistance du mur en parpaings, je traverse la paroi pour me rendre dans le couloir. De l’autre côté, une force centrifuge m’emporte en prenant un virage, avant que je ne retrouve l’équilibre. Je n’ai pas oublié mon objectif. Une fois dans le salon, je ferme les yeux en réitérant ma demande : ‘‘montrez-moi quelque chose qui m’aidera dans mon évolution !’’
Soudain, des vibrations envahissent mes membres, comme si je changeais de fréquence. Ma légèreté augmente, mon acuité s’accroît. Irrépressiblement, mon corps subtil s’engouffre dans un tourbillon noir en suivant une pente ascendante.
Je m’élève, je change de plan. Mes mouvements sont hors de contrôle.
Une lucarne s’ouvre à l’horizon, telle une percée flamboyante dans un tunnel de charbon. Curieuse, je passe de l’autre côté, où s’étend un couloir obscur parcouru de lueurs violacées. Bizarre… Je ne connais pas cet endroit.
Le long des murs, j’aperçois une série de tableaux lumineux, donnant l’impression que des LED irradient de l’intérieur. On pourrait se croire dans un musée ou un lieu d’exposition.
Prudemment, je m’avance vers le premier tableau. Une grande stupeur s’empare de moi quand j’identifie ce qu’il représente : je suis face à un fœtus baignant dans du liquide amniotique, un bébé quasiment formé aux traits si réalistes qu’il me paraît vivant.
‘‘Tu dois avoir un enfant.’’
Le message que je reçois est sans équivoque.
– Oh non, sûrement pas !
Je me rebute sur-le-champ, en proie à un début de panique. Si je ne maîtrise pas mes émotions, je vais retourner dans mon corps en deux temps trois mouvements.
Hâtivement, je me dirige vers le second tableau, puis le troisième et le suivant… Tous les tableaux représentent des fœtus immergés dans l’utérus de leur mère. Je n’ai pas envie de voir ça.
– Non, non, montrez-moi autre chose !
Au fond du couloir, j’aperçois soudainement un petit garçon qui me regarde dans l’obscurité. Ce dernier me tourne le dos, avant de filer vers une porte qui clôt le corridor. Je le talonne, intriguée. Au moment où je pousse la porte, je reviens à moi-même. Je suis sous le choc, mon souffle est haletant. » (J. Ewa)
Julie ne se sentait pas prête à avoir un enfant.
Adrien s’étant réveillé, il révéla qu’il avait fait une sortie de corps, qu’il est sorti « en brisant un rêve ». Il était dans la chambre, alors que Julie n’était plus sur le lit, il est descendu au rez-de-chaussée pour aller dans la chambre des filles, il a traversé la porte, et, s’il a vu celles-ci en train de dormir, elles n’étaient pas seules, il y avait… un nourrisson, un petit bébé, comme s’il flottait entre Léa et Chloé. Puis il est revenu dans son corps.
Julie est devenue enceinte.
Lors d’une sortie hors du corps, le corps subtil de Julie l’a instantanément conduite dans la maison de sa grand-mère. Elle s’est retrouvée d’abord dans la petite cuisine plongée dans un clair-obscur bleuté au sein duquel elle voyait parfaitement, le corps astral flottant au-dessus du carrelage. Elle a rapidement filé en direction de la chambre située à l’arrière de la maison.
« Comme mes mouvements sont trop hâtifs, je peine à contrôler la vitesse à laquelle mon corps se déplace. Incapable de freiner, j’aperçois brièvement ma grand-mère allongée dans son lit, puis je fonce dans le mur avant de le traverser.
Derrière l’agrégat de briques et de poutres, je rebondis dans le verger sous un ciel opaque. » (J. Ewa)
« Je veux voir mon enfant ! », a-t-elle pensé. Un tourbillon l’a alors engloutie, « aussi obscur que des entrailles ».
« Ballottée de gauche à droite, je me sens harponnée au poignet par une longue et étrange corde, comme une liane solide et rugueuse m’entraînant dans son sillage.
Une inquiétude surgit. Quelle est cette mystérieuse corde me tirant avec force ? » (J. Ewa)
(Réponse : Il s’agit bien sûr de la corde d’argent !)
Après dix, vingt secondes, les secousses ont fini par se dissiper. La « liane » a propulsé Julie dans une ouverture de lumière qui l’a brusquement aspirée. De l’autre côté, elle a posé les pieds dans un lieu commun : une salle de jeux émaillée de fenêtres, où plusieurs enfants étaient accaparés par des activités. Un seul enfant ne jouait pas. Immobile face à Julie, il était âgé d’environ 9 ans et la regardait fixement avec des yeux perçants. Leurs regards s’étant croisés, Julie a demandé : C’est toi ? Le garçon a hoché la tête sans cligner des paupières, deux adultes observant, derrière, la scène, tapis dans un coin de la pièce.
Le garçon avait les traits d’Adrien, mais aussi les traits du père de Julie quand il était plus jeune. Il a souri puis il s’est précipité vers Julie pour sauter dans ses bras. Le petit garçon l’a serrée fort, ses cheveux ondulés frôlant la joue de cette dernière. Il était vif, joyeux, espiègle, sa vitalité ayant impressionné Julie. Cette dernière, qui s’est demandé si ce garçon était réel, a saisi les épaules de ce dernier afin de le faire disparaître par la force de la pensée, une projection (ou création mentale) ne résistant pas à une intention ferme. Mais l’image ne s’est pas effacée, et l’enfant a ri. Plus elle s’est obstinée, plus il a ri à gorge déployée. Il l’a embrassée sur la joue avec une affection sincère. Puis le « redouté tiraillement » dans le dos s’est soudainement fait sentir ; elle allait revenir dans son corps dans moins de 5 secondes. A la question posée par Julie, le garçon a répondu qu’il s’appelle Ruben.
Le 16 avril 2024, deux mois après la prise de sang, l’échographie obstétricale a confirmé la venue d’un petit garçon, et Ruben a vu le jour en octobre 2024. (18)
Le Monde spirituel
Il était, un jour, environ 7 heures lorsque des vibrations se sont déclenchées chez Julie, le van de celle-ci étant garé sur les hauteurs d’Allauch, avec une vue plongeante sur Marseille. Les habituelles « fourmis » se sont propagées à l’intérieur de ses membres, elle a décidé de se « lever ». Sa vision était un peu floue, mais elle voyait l’intérieur du van, avec cependant des incohérences : le sac n’était pas à la bonne place et un placard était ouvert alors qu’elle l’avait fermé. Comme elle avait des troubles digestifs, elle a tenté, par la pensée, de créer une sphère protectrice censée la régénérer ; elle a senti son corps astral s’élever, le mouvement étant incontrôlable. Elle a traversé le plafond et s’est retrouvée suspendue au-dessus de la falaise, et ce qu’elle vit alors lui coupa le souffle :
« Face à moi, Marseille et ses alentours ont disparu de mon champ de vision. J’aperçois à la place un paysage enchanteur, d’une beauté indicible : des îlots panachés de maisons flottantes, éparpillées dans une nappe de nuages cotonneux. La lumière est extraordinaire. Chaude, enveloppante, dans des tons roses et violets, comme s’il m’était donné de voir le plus beau lever de soleil de la Terre. Je perçois tellement de détails que ce spectacle m’étourdit. Les murs des maisons flottantes ne sont pas uniformes. Différentes couleurs se mélangent, en plus de différentes textures. Courant sur des colombages, la végétation jaillit de nulle part, comme des lassos de plantes grimpantes fondus dans les parois. » (J. Ewa)
La paix l’a inondée, chaque particule environnante exhalant le bien-être et la sérénité. Elle a été habitée par l’étrange sensation que tout cela lui était familier, qu’elle était chez elle, qu’elle était rentrée, que ce lieu était son ancienne demeure. Puis elle changea de plan : au terme « d’un curieux tourbillon », elle se retrouva suspendue dans les airs, « au cœur d’une brume épaisse et chaude parcourue de mouvements », avec, autour d’elle, des formes colorées qui s’animaient, des choses qui n’étaient pas humaines et pourtant bien vivantes…. Elle a été aspirée en sens inverse et est revenue dans son corps physique. Elle a la conviction d’avoir entrevu l’Au-delà. Elle a fondu en larmes et un flot de tristesse l’a submergée. Cet endroit était le sien, et elle s’est demandé comment elle a pu oublier la beauté d’un tel monde. Son corps lui est apparu comme une geôle et la réalité comme un leurre, la nostalgie l’a gagnée. Elle ne pouvait plus s’arrêter de pleurer à l’abri de son duvet.
Julie a dit à Adrien qu’Akhena visitait régulièrement les plans de l’après-vie où elle retrouvait des personnes décédées, Akhena ayant expliqué dans son livre qu’il est parfois compliqué de revoir un proche si le deuil n’a pas été fait ou si on est affecté par trop d’émotions. Les défunts peuvent aussi, apparemment, rencontrer des difficultés pour « descendre » à notre niveau, c’est-à-dire pour abaisser leur fréquence vibratoire. Ce serait à nous de « monter » jusqu’à eux.
Selon Akhena, les défunts se rassemblent, dans l’Au-delà, par choix et par affinité. Comme dans la réalité astrale la pensée est créatrice, les personnes décédées peuvent façonner leurs propres lieux de vie.
Kevin (voir plus haut) s’était fixé pour objectif d’aller dans une cité du Monde spirituel.
« Après être sorti de son corps, Kevin a senti qu’il était aspiré en arrière, puis il a atterri dans un lieu inconnu : un monde à l’architecture nippone, particulièrement lumineux, suspendu dans l’espace et bordé d’une rivière argentée. » (J. Ewa)
Il a alors été envahi par une « incroyable sensation de bien-être et de sérénité ». Il a aperçu, autour de lui, de nombreuses personnes affairées, aux visages « extrêmement heureux » et souriants. Face à son questionnement, un homme lui a expliqué que les habitants de ce lieu entreprenaient des activités concernant leur évolution spirituelle. A son retour dans le corps, Kevin a ressenti une intense mélancolie, comme celle que Julie avait ressentie le jour où elle a aperçu des maisons flottantes au-dessus de Marseille.
Dans la journée suivant la lecture du récit de Kevin, Julie a entamé une série d’exercices pour déclencher une sortie de corps. Comme à son habitude, elle a entamé un exercice énergétique aboutissant à une masse de chaleur semblant se mouvoir dans le corps. Le rythme de l’oscillation a augmenté, toutes les cellules se mettant à vibrer.
« Une explosion de bulles de champagne éclate joyeusement sous mon front. En concentrant mes efforts, je parviens à me propulser par le sommet du crâne, comme si l’intégralité de mon corps astral sortait par une nouvelle fontanelle. Décollage réussi ! Éjectée dans les airs, je suis instantanément aspirée à l’intérieur d’un tunnel obscur. » (J. Ewa)
L’étape 2 consiste à formuler l’objectif : « Monde de l’Au-delà », des mots qu’elle a répété mentalement avec une détermination sans faille. Après quelques secondes, le tunnel s’est ouvert, laissant voir une étendue d’eau, une mer à perte de vue. Le corps astral survolait les flots, puis il a plongé sous les vagues en piquant à la verticale. Julie a perçu la texture de l’eau sans se sentir mouillée, elle s’est enfoncée au cœur des abysses avant d’apercevoir les fonds marins constitués de rochers. Tout était sombre, l’étendue laissant place à une brèche dans laquelle Julie s’est engouffrée. A l’intérieur, l’éclairage était lunaire, quelques poissons « gentillets » rasant les murs.
Puis le souterrain s’est soudainement éclairé, et, au bout d’une longue galerie immergée, de larges escaliers en pierre remontaient vers la surface. Julie s’est dirigée vers la lumière qui scintillait hors de l’eau, les escaliers débouchant sur une gigantesque cavité rocheuse dont elle ne discernait pas le plafond. Il y avait, face à Julie, un majestueux parvis borné par un mur en pierre percé en son centre par un porche d’entrée d’une hauteur d’environ 3 mètres.
« A première vue, tout a été finement sculpté dans une pierre proche du grès rose. L’arcade comme le mur sont végétalisés : des plantes grimpantes et fleuries se promènent sur la roche. » (J. Ewa)
Devant le porche, trois femmes discutaient avec entrain à côté d’un bloc de pierre. Au-delà de l’enceinte, Julie vit des arbres, des fleurs, d’immenses vergers à perte de vue, des promeneurs flânant en souriant sur l’herbe verte.
Alors que Julie approchait timidement, les trois femmes interrompirent leur conversation, l’une d’elles venant de remarquer la présence de celle-ci. Les échanges, télépathiques, parvenaient spontanément à Julie, cette dernière percevant une forme de langage qu’elle était obligée de traduire :
– Elle ne vient pas de notre monde, elle est encore incarnée.
Les trois inconnues observaient Julie, les tissus de leurs vêtements étant « soyeux, chamarrés, légers ». Une grande douceur émanait de leurs visages, « comme si elles resplendissaient de sérénité ». Julie, qui leur a dit qu’elle venait de la Terre, leur a demandé si elles pouvaient lui dire où elles étaient. Une femme avec des traits indiens, avec des cheveux joliment tressés et ornés de différentes fleurs, a répondu : « Nous sommes à Ispaha. », « près de la Terre ». A la question : C’est une cité de l’Au-delà ?, la femme a hoché la tête avec bienveillance.
« J’étais pourtant persuadée que les mondes des décédés étaient toujours dans le ciel… Sa comparse à la chevelure brune prend la parole, sa voix est joyeuse. Depuis mon arrivée, elle me regarde de haut en bas avec une grande curiosité. Je sens que mon corps subtil l’intrigue, peut-être car aucun ‘‘vivant’’ ne s’est jamais présenté ici. » (J. Ewa)
La femme a demandé à Julie de quoi est fait son corps :
« Sa question me prend de court. A vrai dire, la matière qui compose mon corps astral est une énigme pour moi. En temps normal, mes bras et mes mains me paraissent transparents, luisants et bleutés. Toutefois, avec la pratique, j’ai compris que mon apparence est modulable et dépend de l’idée que je m’en fais. La réalité astrale est extrêmement malléable. Si je me concentre sur mon corps subtil, je peux changer son aspect au gré de mes envies. » (J. Ewa)
Julie a dit qu’elle ne savait pas trop de quoi son corps est fait, mais qu’elle peut changer la forme de celui-ci. Pour le lui montrer, Julie a focalisé son attention sur ses mains afin de modifier leur couleur : roses, rouges, orange vif. La femme a ri aux éclats, disant qu’elles aussi elles peuvent changer de forme. A la question : Depuis combien de temps êtes-vous là ?, la femme a répondu (son nouveau rire ayant été imité par ses amies) : « Assez longtemps… »
Puis un homme tapa soudain sur l’épaule de Julie, ses vêtements étant sobres et ternes, comme ceux d’un religieux. Il l’invita à le suivre de l’autre côté du porche. Julie a entrevu, derrière l’enceinte, « un paysage ultra-coloré d’une beauté époustouflante : des vergers étincelants, des sentiers bordés de fleurs, des arbres fruitiers verdoyants qui transpirent d’allégresse ». Chaque détail de l’environnement (feuilles, pétales, brins d’herbe…) semble émettre sa propre lumière, « vibrante et apaisante ». Tous les individus croisés par Julie avaient « l’air jeunes et guillerets ».
Elle s’est sentie tirée en arrière, son corps physique la rappelant.
Si, après cette incursion, Julie n’a pas réussi à se retrouver dans une « cité » de l’Au-delà, elle a cependant découvert d’étranges lieux. Elle a visité des espaces remplis de liquides ou de courants d’énergie vivants et intelligents, elle a entrevu un monde où plusieurs gravités cohabitaient – le haut et le bas n’existaient plus, tous les repères de Julie étant brouillés -, elle a flotté dans une « dimension » uniquement composée de symboles, « une sorte d’étendue colorée aux allures de matrice numérique ».
Elle a aperçu, au cours de ses voyages, des êtres qui n’ont pas de forme humaine : des êtres élémentaux, des « sphères » de lumière et des spectres, et il y en a d’autres qu’elle n’ose même pas décrire au vu de leur étrangeté, certains semblant dotés d’une intelligence et d’une sagesse bien supérieures à la nôtre. (19)
Contacts avec des défunts. – Suite au décès de son grand-père, Julie a essayé de le revoir lors d’une sortie hors du corps. Après avoir tenté cela en vain, elle a essayé une dernière fois avant le lever de la grand-mère. Elle a atteint, après une quarantaine de minutes, un état de transe avec de légères vibrations. Si cela n’a pas été suffisant pour une décorporation, elle s’est cependant légèrement « désynchronisée ».
« Tout à coup, un flash très puissant me surprend. Mon grand-père est face à moi. Je ne le perçois pas physiquement, je vois son visage avec une intense netteté, comme un hologramme en 3D. Il porte sa chemise verte préférée sous une paire de bretelles. Une douce énergie émane de lui et il me sourit, apaisé. » (J. Ewa)
La grande euphorie éprouvée par Julie a ramené cette dernière dans son corps.
Julie ayant demandé à sa grand-mère si elle savait quelle tenue portait son mari, la grand-mère a demandé : sa chemise verte ? Julie ayant ajouté : « Bien rentrée dans le pantalon avec ses bretelles par-dessus », la grand-mère a bredouillé : « Mais il ne veut tout de même pas qu’on lui mette cette tenue pour l’enterrement ? ».
Lorsque, en fin de semaine, la tante Andrée de Julie l’a raccompagnée à la gare, Julie a osé lui confier ses impressions au sujet de son grand-père. La tante a alors évoqué le rêve qu’elle avait fait la veille de l’enterrement de son père : un rêve très intense, « comme s’il était bien là et qu’il venait me dire au revoir ». Il allait bien, il lui souriait et la rassurait. Quand elle s’est réveillée, elle a éprouvé une sensation bizarre, elle l’a senti dans sa chambre, elle avait l’impression qu’il était à côté d’elle, physiquement présent.
Arriver à avoir des rencontres post-mortem n’est pas évident, plusieurs conditions étant requises : la disponibilité du défunt, un deuil surmonté et du détachement émotionnel.
Lionel Truan (auteur de : « Un combat pour une vie », éditions Kadaline) a confié à Julie avoir retrouvé sa tante 15 jours après son décès. Il était en sortie hors du corps lorsqu’elle lui est apparue sous une forme spectrale :
« Elle était là ! J’étais à la fois heureux et bouleversé. Je lui ai posé des questions, nous avons bavardé, puis elle m’a dit qu’elle devait panser la tristesse de ses enfants. Après cela, je l’ai revue plusieurs fois en sortie astrale. Elle se montrait toujours sous une apparence lumineuse, proche de ce qu’elle était avant sa maladie. Un jour, lorsque je l’ai appelée, je me suis senti aspiré vers le haut et j’ai atterri dans un lieu inconnu. L’endroit était clair et apaisant avec des enfants qui jouaient. Ma tante était là et m’a dit : ‘‘Tu es vraiment trop curieux, tu sais ? Tu n’es pas censé venir ici en tant que vivant !’’ Ses paroles m’ont sidéré. Elle m’a expliqué veiller sur nous et être très occupée, là-bas, dans le monde d’après. »
Depuis plus de deux mois, Julie a sans cesse essayé d’aller de l’autre côté pour retrouver son grand-père. Quand elle demandait à son corps astral de la conduire auprès de lui, soit elle basculait dans un espace noir, soit elle faisait du surplace. Elle appelait son grand-père par la pensée, mais il ne se montrait pas. En outre, durant les deux années alors écoulées, elle a croisé à plusieurs reprises des esprits égarés qu’elle n’a pas su aider.
Elle a fini par retrouver son grand-père. C’était un matin, à 4 heures. L’état vibratoire s’étant déclenché, elle l’a accentué à son paroxysme. Elle s’est « gonflée d’amour » en se focalisant sur son grand-père. Son intention a opéré « comme une déflagration » : expulsée de son corps, une ascension à la verticale l’a emportée dans un tourbillon de couleurs.
Elle a changé de « dimension ». Elle a atterri assez brutalement sous un dôme coiffé de vitres lumineuses, des gens marchant paisiblement ici et là. Ayant demandé si son grand-père était là, elle l’a aperçu, debout, à 10 mètres de distance, qui fixait sa petite fille d’un air ahuri. Il a lâché de surprise son juron préféré.
« Je cours dans sa direction avant de sauter dans ses bras. Je ne le traverse pas, nous sommes sur la même fréquence. Mon grand-père est grand, solide sur ses deux jambes. Son dos est droit et son visage resplendit sans aucune trace de dégénérescence. Comment a-t-il pu rajeunir ainsi ? Je ne vois aucune ride, aucun cheveu gris. Son apparence est celle d’un homme d’environ quarante ans, un âge où je ne l’ai pas connu. Qu’il est élégant avec sa belle chemise et son pantalon du dimanche !
Déstabilisé, mon grand-père me serre contre lui avec un mélange de pudeur et d’affection qu’il avait déjà ‘‘de son vivant’’. » (J. Ewa)
Le grand-père, qui était étonné, a dit à sa petite fille :
– Toi alors ! Tu es venue jusqu’ici ? Tu as réussi à le faire ?
La vision n’avait rien d’onirique, le grand-père paraissait aussi réel que si Julie était éveillée. Il était même encore plus réel, car Julie ressentait son énergie et les émotions qu’il éprouvait. Ils communiquaient par télépathie, « un mélange de mots et d’impressions enchevêtrées assez caractéristique de la sortie hors du corps ». Il a dit que tout allait très bien. Il ne souffrait plus de la maladie d’Alzheimer, il avait retrouvé la pleine possession de ses facultés cognitives. Il a retrouvé sa mère, sa sœur et « tonton François ». Il a appris à Julie que sa nouvelle demeure appartient à une sphère au-dessus de la Terre, sans être en mesure de la situer.
Julie a demandé à son grand-père (qui avait Alzheimer et qui avait l’air « ailleurs ») s’il entendait ce qu’elle lui disait quand elle lui parlait de la vie après la mort, ce à quoi il a répondu qu’il entendait et voyait tout.
« Il me transmet télépathiquement qu’une partie de lui demeurait lucide et consciente de ce qui l’entourait. Pour le dire autrement, les personnes atteintes d’Alzheimer ne seraient plus totalement ‘‘imbriquées’’ dans leur corps physique : une partie de leur esprit voyagerait de l’autre côté. » ( J. Ewa)
Julie ayant demandé s’il était au courant qu’elle écrivait une autobiographie, le grand-père a ri avec malice :
– Je te vois, tu sais…
Il lui a donné son accord pour qu’elle parle de lui dans le livre.
Julie a eu l’impression, en discutant avec son grand-père, que la personnalité de ce dernier avait changé, qu’il n’était plus tout à fait le même, qu’il semblait plus serein, plus sage, une grande force d’âme émanant de lui.
Un tiraillement familier a picoté le haut du dos du corps astral de Julie, signe que le retour était imminent. Julie ayant demandé à son grand-père s’il lui fera visiter son monde, car elle aimerait voir où il habite, il a répondu qu’il ne savait pas si c’était possible et a ajouté : Peut-être. Puis un gouffre a aspiré Julie comme un siphon, pour la ramener contre son gré dans sa prison de chair.
Ses paupières se sont instantanément ouvertes. Alors que, deux secondes auparavant, elle se souvenait intégralement de la conversation, avec la réintégration certains éléments se sont volatilisés, comme si le cerveau échouait à les « télécharger »… Comme à chaque retour de voyage, son cœur tambourinait dans sa poitrine.
Excitée, elle a raconté à Adrien ce qu’elle venait de vivre hors de son corps… De peur que ses souvenirs ne s’effilochent, elle a immédiatement écrit son récit de la rencontre avec son grand-père, ce contact s’étant produit le 15 juillet 2023.
Ce qui a perturbé, après coup, Julie, c’est l’apparence du corps subtil de son grand-père : il était grand, beau, rayonnant, il avait rajeuni d’au moins 40 ans. Ce à quoi Adrien a répondu (avec justesse, c’est une particularité que je connais depuis bien longtemps !) que les récits d’EMI (expériences au seuil de la mort) parlent souvent du rajeunissement des défunts :
« Comme la pensée est créatrice, les personnes décédées se montrent sous leur meilleur jour, avec des traits plus jeunes et embellis. »
Julie a dit qu’elle a lu ce type de témoignages, mais que c’est très déroutant de le voir de ses propres yeux. En plus, a-t-elle ajouté, la personnalité du grand-père était un peu différente, il avait l’air plus sage, une forme de grandeur émanant de lui. Adrien a répondu que cela lui paraît logique qu’il ne soit plus le même : « Tu imagines tout ce qu’il a découvert en arrivant dans l’au-delà ? ». Julie a convenu que, sur Terre, nous sommes comme de petits poissons enfermés dans un bocal, et que nous tournons inlassablement en rond « dans notre bain d’oubli ».
Alors qu’ils roulaient en voiture pour se rendre à un spectacle en plein air, un énorme sanglier traversa la route. Or, le sanglier était l’animal préféré du grand-père de Julie… Depuis que Julie habitait dans le Var (depuis mars 2022), c’était, en un an et demi, le premier sanglier qu’elle voyait.
Julie a trouvé, dans les affaires de son grand-père, une photo d’identité datant de la jeunesse de celui-ci. Elle a été frappée par la ressemblance avec son apparence dans l’Au-delà : même visage fin et pointu, même moustache en brosse.
Après avoir vainement essayé de rétablir le contact avec son grand-père, Julie y est parvenue à la fin du mois d’août, trois jours après le retour dans le Var. Vers 2 heures du matin, une « pure jubilation » l’a saisie lorsqu’elle l’a aperçu en sortie hors du corps, alors qu’elle n’avait rien fait de particulier pour le voir. C’est lui qui est venu à la rencontre de Julie au moment où celle-ci ne s’y attendait pas.
« Avec sa chemise verte impeccable rentrée dans le pantalon, mon grand-père est toujours aussi beau et resplendissant. Une expression bienveillante éclaire ses traits. Quand je le serre dans mes bras, je sens cette pointe de retenue qui le caractérise si bien. » (J. Ewa)
Ils communiquèrent par télépathie. Elle a parfois entendu des phrases entières, et elle a parfois capté « un panaché d’impressions plus ou moins traduisibles en mots ». Son grand-père avait l’air épanoui, une douce énergie émanant de sa personne, une sorte de courant subtil qui apaisait instantanément Julie. Le grand-père a dit qu’il allait bien et qu’il était occupé par une mission de protection de la nature. Il a dit que s’il ferme les yeux en pensant à quelqu’un, il est avec lui.
« Malgré son apparente quiétude, une douce mélancolie le traverse. Il pense à ma grand-mère et à sa grande tristesse. J’apprends qu’il va la voir souvent et qu’il reçoit ses pensées, comme toutes les pensées de ses proches. En l’écoutant, je comprends que certaines informations ne me sont pas accessibles. Peut-être sont-elles trop complexes à mon niveau de compréhension. » (J. Ewa)
Julie ayant demandé à son grand-père s’il projetait de se réincarner, il a dit que, si certains partaient pour une nouvelle naissance, ce n’était pas pour l’instant son cas, car il « travaille ».
Puis, au milieu de la conversation, une force a tiré Julie en arrière, et le retour a été « expéditif, instantané et subi ». Cet arrêt brutal a exaspéré Julie, mais elle n’y pouvait rien. Elle a brusquement réveillé Adrien pour lui dire qu’elle venait de revoir le grand-père. Elle est allée rédiger le récit de cette rencontre datée du 26 août 2023. Après une décorporation, elle doit souvent fournir un effort pour reconstituer la scène, l’extraordinaire n’étant pas facile à retranscrire simplement.
Adrien étant ensuite entré dans la pièce, il a dit que le grand-père de Julie était venu le voir :
« – J’étais dans un rêve quand, tout à coup, je l’ai aperçu devant moi. Ma lucidité s’est activée. Il n’y avait que nous deux. Je savais que j’étais hors de mon corps et que Pépère était vraiment là. »
Il était jeune, vigoureux et en pleine santé, avait de beaux yeux gris pleins de malice. Adrien sentait toute sa gentillesse, mais aussi un peu de réserve. Il avait, a ajouté Adrien, un petit sourire complice qui semblait signifier « on se comprend ». Il avait une chemise rentrée dans le pantalon, verte, croit-il. Le grand-père a dit qu’il avait parlé à Julie et qu’il n’avait pas eu le temps de dire quelque chose à celle-ci. Il a dit qu’on allait venir le chercher pour « aller plus loin ».
« Il y avait un sous-entendu dans sa phrase : à l’avenir, ce sera plus compliqué pour lui de te rendre visite. J’ai senti qu’il était désolé. » (Adrien)
Puis il y a eu « des vibrations très fortes » et tout s’est effacé. Adrien était hors de son corps dans la chambre, et le grand-père n’était plus là.
A la fin de son livre, Julie précise qu’elle n’a revu son grand-père qu’une fois et, à cette occasion, il l’a félicitée pour la venue de son fils. (20)

Les tests. – Sarah, une membre du Groupe des Expérienceurs de la Conscience (GEC), a pris contact avec un neuroscientifique spécialisé dans la médecine du sommeil : Rodrigo Montenegro, lequel étudie le phénomène des OBE (Out of Body Experience : sortie hors du corps). Il collaborait avec le laboratoire InterPsy de l’Université de Nancy, mais il était en train de fonder son propre organisme, l’Institut de la Conscience du sommeil (SCI).
« Pour lui, les décorporations ne peuvent pas être réduites à des hallucinations, elles s’accompagnent de marqueurs cérébraux spécifiques qui les différencient des autres états. C’est ce qu’il tente de montrer avec des électroencéphalogrammes. » (Sarah)
Adrien a parlé de Julie à Sonia Barkallah, laquelle avait organisé plusieurs colloques sur les EMI et réalisé les documentaires Faux départ (2010) et Témoins (2024). Elle a publié un livre intitulé : « Et si cela vous arrivait ? » (éditions Le Lotus et l’Éléphant), un livre que je m’étais procuré.
Elle a confié à Julie avoir vécu, durant sa jeunesse, de nombreuses sorties hors du corps. En 2005, la chercheuse Sylvie Déthiollaz et son collègue Claude Charles Fourier ont proposé à Sonia Barkallah de participer à des protocoles au centre NOESIS (ancien nom de l’ISSNOE, l’Institut suisse des sciences noétiques).
Les candidats devaient sortir de leur corps pour se rendre dans une autre pièce séparée par un rideau, le but étant d’identifier des images projetées par un ordinateur. Lorsqu’il s’agissait de figures géométriques, cela ne marchait pas – elle allait se promener dans le centre de Genève -, mais avec des clichés ayant une charge émotionnelle (photos de sa famille, de ses amis, de son premier amour), cela a marché deux ou trois fois, ce qui, néanmoins, n’avait pas statistiquement de valeur.
Lors des essais auxquels s’est prêtée Julie, il y avait, outre Sonia Barkallah, Yann Caroff (l’assistant de production de cette dernière) et Rodrigo Montenegro, le chercheur en neurosciences spécialisé dans la médecine du sommeil. Ce dernier, qui vit des sorties hors du corps depuis l’école primaire, a dirigé l’Académie internationale de la conscience (IAC) basée sur les recherches du Docteur Waldo Vieira. Après une formation en neurosciences, il s’est spécialisé dans la médecine du sommeil à l’Université d’Oxford.
Sur la plateforme de visioconférence, étaient donc présents Yann, Rodrigo et Sonia, mais aussi Kevin (que Julie n’avait pas revu depuis plus d’un an). Il s’agissait de la réunion préparatoire, d’une phase de pré-test, en prévision de trois jours d’expérimentation en mai, avec pour but d’identifier un objet à distance. Des tests allaient être faits avec des électrodes et sans électrodes.
* Lors de la phase de pré-test, Kevin a dit qu’identifier un objet en SHC (sortie hors du corps) est extrêmement difficile. Il faut d’abord réussir à déclencher un état vibratoire. Lorsqu’il est dans son lit, il peut y arriver facilement, mais c’est totalement différent dans un cadre expérimental, à cause de la pression engendrée. Et même si un état vibratoire se déclenche, il faut réussir à se désynchroniser. Or, parfois, le corps astral est « paralysé, englué, ralenti », on n’arrive pas à se détacher ou à s’éloigner du corps physique, et, si on y parvient, les perceptions ne sont pas toujours bonnes : la vision peut être obstruée et les perceptions déformées. Kevin a ajouté que des entités peuvent nous tomber dessus et nous empêcher d’avancer. L’atteinte d’une cible suppose aussi le contrôle des déplacements, mais, en sortie hors du corps, on ne parvient pas toujours à rester dans l’environnement physique, et c’est même plutôt rare car on bascule souvent ailleurs, juste en traversant un mur. Kevin a dit que s’il devait comptabiliser les sorties réalisées hors de sa chambre, dans l’environnement physique et avec de bonnes perceptions, elles représenteraient peut-être une SHC sur cinquante.
* Julie a dit que les difficultés décrites par Kevin sont réelles, mais qu’elle préfère rester optimiste. Elle pense être capable d’atteindre l’objet-mystère si elle a un accès direct, sans cloison à traverser, mais elle ne garantit pas qu’elle le percevrait sans déformation. Quand elle est dans la dimension physique, ses sensations sont souvent altérées, la vision étant voilée, floue, assombrie. Elle fait aussi des projections, c’est-à-dire que sa pensée matérialise des objets qui n’existent pas.
En outre, elle voit, dans certains cas, des éléments appartenant au passé. (Les objets laissent une empreinte énergétique – des « rémanences éthériques » – lorsqu’ils sont restés longtemps dans un lieu, ce que confirme Rodrigo Montenegro : l’expérienceur peut percevoir des objets appartenant au passé, mais, ajoute-t-il, il peut aussi percevoir des objets appartenant au futur.
« On ne sait pas vraiment pourquoi, mais dans les dimensions extra-physiques l’espace-temps semble plus élargi. Il faut garder à l’esprit que les expérienceurs ne voient pas seulement les objets physiques, mais aussi l’énergie qui en émane, une sorte de champ informationnel contenant toutes les pensées et les émotions qui y sont associées. » (R. Montenegro)
Yann a dit qu’on allait réfléchir à un protocole prenant en compte tous ces obstacles. Les participants ont mis en commun leurs idées afin de tomber d’accord sur un mode opératoire. A la fin de l’entretien, Rodrigo a proposé aux expérienceurs de s’astreindre à un entraînement rigoureux jusqu’au week-end d’expérimentations.
Le soir-même, Julie a demandé à Adrien de cacher un objet-mystère au-dessus de l’armoire. Elle a pratiqué le V.E.L.O. deux fois par jour, ainsi que les exercices du manuel d’Akhena. A chaque nouvelle tentative, elle s’est levée à 6 heures du matin et a médité pendant 35 minutes. Dès que son corps était détendu et son mental apaisé, elle a essayé de déclencher un état vibratoire avec l’oscillation énergétique : Tête, buste, ventre, jambes, pieds…
– La première fois, elle a bien volé jusqu’au carton posé au-dessus de l’armoire, mais sa vision était opaque.
– La deuxième nuit, en essayant de s’extirper, elle est restée collée à son corps.
– A la troisième tentative, elle s’est élevée à un mètre du sol, mais les sensations étaient devenues si agréables qu’elle en a oublié la cible. Suspendue en apesanteur, elle n’avait plus qu’un désir : continuer à se laisser bercer dans une immense douceur.
– Durant les deux essais suivants, elle a été prise au piège par les formes-pensées : en atteignant le carton, elle a aperçu plusieurs objets (jouets, bandana et autres babioles) entassés les uns sur les autres. Cela s’explique-t-il par une empreinte énergétique (le carton ayant contenu beaucoup d’objets) ou par des projections ?
Adrien a montré l’objet-mystère : un outil de jardinage.
Adrien est allé mettre un nouvel objet. Le matin du 8 mai, Julie a profité d’une « vague de vibrations » pour « décoller dans les airs ». Si, au début, sa vue a été floue, elle s’est légèrement améliorée quand elle s’est éloignée du corps physique. Elle a aperçu le matelas et les deux tables de chevet, l’armoire en bois lui ayant paru plus lisse qu’à l’état de veille. Elle a filé jusqu’au carton pour en inspecter le contenu, un seul objet se trouvant à l’intérieur.
« Ses contours sont un peu vagues, comme un hologramme fantomatique. Je ne reconnais pas ce que je vois. Il s’agit d’un objet jaune qui a la forme d’une banane, quoique plus petit. Je me doute bien qu’Adrien n’a pas mis une banane dans le carton, au risque de la laisser pourrir. En revanche, cela pourrait être un jouet, puisque les filles d’Adrien possèdent une dînette en bois avec une panoplie de faux fruits. » (J. Ewa)
Elle a inspecté l’objet de plus près en le palpant du bout des doigts. Cet objet ressemblait à une banane, mais ce n’était pas une banane. Julie a remarqué, en examinant son environnement, des anomalies : un meuble a changé de place et le volume des objets est disproportionné. Après une escapade au rez-de-chaussée, elle est revenue dans son corps physique.
Lorsqu’elle est allée identifier l’objet-cible, elle s’est aperçue qu’il s’agissait d’un objet décoratif : un croissant de lune en bois, allongé et incurvé, appartenant à Léa et à Chloé (les deux filles d’Adrien).
Ébahie, elle a téléphoné aux autres membres du groupe, et elle a ajouté une photo de la « banane-lune ». Yann a dit que c’était bluffant, et Rodrigo a dit qu’il a aussi pensé à une banane quand il a vu le cliché. Et pour Sonia, ce résultat est très concluant.
Sonia, qui note qu’en sortie hors du corps il y a comme un filtre qui modifie les perceptions, a participé, en 2019, à un protocole en Virginie à l’Institut Monroe. Elle a aperçu un objet qui lui a semblé être des ciseaux en chrome, et, à son retour dans le corps, le coordinateur de recherche lui a montré le contenu de la boîte : un sécateur ressemblant à une grande paire de ciseaux. L’objet était très similaire dans la forme, mais pas dans les détails, deux autres participants ayant réussi à le voir.
Le soir-même, Julie s’est plongée dans le livre de Sonia Barkallah : « Et si cela vous arrivait ? », dans lequel un chapitre est consacré au périple de Sonia aux États-Unis et à ses échanges avec les chercheurs. En décembre 2017, dans un programme Discovery, sur 110 cibles possibles, identifiables par vision à distance et par sortie hors du corps, 38 personnes sont parvenues à identifier une cible « avec un score parfait ». Les expérimentations ont été faites à l’aide d’un appareil électroencéphalographique qui semble induire des états de conscience plus profonds. L’ingénieur du son Robert Monroe avait mis au point la technologie Hémi-Sync, un ensemble de fréquences sonores permettant, selon lui, de synchroniser les deux hémisphères cérébraux.
* Rodrigo Montenegro a souhaité l’identification de cibles à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Il a voulu se plier lui-même à cet exercice. Deux semaines avant le week-end de protocoles, Julie a placé un objet-mystère sur le toit de sa camionnette et Rodrigo a demandé à celle-ci d’envoyer une photo du van et sa géolocalisation dans le Var, la distance étant de plus de 250 kilomètres de Montpellier. L’objet choisi pour le test a été une bouteille de vin collector, celle-ci ayant été posée au milieu du toit, à côté du panneau solaire. Dans un message vocal, Rodrigo a dit qu’il a essayé pendant trois-quarts d’heure, qu’il a perdu la lucidité au bout de trente minutes à peu près, et qu’il n’avait pas de souvenir clair de l’expérience. Cependant, il s’est vu, pendant ses tentatives d’extériorisation, aller chez Adrien et Julie. Il y est peut-être allé, a-t-il ajouté, en vision à distance, car il a perdu la notion du corps, les deux conditions (hors corps et vision à distance) pouvant, dans cet état, s’entremêler. Il a perçu une couleur jaunâtre, orangée, « très légère et transparente », un carré et un triangle transparents, puis un tournesol. Il ne savait pas ce qu’était l’objet, mais il y avait de la brillance, et il y avait aussi un reflet de la lumière, comme si c’était quelque chose en verre. Or, la bouteille est en verre fumé, et elle est parcourue de reflets jaunes quand les rayons du soleil la traversent.
« Sur le devant, l’appellation ‘‘Bergerac 1986’’ est imprimée en lettres orange, entourée d’un carré transparent. Il n’y a pas de triangle, mais un cercle jaunâtre au milieu. Enfin, la bouteille semble avoir été produite dans une région avec des champs de tournesols. » (J. Ewa)
Rodrigo a précisé que, deux ou trois fois pendant l’expérience, il a senti que Julie a pensé à lui, avec, croit-il, son copain. Il s’est demandé, à un certain moment, s’ils n’étaient pas en train de prendre le soleil. Julie a envoyé une photo de la bouteille et validé la description, et elle lui a confirmé qu’elle et Adrien étaient en train de « se dorer la pilule » tout en parlant de lui. Rodrigo a demandé s’ils étaient allongés dans un sens opposé (car il les avait vus dans un sens opposé), et c’était en effet le cas.
Le week-end d’expérimentations allait se tenir près d’Avignon. Le moment venu, Julie rejoignit en ce lieu Rodrigo, Yann et Sonia. Rodrigo a installé son ordinateur et sa machine électroencéphalographique, une pièce étant destinée aux objets-mystère choisis dans le plus grand secret par Yann. Lors des diverses tentatives, une caméra sur pied devait filmer le couloir pour garantir l’absence de tricherie, toutes les portes restant ouvertes afin que le corps astral n’ait pas d’obstacle à traverser.
Le neuroscientifique Rodrigo Montenegro a fixé, sur le cuir chevelu de Julie Ewa, les 20 électrodes du casque EEG relié à un ordinateur. Les électrodes étaient reliées à un amplificateur qui traitait les informations. Rodrigo invita Julie à s’allonger sur le dos.
« Le protocole nécessite que je reste immobile au minimum une heure. Cette position n’est pas confortable : le casque appuie sur l’arrière de mon crâne et une sangle me comprime la glotte. » (J. Ewa)
Elle devait, pendant les dix première minutes, ne rien faire de particulier. Rodrigo enregistrait alors les données du cerveau à l’état normal.
Dans la pièce voisine, quelqu’un avait placé un objet sur une étagère, seule cette personne sachant ce dont il s’agissait. Julie, quant à elle, devait sortir de son corps pour identifier la cible. Si elle réussissait, ce serait un début de preuve que le voyage hors du corps n’est pas une hallucination.
Pendant toute la durée de l’expérience, Rodrigo allait rester à côté du corps « engourdi » de Julie pour analyser en temps réel l’activité cérébrale de celle-ci. Et une caméra à 360° filmait le couloir pour, comme précisé plus haut, garantir l’absence de tricherie.
Rodrigo ayant éteint la lumière, Julie a pris une longue inspiration avant de fermer les yeux. Elle a tenté de se relaxer avec des pensées agréables, son corps devant atteindre l’atonie et son mental être réduit au silence. Si elle stresse ou cogite, elle ne peut pas se mettre en transe.
Comme signalé plus haut, Julie s’était déjà entraînée chez elle avec l’aide de son petit ami : depuis plusieurs semaines, celui-ci cachait des « objets-mystères » au-dessus de l’armoire de la chambre. Elle devait, dès qu’elle sortait de son corps, flotter jusqu’au plafond pour identifier ces objets.
Les premiers fourmillements ont commencé à courir le long des membres de Julie. Elle inspirait, expirait, et elle sentait son cœur battre dans ses tympans comme un tambour. Puis elle sortit de son corps.
* Le premier essai de Julie a été un échec, et il en a été de même pour Kevin. Aucun d’eux n’est arrivé à identifier, dans la pièce avoisinante, le plant de tomate cerise.
* Lors du deuxième essai de la journée, Rodrigo a tenté l’électrostimulation intracrânienne : il allait stimuler la zone temporo-pariétale en envoyant des signaux électriques, cette méthode semblant favoriser les sensations de décorporation. Mais ce fut encore un échec, Julie n’ayant pu, avec l’impression de brûlure sur le pourtour de la tête, déclencher un état vibratoire. Rodrigo a dit à Julie qu’elle a des ondes alpha très amples, qu’elle se relaxe plus vite que la normale, ce qui lui permet d’accéder à des états de conscience plus profonds.
La suite du week-end a été, écrit Julie, une succession de tentatives mitigées pour les uns et pour les autres. Multiplier les essais les a fatigués et les désagréments se sont accumulés (logiciel capricieux, bruit provenant de la rue…). En fin de journée, Julie s’est sentie vidée de son énergie et passablement découragée. Elle a dit à Yann qu’elle n’arrive pas à sortir de son corps en pleine journée, alors qu’elle est trop alerte, et qu’elle n’arrive pas à se relaxer avec un casque EEG sur la tête.
Si elle veut déclencher un état vibratoire, il faut qu’elle entre dans sa bulle en respectant sa méthode, ce qu’elle aimerait faire tôt le matin sans électroencéphalogramme.
Yann a proposé de changer de chambre et de placer un objet-mystère dans la pièce adjacente, l’objet étant posé à l’intérieur d’un carton tout en haut d’une étagère. A 6 heures du matin, alors que tout était calme et silencieux lorsque le réveil a sonné, Julie a mis des écouteurs dans ses oreilles et a appliqué ses techniques habituelles. Au bout de quelques minutes, un doux état vibratoire s’est déclenché, et elle a pu s’extirper de son enveloppe charnelle.
« En flottant dans le clair-obscur de la chambre, je me sens groggy et confuse, comme à chaque fois que je manque d’énergie. Ma vision est altérée, mais j’arrive à garder mon cap. Je profite des portes grandes ouvertes pour rejoindre le couloir, puis la pièce contiguë.
En m’élevant jusqu’au carton, je constate qu’il y a bien un objet à l’intérieur, mais il est flou et nébuleux.
De quoi s’agit-il ? D’une épaisseur d’un centimètre environ, il est plus petit que la paume de ma main. Sa couleur est blanche, plutôt laiteuse. Il a des bords arrondis. Quand j’essaie de saisir son double énergétique, il se brise en deux instantanément, ce qui me fait dire qu’il est dur et cassant. » (J. Ewa)
De retour dans le corps, elle a rapporté ses impressions sur une feuille en attendant que ses camarades se réveillent.
L’objet-cible était en fait un coquillage.
« Pas plus large qu’une paume, un centimètre d’épaisseur environ, laiteux, aux bords arrondis. La seule chose que je n’ai pas perçue est sa forme biscornue, il s’agit d’un strombe. » (J. Ewa) (21)
Alain Moreau
> Le GEC recueille des témoignages : gecfrance.com
Références
- Julie Ewa, « Au-delà – Quand l’expérience défie la science », éditions Albin Michel, 2025, p. 66-68.
- Ibid., p. 23-27, 29, 32-33.
- Ibid., p. 34, 37-39, 42-43, 49-50, 52.
- Ibid., p. 43-45.
- Ibid., 47-48, 75-76, 78-79, 120.
- Ibid., p. 55-57.
- Ibid., p. 80-83, 90, 92, 104-106, 145, 209-210.
- Ibid., p. 96-101.
- Ibid., p. 128-132.
- Ibid., p. 135-137.
- Ibid., p. 139-141, 150-154, 156, 158, 169, 195.
- Ibid., p. 162-163, 166-167.
- Ibid., p. 168.
- Ibid., p. 169.
- Ibid., p. 172-173, 175-176.
- Ibid., p. 177-178, 182-183.
- Ibid., p. 176.
- Ibid., p. 271-276, 282-286.
- Ibid., p. 117-119, 169-170, 187-193, 195-196.
- Ibid., p. 230-232, 239-242, 244-252, 255-259, 287.
- Ibid., p. 196-197, 211-225, 234, 11-14, 235-238.
Autres contributions sur les sorties hors du corps :
La channel française Midaho (Marie-Odile Leclerc) a publié, en 2003-2004, aux éditions L’Arbre Fleuri, une trilogie consacrée à ses voyages extra-corporels avec son fils décédé Johany : Le Royaume. Les trois tomes ont été réédités en décembre 2021 (tome I), janvier 2022 (tome II) et février 2022 (tome III) chez Amazon. Les informations ont été obtenues via des sorties hors du corps de Midaho, avec pour guide son fils décédé Johany. Cette trilogie apporte de précieuses informations sur le Monde divin (divisé en 7 Plans), à distinguer des Mondes de la réincarnation (les Mondes astral, mental et causal)…Voici, après les contributions des expérienceurs relatées dans les livres ci-dessus, deux livres d’auteurs s’étant intéressés au sujet :






















